Le tribunal de la Nyanga a condamné deux gendarmes à 12 mois de prison, dont 4 ferme, pour le vol et le recel d’un tracteur d’une valeur de 23 millions de FCFA, revendu à Dolisie au Congo. L’adjudant-chef Wandrille Mvinga Renagho et son complice, Cédric Tanga Massamba, ont été reconnus coupables d’abus de confiance, le commandant étant actuellement en fuite. Ce verdict du 30 juin envoie un signal ferme contre la corruption au sein des forces de l’ordre gabonaises.
Le tribunal de la Nyanga vient de frapper un grand coup dans la lutte contre l’impunité au sein des forces de l’ordre. Le mardi 30 juin 2026, la justice a lourdement sanctionné deux agents de l’État pour « abus de confiance » et complicité. Wandrille Mvinga Renagho, commandant de la brigade de gendarmerie de Mongo et son complice, le gendarme Cédric Tanga Massamba, ont écopé d’une peine de 12 mois de prison, dont 4 avec sursis, assortie d’une amende individuelle de 500 000 francs CFA. Bien qu’absents à la barre, leur condamnation par défaut résonne comme un avertissement solennel.
Un engin à 23 millions bradé à Dolisie
L’affaire, digne d’un scénario de film policier, plonge ses racines dans l’arrière-pays de la Nyanga. La victime n’est autre qu’un haut cadre de Tchibanga, propriétaire d’une exploitation agricole de 30 hectares située à Manfila, près de Mongo. En janvier 2025, ce promoteur acquiert légalement un tracteur de pointe auprès de la Sotrader pour la somme de 23 millions de francs CFA.
Pour veiller sur cet investissement crucial, il accorde sa confiance au gendarme Cédric Tanga Massamba. C’était sans compter sur la cupidité des deux prévenus. Selon l’acte d’accusation, le commandant de brigade Mvinga Renagho aurait orchestré l’opération depuis ses bureaux de Mongo, faisant pression sur le gardien pour exfiltrer l’engin de l’autre côté de la frontière congolaise. Le tracteur sera finalement bradé pour seulement 6 millions de francs CFA à Dolisie (République du Congo), scellant une perte financière colossale pour l’agriculteur.
Le cerveau de l’opération en cavale au Congo-Brazzaville
Si la justice a pu rendre son verdict, l’exécution des peines reste suspendue à la capture des coupables. Le commandant Mvinga Renagho, considéré comme le véritable cerveau de ce réseau transfrontalier, a pris la fuite dès les premiers soupçons. Les services de renseignement le signalent actuellement « en cavale » sur le territoire congolais, où il tenterait d’échapper au mandat d’arrêt international qui le vise. Son complice à la barre est resté tout aussi invisible le jour du procès, laissant le tribunal statuer par contumace.
Au-delà de la simple chronique judiciaire, ce verdict rendu à Tchibanga s’inscrit dans un contexte politique national très strict. Sous l’impulsion des autorités publiques, la restauration des institutions passe par une tolérance zéro face aux dérives des porteurs d’uniforme. En condamnant fermement ces deux officiers de police judiciaire, le tribunal de la Nyanga rappelle que nul n’est au-dessus des lois, en particulier ceux qui ont la mission de les faire respecter. Reste désormais le plus difficile pour les forces de sécurité : retrouver les fugitifs pour qu’ils purgent leur peine derrière les barreaux.
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