Lors du 5ᵉ Comité de pilotage des projets eGabon et Gabon Digital, le ministre de l’Économie numérique a affiché une fermeté inédite. Face à une coordination interministérielle jugée trop lente, l’heure n’est plus aux diagnostics, mais aux résultats concrets.
Le message est passé comme un électrochoc. Le week-end dernier, devant ses collègues de la Fonction publique, de la Planification et de la Santé, Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, a mis les points sur les « i ». Si les fondations de la transformation numérique de l’État gabonais sont posées, le passage à l’acte, lui, piétine. « Nous passons d’une phase de structuration à une phase d’exécution accélérée », a martelé le ministre, pointant du doigt un taux de décaissement des financements insuffisant et une synergie gouvernementale encore trop fébrile.
Priorité au décaissement et à la performance
Pour sortir de l’inertie, le Comité de pilotage a acté une thérapie de choc. Le nouveau mot d’ordre ? La redevabilité. Chaque projet sera désormais passé au crible d’indicateurs de performance (KPI) stricts. Pour éviter que les budgets ne dorment dans les tiroirs alors que les besoins sur le terrain sont immenses, une accélération des décaissements a été ordonnée.

Au-delà de l’aspect financier, le chantier s’attaque à l’humain et au droit. Le renforcement du cadre juridique et la formation massive des agents publics deviennent les piliers de cette stratégie. L’objectif est clair : garantir que les infrastructures déployées ne soient pas des « coquilles vides », mais des outils pérennes au service de l’usager.
Le numérique comme remède à la lenteur administrative
Pour Mark Alexandre Doumba, le programme Gabon Digital doit cesser d’être une abstraction institutionnelle. La finalité est sociale : dématérialiser les procédures pour réduire les délais et accroître la transparence.
Dans un pays où la lourdeur bureaucratique reste un frein à la croissance, ce virage vers une administration 2.0 est attendu au tournant par les citoyens et les partenaires au développement. En s’alignant sur la vision de modernisation du chef de l’État, le Comité de pilotage s’est engagé à faire du numérique le moteur de la nouvelle économie nationale. Mais après les discours, c’est désormais l’épreuve du terrain qui servira de juge de paix.
Focus : Gabon Digital, un projet à 68 millions de dollars
Financé en partie par la Banque mondiale, le projet Gabon Digital vise à améliorer la délivrance des services publics (santé, protection sociale) grâce à l’identité numérique et à l’interopérabilité des systèmes de l’État. Le défi majeur reste la consommation des crédits alloués pour transformer ces millions en services concrets pour le citoyen gabonais.


