À l’occasion des vœux du nouvel An 2026 au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 8 janvier, le Sénat gabonais a livré un message politique clair : accompagner la Vᵉ République, faire de la décentralisation une réalité effective et répondre, sans détour, aux attentes concrètes des populations.
La présidente du Sénat, Huguette Yvonne Awori Onanga, s’exprimant au nom des sénateurs de la 6ᵉ législature, a réaffirmé l’engagement de la Chambre haute dans l’édification de la Vᵉ République. Face au chef de l’État et à la Première Dame, elle a inscrit son intervention dans une triple perspective : l’accompagnement des réformes institutionnelles, la concrétisation de la décentralisation et la prise en compte des préoccupations quotidiennes des citoyens.
« Les Sénateurs de la 6ème législature vous réaffirment leur engagement et leur entière disponibilité à accompagner les réformes institutionnelles à venir, à légiférer dans l’intérêt du peuple gabonais, notamment et tout spécialement en ce qui concerne la mise en œuvre de la politique de Décentralisation et à veiller à la stabilité et au bon fonctionnement de la Démocratie », a-t-elle déclaré, traçant les contours de l’action parlementaire pour l’année à venir.
La décentralisation au cœur du message
Au centre de ce discours figure la décentralisation, longtemps annoncée et désormais engagée dans sa phase opérationnelle avec l’ordonnance n° 006/PR/2025 du 27 janvier 2025 relative au transfert progressif des compétences et des moyens de l’État vers les collectivités locales. Pour la présidente du Sénat, cette réforme traduit « la volonté du gouvernement à donner une réalité concrète au processus de décentralisation, en permettant aux collectivités d’exercer pleinement les missions de service public qui leur sont confiées, de rapprocher l’action publique des citoyens et in fine de responsabiliser les acteurs locaux dans la gestion des affaires publiques ».
Se fondant sur l’article 76 de la Constitution, le Sénat, qui « assure la représentation des collectivités locales », entend jouer « pleinement sa partition en étant l’interface naturelle entre le pouvoir central et les collectivités locales ». Une manière d’affirmer son ambition de devenir l’institution pivot d’un processus longtemps resté théorique.
L’exigence de résultats face aux attentes sociales
Au-delà des principes institutionnels, le discours a pris une tonalité résolument pragmatique. La présidente du Sénat a rappelé « les multiples et pressantes attentes des populations », en s’appuyant sur les propos du président de la République tenus lors du Conseil des ministres du 5 janvier 2026 : « Le peuple gabonais attend désormais de ses gouvernants des résultats visibles, mesurables et durables ».
Cette exigence s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme national de croissance et de développement (PNCD), dont l’objectif est « l’amélioration significative des conditions sociales des populations ». Dans ce cadre, le Sénat affirme son « entière disponibilité à accompagner toutes les actions et initiatives qui contribueront au développement du pays », se posant en partenaire institutionnel de l’exécutif.
Des vœux porteurs d’enjeux politiques
En formulant le souhait que « l’an 2026 soit l’année de la consolidation des acquis, de la paix durable et du progrès partagé », Huguette Yvonne Awori Onanga a résumé les défis majeurs de l’heure : stabiliser les institutions après la transition, préserver la cohésion sociale et garantir une croissance inclusive.
À l’heure où l’avènement de la Ve République impose des impératifs concrets de bonne gouvernance, le Sénat affiche des ambitions claires et un positionnement affirmé. L’année 2026 s’annonce ainsi comme un test décisif pour juger sa capacité à transformer ses engagements politiques en actions législatives concrètes, au service effectif des populations gabonaises et de la décentralisation promise.


