Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Charles Edgar Mombo, a conclu sa série de concertations le 12 janvier dernier par une séance de travail musclée avec les directions du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) et de la Direction générale des œuvres universitaires (DGOU). Plus qu’une simple rencontre de bilan, cet échange a pris les traits d’un rappel à l’ordre sans équivoque. Il semblait en effet nécessaire de souligner, à travers ce tour de table, que la vie étudiante ne saurait se résumer aux dossiers qui s’empilent dans les couloirs feutrés de l’administration.
S’inscrivant dans la droite ligne de la vision présidentielle, laquelle érige désormais le bien-être de l’étudiant en priorité stratégique, le ministre a martelé une vérité que beaucoup feignaient d’oublier. Pour lui, les amphithéâtres surpeuplés, les restaurants universitaires exsangues et les pavillons d’hébergement en ruine ne peuvent plus être éternellement justifiés par les sempiternelles « contraintes budgétaires ». Le ton est désormais donné : le confort des apprenants n’est plus une option, mais une obligation immédiate pour ses collaborateurs.
Le défi des 100 jours face à l’inertie bureaucratique
Autour de la table, le décorum habituel était réuni avec la présence de la secrétaire générale du ministère, le Pr Georgette Ngabolo épse Mapaga, du directeur général adjoint du CNOU, Flavien Hekeella, et d’un aéropage de cadres administratifs rompus à l’art du compte rendu. L’objectif de cette confrontation était de mesurer les politiques publiques à l’aune de la réalité financière, sans détour ni complaisance. Le ministre a particulièrement insisté sur l’urgence absolue d’accélérer les projets structurants liés à la restauration et au logement. Ces chantiers sont désormais arrimés au calendrier symbolique des « 100 jours » du chef de l’État, un timing politique serré qui ne tolère plus les lenteurs administratives ayant trop longtemps freiné le secteur.
De son côté, la nouvelle direction du CNOU s’est efforcée de montrer patte blanche en présentant un plan de relance articulé sur la rationalisation de la gouvernance, la maintenance rigoureuse des installations et une redéfinition de la vie estudiantine. Cette dernière, autrefois perçue comme un simple centre de coûts, doit redevenir le cœur battant du système. Cependant, derrière les engagements policés, le constat demeure lucide puisque les œuvres universitaires restent le maillon faible de l’enseignement supérieur, accablées par une pression démographique et des attentes sociales qui ne cessent de croître.
Le verdict final appartiendra toutefois aux étudiants eux-mêmes. Il reste à voir si, au-delà des promesses solennelles formulées dans les cabinets ministériels, le changement se fera sentir concrètement dans les assiettes et les dortoirs. Dans un contexte où les annonces ont souvent primé sur les réalisations durables, la jeunesse n’attend plus de grands discours, mais simplement de retrouver un minimum de dignité au quotidien.
