Le siège de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) est le théâtre d’une vive tension ce lundi 12 janvier 2026. Dès les premières lueurs de l’aube, les étudiants de l’École normale supérieure (ENS) ont investi les lieux pour manifester leur exaspération face à une situation précaire qui perdure. En cause, le non-versement de leurs allocations d’études depuis juillet 2025, plongeant de nombreux futurs enseignants dans une détresse financière alarmante.
Sur place, l’ambiance est électrique et prend les traits d’un véritable concert de casseroles. Dans un vacarme assourdissant, les manifestants frappent sur tout objet métallique à leur portée pour briser le silence de l’administration. « Notre patience a désormais des limites : nous réclamons simplement de quoi vivre et étudier dans la dignité », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt l’impossibilité de subvenir à ses besoins élémentaires après un semestre d’attente.

La détermination est palpable sur les visages, malgré la fatigue accumulée. « Nous ne reculerons pas d’un iota et ce sit-in se poursuivra jusqu’à ce que nous obtenions gain de cause », prévient un autre manifestant, témoignant de la fermeté d’un mouvement qui refuse désormais les promesses sans lendemain.
La mobilisation a rapidement provoqué l’intervention des forces de l’ordre. La police est désormais déployée sur les lieux pour encadrer le rassemblement, alors que les grévistes attendent toujours un signal fort de la direction de l’ANBG. Pour ces étudiants, l’enjeu dépasse la simple revendication financière ; il s’agit de la survie même de leur cursus académique.

Face à l’enlisement de la situation, l’ouverture d’une médiation avec le ministère de l’Enseignement supérieur semble désormais inévitable. Seule une concertation directe entre la tutelle, le ministère en charge des Finances et les représentants des étudiants pourrait permettre de débloquer les fonds nécessaires et d’apaiser durablement le climat social au sein de l’ENS. Sans un calendrier de paiement précis, le risque d’une contagion de la colère à d’autres établissements universitaires reste entier.
