L’implication de forces de l’ordre dans les réseaux de stupéfiants franchit un nouveau palier au Gabon. Trois gendarmes ont été interpellés à Lambaréné avec une cargaison de drogue d’une ampleur inédite. Ils sont actuellement aux mains du B2.
C’est un coup de filet qui secoue le chef-lieu du Moyen-Ogooué. Selon des sources proches du dossier, les trois militaires, officiers de police judiciaire (OPJ), n’ont pas seulement été pris en flagrant délit : la quantité de drogue saisie pourrait être l’une des plus importantes jamais enregistrées impliquant des agents des forces de sécurité dans le pays.
Face à la gravité des faits, la procédure s’est accélérée. Les suspects ont été immédiatement transférés et mis à la disposition de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM). Les enquêteurs s’attellent désormais à démanteler les ramifications de ce réseau : l’objectif est de déterminer si ces agents bénéficiaient de complicités plus larges pour acheminer la marchandise.
L’affaire de Lambaréné n’est malheureusement pas un cas isolé. En novembre 2024, 34 officiers et sous-officiers de police avaient déjà été suspendus pour leur implication supposée dans des trafics similaires.
Ce que dit la loi
Au Gabon, le trafic de stupéfiants est lourdement sanctionné par le Code pénal. Les mis en cause risquent des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle et des amendes pouvant atteindre le quintuple de la valeur de la drogue saisie. Pour ces gendarmes, la qualité d’agent de la force publique constitue une circonstance aggravante, entraînant généralement une radiation immédiate du corps avant le jugement pénal.
Cette arrestation s’inscrit dans une volonté de reprise en main disciplinaire. Les autorités multiplient les signaux de fermeté pour restaurer l’image de l’uniforme. « Il ne peut y avoir d’impunité pour ceux qui sont censés faire respecter la loi », confie une source sécuritaire. Cette affaire est désormais perçue comme un test pour la hiérarchie, déterminée à épurer les rangs des éléments compromis.