Face à une paralysie qui dure depuis plus de deux mois, le Syndicat des Inspecteurs de l’Education nationale et de la Formation Professionnelle (SIENFP) a brisé le silence ce 4 mars 2026. Entre diagnostic technique et appel au dialogue, le corps d’encadrement se pose en médiateur critique pour éviter le spectre d’une année blanche.
L’alerte est sérieuse. Ce mercredi, lors d’un point de presse très attendu, le SIENFP a dressé un constat sans concession de la crise qui mine l’école gabonaise. Pour Loïque Anicet Moundounga Bidjele, Secrétaire général de l’organisation, l’heure n’est plus aux tergiversations : « Notre responsabilité est double : protéger l’école et contribuer à la stabilité du système éducatif. »
Loin de se limiter à une simple observation des grèves, les inspecteurs pointent du doigt une accumulation de « défaillances systémiques ». Selon le syndicat, la crise actuelle est le symptôme de maux profonds : gestion poussive des carrières administratives ; lourdeurs bureaucratiques persistantes ; absence d’outils fiables pour le suivi des décisions ; dialogue social intermittent et souvent stérile.
Pour le SIENFP, ces dysfonctionnements ont fini par provoquer une rupture de confiance majeure entre la base et la tutelle.

Concilier droit de grève et continuité du service
Dans un discours équilibré, les responsables syndicaux ont rappelé un principe républicain essentiel : la nécessité de concilier le droit de grève des enseignants avec l’exigence de continuité du service public. Toutefois, pour le syndicat, cette continuité ne s’obtiendra pas par la contrainte.
« La stabilité du système ne repose ni sur la force, ni sur des promesses, mais sur la cohérence entre les engagements et leur exécution », ont martelé les conférenciers. Le SIENFP appelle ainsi à la mise en œuvre immédiate de « mesures administratives concrètes et vérifiables » pour restaurer la crédibilité de l’Etat auprès des partenaires sociaux.
Une main tendue pour la sortie de crise
En tant que garant de la cohérence pédagogique, le syndicat des inspecteurs se dit prêt à accompagner toute initiative de sortie de crise crédible. Le message adressé au gouvernement est limpide : la balle est dans le camp des autorités.
Pour sauver ce qui reste de l’année scolaire, l’État doit désormais transformer ses engagements en actes palpables. Car au-delà des revendications corporatistes, c’est l’avenir de milliers d’élèves gabonais qui se joue dans ce bras de fer qui n’a que trop duré.