Face aux tensions grandissantes dans le secteur de l’Enseignement supérieur, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi la voie de l’écoute. Le 23 janvier, au Palais de la Rénovation, le chef de l’État a reçu les représentants syndicaux du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, notamment le collectif Intelligence, le SNEC-UOB et le SNEC-USTM, dans un contexte marqué par le dépôt d’un préavis de grève. L’objectif était clair : éviter l’enlisement et préserver la paix sociale dans un secteur stratégique pour l’avenir du pays.
La rencontre s’est tenue dans un climat de franchise et de responsabilité. Les personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service, tout comme les enseignants-chercheurs, ont exposé leurs préoccupations, liées principalement aux conditions de travail, aux questions administratives et aux arriérés financiers. À l’écoute, le président de la République n’a pas éludé la réalité des difficultés, reconnaissant la légitimité des attentes exprimées par les acteurs de l’université gabonaise.
Tout en rappelant l’impératif de cohésion nationale et la nécessité d’assurer la continuité du service public, Brice Clotaire Oligui Nguema a replacé le débat dans une perspective plus large. Pour lui, la recherche scientifique et la formation universitaire ne sont pas de simples lignes budgétaires, mais des leviers essentiels du développement et de la souveraineté nationale. Un message qui tranche avec les réponses dilatoires souvent opposées aux revendications sociales.
Pour sortir durablement de l’impasse, le chef de l’État a proposé une méthode : la concertation structurée. Il a ainsi annoncé la mise en place immédiate d’une commission tripartite réunissant les organisations syndicales, le ministère de l’Enseignement supérieur et celui en charge du Budget. Cette instance aura pour mission d’examiner les points de blocage et d’ouvrir des discussions approfondies sur les dossiers sensibles, notamment financiers.
À l’issue de l’audience, les syndicats ont salué la qualité des échanges et se sont engagés à rendre compte à leurs bases respectives, ouvrant la voie à une suspension, voire une levée formelle des préavis de grève. Plus qu’une simple rencontre, cette audience marque un tournant : celui du passage d’une tension latente à une gestion concertée des revendications, avec en ligne de mire la stabilité sociale et l’avenir de la communauté universitaire gabonaise.



