Le Procureur général près la Cour judiciaire de Port-Gentil, Brice Arnaud Pambou Lingombé, a marqué la rentrée solennelle du 31 octobre d’un rappel à l’ordre ferme, particulièrement destiné aux officiers de police judiciaire (OPJ) et aux militaires. Finies les dérives post-30 août, le magistrat exige un retour immédiat à la légalité et au strict respect des procédures.
« Le 30 août 2023 est passé. La transition est passée », a-t-il affirmé, coupant court à toute interprétation d’une « vague » qui permettrait des abus. Le Procureur général Pambou Lingombé a insisté : le Gabon est rentré de plein pied dans la Ve République, et cette dernière « commande que tout le monde soit soumis à l’autorité de la loi », a-t-il déclaré.
Il a clairement circonscrit le rôle de la police : l’OPJ mène des investigations et dresse des procès-verbaux correctement, mais « votre pouvoir s’arrête à l’entrée du parquet », a-t-il martelé. Il a rappelé que le procureur de la République est le directeur des OPJ et le « premier juge », seul habilité à décider des poursuites ou du classement. La collaboration doit être un « mariage de raison », a-t-il expliqué, pourvu que chacun reste dans ses attributions.
Tolérance zéro pour les abus et la corruption
Brice Arnaud Pambou Lingombe n’a pas ménagé ses critiques envers les comportements qui ternissent l’image des corps, citant pêle-mêle les actes de violence, l’intimidation, et la corruption.
Il a dénoncé l’absurdité de certaines pratiques : il n’est pas normal que l’on doive payer pour retirer une plainte. « Pourquoi je dois payer pour retirer quelque chose que je ne veux plus poursuivre ? », s’est-il indigné. Ces agissements, ainsi que les manquements aux procédures doivent cesser immédiatement, a-t-il insisté.
Pour garantir cette reddition des comptes, Le Procureur général a annoncé une mesure ferme : toutes les fautes, y compris les « emprunts » non remboursés, seront désormais signalées aux supérieurs hiérarchiques. Enfin, il a appelé les responsables de corps à être les premiers à exiger de leurs agents qu’ils « observent la loi » car la justice est rendue « avant tout pour le peuple gabonais », a-t-il conclu.
