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Gabon : Le CESEC s’attaque aux fractures foncières et sanitaires, le défi de l’impact réel

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Au cours de sa session plénière du lundi 28 septembre 2026, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Cuturel (CESEC) a validé deux projets d’avis cruciaux sur la protection des terres ancestrales et l’accès aux soins. Si le constat de l’institution reflète les urgences de la population, la question de sa capacité à influencer les politiques de l’État reste entière.

Sous la présidence de Guy Bertrand Mapangou, la deuxième session ordinaire de l’année 2026 du CESEC s’est penchée sur les deux grands angles morts du développement inclusif au Gabon : la spoliation rampante des territoires communautaires et l’effondrement de l’équité sanitaire territoriale. En abordant de front le droit à la terre et le droit à la vie, l’institution consultative se positionne au cœur de la détresse sociale des provinces. Cependant, dans un contexte historique où l’utilité budgétaire et l’impact réel des recommandations de cette assemblée ont parfois été remis en question au sein du débat public, ces deux nouveaux avis agissent comme un test de crédibilité réciproque entre le Conseil et l’exécutif.

Foncier coutumier : sortir du « vide juridique » protecteur de l’État

Le premier dossier examiné par les conseillers touche à un sujet hautement inflammable : la reconnaissance des terres ancestrales et des sites sacrés. Le constat de la commission dédiée est sans appel, il existe un fossé juridique entre le droit d’usage des populations locales et une sécurisation foncière formelle. En clair, l’État reste le propriétaire hégémonique d’un espace qu’il peut attribuer à des concessions forestières, minières ou agricoles, au détriment des communautés villageoises.

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Pour réduire cette fracture, le CESEC formule des propositions concrètes qui bousculent le conservatisme administratif : l’institutionnalisation d’une « enquête foncière coutumière » préalable à toute attribution de concession. L’entrée formelle des territoires communautaires dans le Livre foncier national, actant une rupture avec la doctrine coloniale de la « terre vacante et sans maître ». La clarification de la hiérarchie des droits, afin de protéger juridiquement les espaces sacrés face aux impératifs d’exploitation industrielle.

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Déserts médicaux : l‘urgence d’une refonte territoriale des soins

Les conseillers membres du CESEC réunis en séance plénière pour examiner les projets d’avis.
Les conseillers membres du CESEC réunis en séance plénière pour examiner les projets d’avis.

Le second projet d’avis s’attaque à la crise de l’accès aux soins et à l’approvisionnement en médicaments de première nécessité. Qualifiée d’« urgence sociale, sanitaire et territoriale », la situation actuelle démontre que l’éloignement de la capitale, Libreville, équivaut encore trop souvent à une perte de chance médicale critique pour les parturientes, les malades chroniques et les accidentés.

Face à la faillite du modèle ultra-centralisé, les conseillers préconisent un virage à 180 degrés fondé sur l’équité. Parmi les recommandations phares figure la réclamation d’un serpent de mer politique : l’organisation des États généraux de la santé, couplée à une actualisation urgente de la carte sanitaire nationale. Le CESEC appelle également à la mise en place d’une politique territoriale de recrutement pour stabiliser le personnel médical dans l’arrière-pays et suggère d’intégrer enfin, de manière sécurisée et encadrée, la médecine traditionnelle dans le parcours de soins officiel.

Le piège de la « recommandation sans suite »

L’analyse objective de cette plénière oblige à dépasser le stade de la satisfaction textuelle. La pertinence des diagnostics du CESEC n’est plus à prouver, mais l’histoire récente rappelle que ces avis finissent trop souvent leur course dans les tiroirs ministériels.

L’enjeu ne réside plus dans la formulation des maux du pays, largement documentés par la société civile, mais dans la volonté politique de traduire ces orientations en lignes budgétaires effectives. Qu’il s’agisse du financement réel de la carte sanitaire ou de la confrontation politique avec les lobbies fonciers, l’exécutif est désormais face à ses responsabilités. Sans une obligation de suivi législatif des travaux du CESEC, cette session ordinaire de 2026 n’aura été qu’un exercice académique de plus, déconnecté de la capacité opérationnelle à changer le quotidien des Gabonais.

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