À travers une déclaration poignante intitulée « Ce que je crois », l’honorable Fiacre Mpako Ngoma, élu du second siège de la Zadié, interpelle les autorités de la Transition sur les dérives qui menacent la nouvelle gouvernance. Entre dénonciation des réflexes partisans et urgence de résultats sociaux, le parlementaire appelle à un sursaut pour éviter que les mécanismes de l’ancien régime ne s’enracinent de nouveau dans l’appareil d’État.
L’élu de Mekambo exprime d’emblée une inquiétude majeure quant à la composition de l’entourage décisionnel actuel, notant que « les mêmes acteurs politiques qui avaient encouragé Ali Bongo Ondimba à fragiliser des secteurs essentiels tels que l’éducation nationale et la santé semblent encore présents dans les sphères décisionnelles ». Cette stagnation des visages contraste, selon lui, avec l’élan de renouveau espéré depuis le changement de régime.
Face à la rigidité de sa propre formation politique, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), l’honorable Mpako Ngoma ne cache pas son amertume. « Je constate avec étonnement que vous faites preuve d’une grande fermeté lorsqu’il s’agit de discipline et de sanctions », déplore-t-il, faisant directement référence aux mesures prises contre lui après ses critiques sur la taxe forfaitaire d’habitation. Cette sévérité interne s’accompagne, à ses yeux, d’une résurgence de méthodes archaïques, tant le modèle événementiel du parti « donne l’impression de reproduire des pratiques et des réflexes kounabélistes proches de l’ancien PDG ».
Un appel à la transparence et aux résultats concrets
La question du bilan social reste le point de friction central. Le député de la 14ème législature exige une transparence totale sur les chantiers de la santé, de l’éducation et des infrastructures, rappelant que « le peuple gabonais a besoin de transparence et de résultats concrets ». Pour porter cette ambition, il suggère une profonde refonte de l’appareil de conseil, recommandant au Président de s’entourer « d’hommes et de femmes d’expérience, et non de détenteurs de profils opportunistes, dont les discours se contredisent au quotidien ».
En plaçant le chef de l’État face à ses responsabilités historiques, Fiacre Mpako Ngoma martèle « qu’un chef d’État reste, en dernier ressort, seul face à son destin politique ». Cette mise en garde solennelle souligne que les structures politiques et les conseillers « ne doivent être que des outils au service de la vision présidentielle, et non des obstacles à la vérité et à l’efficacité ». Reste à savoir si cet appel à la vigilance sera entendu avant que les vieux démons de la politique gabonaise ne reprennent définitivement leurs droits.
