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Gabon : Le SYNAMAG dénonce une dérive de l’État de droit et interpelle le chef de l’État

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Le bras de fer entre les magistrats et le ministère de la Justice franchit un nouveau palier. Dans un communiqué publié le 11 juillet 2026, le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) tire la sonnette d’alarme. L’organisation pointe du doigt un nouvel incident survenu à la prison centrale de Mouila, qu’elle présente comme le symptôme d’une crise profonde affectant le fonctionnement de l’appareil judiciaire.

À l’origine de cette nouvelle sortie syndicale : une affaire de trafic présumé de cannabis en milieu carcéral. Selon le SYNAMAG, un détenu interpellé le 2 juillet en possession d’un colis de drogue a désigné un agent de la sécurité pénitentiaire comme le cerveau de l’introduction des stupéfiants dans l’établissement. Le syndicat affirme pourtant que l’Office central anti-drogue (OCAD) a refusé d’entendre cet agent, invoquant un prétendu « code d’honneur » entre corps de sécurité.

Pour les magistrats, cette attitude constitue une remise en cause flagrante du principe d’égalité devant la loi. « Un service d’enquête légalement saisi ne saurait s’auto-dessaisir de sa mission au nom d’une prétendue solidarité corporative », fustige le SYNAMAG. Pour l’organisation, cette situation porte une atteinte grave à « l’autorité de l’État de droit ».

Le spectre d’un corporatisme structurel

Le syndicat affirme que cet épisode s’inscrira dans une longue liste d’incidents déjà signalés à Mouila. Il rappelle notamment le vol de stupéfiants placés sous scellés, l’attaque du palais de justice par des agents pénitentiaires, l’obstruction à l’exécution de décisions judiciaires ou encore le retrait des forces assurant la sécurité du tribunal. Autant de faits qui, selon le SYNAMAG, traduisent « un corporatisme structurel » susceptible de fragiliser durablement l’ensemble de la chaîne pénale.

Un réquisitoire contre le ministère de la Justice

Au-delà de ce cas local, le SYNAMAG dresse un réquisitoire sévère contre la gestion du ministère de la Justice. Le syndicat considère que les réponses apportées aux difficultés chroniques du secteur restent dérisoires. Il cite plusieurs dossiers brûlants toujours en suspens : la sécurisation des juridictions, la libération controversée de 274 détenus, les procédures disciplinaires engagées contre certains magistrats, l’absence des décrets d’application du statut de la magistrature ainsi que le non-paiement effectif de l’indemnité de judicature.

Le communiqué rappelle également que les magistrats avaient suspendu leur mouvement de grève pour privilégier le dialogue avec les autorités. Plus d’un ans après, le syndicat estime que les engagements pris sont restés lettre morte. « Leur patience a atteint ses limites », avertit le texte.

Le président de la République face à ses responsabilités

Face à cette crise ouverte, le SYNAMAG lance « un ultime appel » au président de la République. En sa qualité de président du Conseil supérieur de la magistrature, il lui est demandé d’intervenir en urgence pour restaurer l’autorité de la justice et apporter des réponses concrètes aux revendications des magistrats.

Par cette déclaration offensive, le syndicat place désormais le chef de l’État au centre de l’équation. Pour le SYNAMAG, la préservation de l’indépendance de la justice et le rétablissement de l’ordre républicain à Mouila exigent désormais une réponse au plus haut niveau de l’État.

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