Il est des hommes que le temps n’efface pas. Vingt-huit ans après sa disparition, le nom de Luc Okenkali résonne encore comme une promesse d’excellence, de service et de fidélité à la Patrie.
Né vers 1949 à Ayandja, devenu Ayanabo, village situé à 30 km d’Okondja, Luc Okenkali doit son destin à une campagne d’évangélisation menée par les prêtres de la mission catholique d’Okondja. Nous sommes en 1956-1957 lorsque ces missionnaires décèlent chez l’enfant une intelligence rare parmi les jeunes de son âge et décident de l’inscrire à l’école catholique de la ville.
Après son cursus primaire, il réussit le concours d’entrée au Lycée national Léon Mba. Son BEPC en poche — déjà père d’un enfant — il se présente au concours de l’École des instituteurs de Mouila. Reçu, il en sort instituteur et exerce près de trois ans dans le Haut-Ogooué, semant les premières graines de son engagement pour l’éducation.
Ambitieux et déterminé, il passe ensuite le concours de l’ENEST et, en 1974, devient professeur des lycées et collèges, option histoire-géographie. Affecté deux ans au CES d’Okondja, puis une année au CES de Mounana, il confirme sa vocation de pédagogue. En 1976, il réussit le concours de l’ENS et sort inspecteur de l’Éducation nationale. Il sert une année dans le Woleu-Ntem et une autre dans la Nyanga, portant partout la rigueur et l’exigence.
Confiance renouvelée des siens
En 1980, il franchit un nouveau cap : candidat au 2e siège de la Sébé-Brikolo, il entre en politique avec la bénédiction de Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, à l’époque ministre de l’Economie et des Finances. Trois mandats de député, jusqu’en 1995, témoignent de la confiance renouvelée des siens. Notamment de Paul Toungui, à l’époque ministre de l’Economie et des Finances qui aura vu en lui, tout au long de leur collaboration, un homme de confiance doté d’une loyauté à toute épreuve. En 1996, il est nommé conseiller politique du président de la République, Omar Bongo. Mais le 2 mars 1998, il est rappelé auprès du Tout-Puissant.
Le Lycée Luc Okenkali d’Okondja, qui porte son nom, demeure le témoignage vivant de la reconnaissance d’un peuple et l’illustration concrète des valeurs qu’il a incarnées toute sa vie : rigueur, discipline, exigence et sens du devoir. Le lycée ne porte pas seulement son nom ; il prolonge son combat. Il rappelle à chaque élève d’Okondja que l’ascension sociale est possible lorsque la discipline rencontre la détermination.
Servir, protéger, élever
La Fondation Luc Okenkali perpétue son héritage à travers des actions humanitaires et sociales, prolongeant son œuvre au-delà de la vie et surtout pour inscrire dans la durée l’esprit de représentativité qui a guidé son engagement public. La Fondation apparaît ainsi comme la continuité naturelle de cette mission. Elle traduit en actes concrets ce qu’il a incarné en paroles et en décisions : servir, protéger, élever. À travers ses œuvres sociales, son soutien aux plus vulnérables et ses initiatives en faveur de la jeunesse, elle grave dans le marbre de l’action ce que trois mandats ont scellé dans la mémoire collective.
Le 2 mars demeure une date empreinte de gravité, un souvenir douloureux qui ravive l’absence. Pourtant, à chaque 2 mars, la Sébé-Brikolo se rassemble – dans le silence des cœurs – dans la dignité pour honorer l’un de ses fils, un enseignant, un homme d’État, un bâtisseur. Vingt-huit ans ont passé, mais l’empreinte de Luc Okenkali reste vive dans la mémoire collective, telle une flamme constante qui continue d’éclairer le chemin des générations.