Le Commandement en chef de la Sécurité pénitentiaire entend mettre un terme à certaines pratiques jugées incompatibles avec les exigences du métier. Dans une note d’information datée du 9 juillet 2026, les responsables rappellent fermement aux agents de la promotion 2025 que le port de la tenue militaire obéit à des règles strictes. Publications sur les réseaux sociaux, présence dans les bars ou les motels en uniforme : désormais, toute entorse aux prescriptions sera passible de sanctions disciplinaires.
Le ton est sans ambiguïté. Face aux « nombreuses dérives observées » et « dans le souci de préserver l’image de la Sécurité pénitentiaire », le Commandement en chef a décidé de rappeler les obligations qui s’imposent aux jeunes agents de la promotion 2025.
La première mise en garde concerne les réseaux sociaux. À compter de la publication de cette note, « tout agent auteur d’une publication sur les réseaux sociaux : Facebook, TikTok, WhatsApp, en tenue militaire sera sévèrement sanctionné selon les dispositions en vigueur ».
Par cette décision, la hiérarchie souhaite mettre fin à une pratique devenue fréquente, consistant à diffuser des photographies ou des vidéos personnelles en uniforme sur les plateformes numériques.
La note insiste également sur la portée symbolique de la tenue. « La tenue militaire n’est pas un accessoire de mannequinat ou encore un accoutrement à revêtir lors de nos besoins personnels, n’ayant aucun lien avec l’activité militaire », rappelle le commandement. Une manière de souligner que l’uniforme représente avant tout l’autorité de l’État et ne saurait être utilisé comme un simple vêtement de circonstance.
Autre rappel important : les lieux fréquentés en uniforme. Le document précise que « tout agent surpris dans les bars, snack-bars, boîtes de nuit ou motel en tenue militaire sera passible d’une sanction selon les dispositions en vigueur ».
À travers cette note, la hiérarchie entend réaffirmer les règles élémentaires de comportement qui fondent la discipline militaire et préserver l’image de la Sécurité pénitentiaire auprès des citoyens.
Au-delà de la discipline, une question de sécurité nationale
Cette note dépasse largement le simple rappel au règlement. Elle met en lumière une réalité souvent sous-estimée : dans les corps militaires et paramilitaires, l’exemplarité n’est pas une option, elle constitue un principe fondamental.
Le port de l’uniforme engage l’image de toute une institution. Chaque agent devient, aux yeux du public, un représentant de l’État. Son comportement, ses fréquentations et même les contenus qu’il publie sur internet peuvent avoir des répercussions sur la crédibilité de son administration.
À l’ère des réseaux sociaux, les risques sont également beaucoup plus importants qu’il n’y paraît. Une simple photographie publiée en uniforme peut révéler involontairement des informations sensibles : le lieu d’affectation, les habitudes de service, les horaires, les déplacements ou encore certains équipements utilisés. Grâce aux métadonnées des téléphones, aux fonctions de géolocalisation et aux techniques de recoupement d’informations, des personnes mal intentionnées peuvent exploiter ces publications à des fins d’infiltration, de surveillance, d’usurpation d’identité ou de préparation d’actes criminels.
La présence en uniforme dans des établissements de loisirs ou des lieux privés peut également exposer les agents à des tentatives d’approche, de manipulation, de chantage ou de captation d’informations sensibles. C’est précisément pour prévenir ces risques que la plupart des forces armées et des services de sécurité à travers le monde encadrent strictement l’utilisation de la tenue de service en dehors des missions officielles.
En rappelant ces règles, le Commandement en chef de la Sécurité pénitentiaire ne cherche donc pas uniquement à préserver l’image de l’institution. Il rappelle aussi que la discipline, la discrétion et le sens du devoir demeurent les premiers remparts de la sécurité des agents, de leurs collègues et, plus largement, de la sécurité nationale. Une exigence qui, dans les métiers de souveraineté, ne souffre d’aucune approximation.


