Déterminée à rendre effective la suspension des réseaux sociaux au Gabon, la Haute Autorité de la Communication (HAC) passe à la vitesse supérieure. Le régulateur a annoncé le renforcement des dispositifs techniques pour bloquer les moyens de contournement, visant directement l’usage massif des VPN.
L’étau se resserre sur les internautes gabonais. Face à la persistance des accès aux plateformes sociales malgré l’interdiction officielle, les autorités de régulation ont décidé de muscler leur arsenal technique. L’objectif vise à garantir une étanchéité totale du cyberespace national vis-à-vis des réseaux sociaux.
Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, a officiellement confirmé que des manœuvres étaient en cours avec des partenaires techniques pour neutraliser les brèches. « Nos services travaillent à une exécution totale de la décision », a-t-il martelé.
Dans le viseur de l’institution : les Réseaux privés virtuels (VPN). Jusqu’ici utilisés par une large frange de la population pour contourner les restrictions, ces outils sont désormais la cible prioritaire du régulateur. « La question des VPN, qui se trouvent être un moyen de contournement de notre mesure de suspension, est au cœur de notre démarche », a précisé le président de la HAC.
Un enjeu de souveraineté numérique
Pour les pouvoirs publics, cette rigueur technique se justifie par la volonté de « mieux encadrer la circulation des contenus numériques » dans un climat sécuritaire ou politique sensible. La HAC insiste sur la nécessité d’adapter ses capacités d’intervention face à l’évolution constante des usages technologiques.
Malgré cette démonstration de fermeté, la stratégie du « tout-numérique » ne fait pas l’unanimité. Si certains y voient une mesure de salubrité publique ou de régulation temporaire, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression.
Au-delà des libertés individuelles, c’est l’impact économique qui inquiète : de nombreux auto-entrepreneurs et PME gabonaises, dont l’activité repose quasi exclusivement sur la visibilité digitale, se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de fonctionner, exacerbant les tensions autour de cette décision.