Le paysage politique gabonais est en ébullition depuis la suggestion du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel de réintroduire la peine capitale. Alors que l’émotion populaire semble parfois réceptive à cette idée face à la recrudescence des crimes de sang, l’élite intellectuelle et politique monte au créneau. Parmi les voix les plus critiques, celle du docteur Stéphane Germain Iloko Boussengui se fait entendre avec une virulence particulière.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle voit dans cette sortie une manœuvre délibérée visant à détourner l’attention des Gabonais des maux profonds qui minent actuellement le pays. Pour l’acteur politique, le timing de cette déclaration ne doit rien au hasard. Il estime que le pays s’enlise dans des crises concrètes et douloureuses que le pouvoir peine à juguler. Dans une analyse sans concession, il affirme que ce débat n’a rien de spontané et qu’il s’agit d’une diversion de plus.
Selon lui, pendant que les passions s’enflamment sur une question tranchée par l’histoire constitutionnelle du Gabon, les urgences sociales sont reléguées au second plan. Il cite notamment les grèves dans l’Éducation nationale et le secteur ferroviaire, ainsi que la situation précaire de la main-d’œuvre non permanente.
L’indignation du docteur Iloko Boussengui se porte également sur la déliquescence des services publics de santé. Il pointe du doigt la gestion de la CNAMGS qui prive les citoyens les plus fragiles de prise en charge, ainsi que l’état de délabrement de l’hôpital de Melen. Face à ce constat, il s’interroge sur la légitimité et le cadre de la déclaration initiale. « S’agissait-il d’une opinion personnelle ou de la parole officielle d’une institution consultative de la République ? » questionne-t-il avec insistance, tout en soulignant que le CESEC n’a tenu aucune session ordinaire pour débattre d’un sujet d’une telle gravité.
Le docteur Iloko Boussengui refuse de voir la Nation entraînée dans ce qu’il qualifie de débat factice au mépris des règles républicaines. Pour lui, l’improvisation n’a pas sa place au sein des institutions, surtout lorsqu’il s’agit de tester l’opinion sur des questions fondamentales liées à la vie humaine. « La peine de mort n’est pas un débat ouvert au Gabon », tranche-t-il avec force, rappelant que cette pratique est constitutionnellement dépassée. Il invoque tant les Écritures saintes que les valeurs républicaines pour rappeler le caractère intangible et sacré de la vie.
L’ancien candidat à la présidentielle appelle à une vigilance accrue quant à l’orientation de la nouvelle République. Il rejette l’idée d’une gouvernance par la peur ou par la régression morale. « La Ve République ne peut pas commencer son histoire par un acte de régression morale et juridique », prévient-il, exhortant le gouvernement à ne pas suivre cette voie. Pour Stéphane Germain Iloko Boussengui, l’enjeu n’est pas de restaurer l’échafaud, mais de garantir la justice et la dignité pour tous les Gabonais, loin des manœuvres politiques de diversion.


