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[Editorial] La République des uns ou la République de tous ?

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Une République ne se mesure pas à la protection qu’elle accorde aux puissants, mais à l’égalité de traitement qu’elle garantit à chacun de ses citoyens. Lorsque les fils des uns semblent bénéficier d’une protection que les autres n’ont pas, c’est le principe d’égalité devant la loi qui est fragilisé. La Vème République ne pourra gagner la confiance des Gabonais qu’en faisant prévaloir le mérite, la transparence et la responsabilité sur les réseaux, les liens de parenté et les influences.

La convocation par le Vice-Président du Gouvernement du ministre de tutelle de l’AGASA

ainsi que des deux mandataires sociaux constitue un fait inédit. Elle traduit la gravité de la

crise qui secoue cette institution stratégique.

Une République digne de ce nom ne protège ni les fils des puissants ni les proches des

réseaux. Elle protège le droit, l’égalité et la justice pour tous.

Lorsque les appartenances, les relations ou les influences semblent primer sur la compétence, le mérite et la responsabilité, c’est la confiance des citoyens qui s’effrite et l’État qui perd en crédibilité.

Le Gabon a besoin de réformes fortes : toute nomination et tout maintien en fonction reposent sur le mérite et les compétences.

Des institutions de contrôle réellement indépendantes donc renforcer l’indépendance de l’Inspection générale de l’État, de la Cour des comptes et des organes de contrôle.

Faire appliquer le principe de responsabilité : toute faute administrative doit entraîner une enquête et, si elle est établie, des sanctions, quel que soit le rang ou les relations de l’intéressé.

Une transparence totale dans la gestion des établissements publics et donc généraliser les appels à candidatures et les procédures transparentes pour les postes de responsabilité.

Protéger les lanceurs d’alerte et les fonctionnaires qui dénoncent des irrégularités.Publier les résultats des audits et les décisions disciplinaires afin de renforcer la confiance des citoyens.

Mettre en place une véritable évaluation annuelle des dirigeants d’établissements

publics avec des objectifs mesurables.

La Vème République sera jugée non pas sur les discours, mais sur sa capacité à garantir que

chaque Gabonais soit traité de la même manière, sans privilège ni passe-droit.

Quoi qu’il en soit, l’essentiel est ailleurs. La Vème République ne peut se construire sur des

conflits de personnes, des rivalités de clans ou des luttes d’influence. Elle doit être fondée sur l’autorité de l’État, l’éthique, la responsabilité et le mérite.

Le Gabon attend des institutions fortes, des dirigeants exemplaires et une administration

entièrement tournée vers le service de l’intérêt général. La République ne doit être ni celle des réseaux ni celle des privilèges, mais celle de tous les citoyens.

Par Mve Moundounga Ernestine, Sociologue

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