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Diplomatie marathon : Le Gabon évalue ses partenariats internationaux

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La journée du 27 octobre a été particulièrement chargée pour le ministre des Affaires étrangères, Michel-Régis Onanga Ndiaye, multipliant les audiences avec les ambassadeurs du Japon, de Singapour, de la France et d’Arabie Saoudite, ainsi que le nouvel ambassadeur du Gabon en France. Au centre des échanges figuraient l’évaluation des projets de coopération existants, l’exploration de nouvelles pistes et la préparation des prochains rendez-vous bilatéraux de haut niveau.

La journée a commencé avec l’envoyé spécial du Premier ministre de Singapour. Les discussions ont porté sur le soutien du Gabon à la candidature de Rena Lee, diplomate singapourienne, pour le poste de juge à la Cour internationale de justice, ainsi que sur le renforcement de la coopération bilatérale.

Ensuite, le ministre a reçu l’ambassadeur désigné du Japon au Gabon, venu présenter les copies figurées de ses lettres de créance. La rencontre a permis de faire le point sur la coopération bilatérale et de poser les bases d’échanges futurs, notamment dans les domaines économique et technique.

Au cœur de la journée, l’audience avec l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauries, a porté sur la coopération militaire et sécuritaire, ainsi que sur la préparation d’une rencontre politique et économique de haut niveau. « Nous sommes en train de préparer un certain nombre d’échanges bilatéraux de haut niveau, politiques et économiques. Nous avons évoqué également l’actualité bilatérale, dominée la semaine dernière par l’escale du port des hélicoptères Tonnerre, qui a donné lieu à plusieurs activités de défense et de sécurité entre nos deux forces armées », a déclaré l’ambassadeur.

La quatrième audience a été consacrée à l’ambassadeur d’Arabie Saoudite, porteur d’un message de son homologue sur le dynamisme des relations bilatérales et la participation du Gabon à l’Expo 2030 Riyad. Les discussions ont permis de consolider les liens diplomatiques et d’évaluer les projets de coopération en cours.

Pour finir, le ministre Onanga Ndiaye a reçu Alfred Nguia Banda, récemment nommé ambassadeur du Gabon en France, pour échanger sur les priorités de sa mission diplomatique et sur la stratégie de représentation gabonaise à Paris.

Pour Libreville, il s’agissait de renforcer ses partenariats internationaux, préparer des initiatives concrètes et affirmer sa présence sur la scène diplomatique mondiale, tout en donnant à chaque partenaire une vision claire des objectifs communs et des projets à venir.

Le Gabon attire l’Arabie Saoudite et l’Espagne pour accélérer sa diversification

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Le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu, le 27 octobre, au palais Rénovation, les ambassadeurs du Royaume d’Arabie Saoudite et du Royaume d’Espagne accrédités au Gabon. Ces audiences ont permis de faire le point sur plusieurs axes de coopération et d’explorer de nouvelles perspectives de partenariat, confirmant la volonté de Libreville d’accélérer la diversification de son économie.

Un accent particulier sur les infrastructures et l’Expo 2030

Avec Farraj Ben Nader, ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale entre Libreville et Riyad. Les deux parties ont évoqué plusieurs domaines d’intérêt commun, parmi lesquels les infrastructures, les ports, les mines et la santé.

L’ambassadeur a exprimé sa satisfaction à l’issue de l’audience. « Nos échanges ont porté sur les moyens de renforcer les relations bilatérales entre nos deux pays dans divers domaines dans l’intérêt commun de nos peuples amis », a-t-il affirmé.

Poursuivant sur cette lancée, le diplomate a indiqué que les deux nations avaient également abordé des questions régionales et internationales. Il a souligné l’importance de poursuivre la concertation et la coordination dans les différents forums et dans des domaines concrets, mentionnant de nouveau l’infrastructure, les routes, le tourisme et les mines comme des secteurs clés. Le diplomate saoudien a également transmis au chef de l’État une invitation officielle à participer à l’Expo 2030 Riyad, un évènement mondial au cœur du développement et de l’innovation.

L’Espagne mise sur le tourisme

Dans la foulée, Oligui Nguema s’est entretenu avec Rafael Chaves Beardo, ambassadeur du Royaume d’Espagne au Gabon. Là aussi, il était question des opportunités d’investissement et de coopération économique entre les deux pays. Madrid souhaite notamment apporter son expertise et accompagner les réformes engagées par Libreville, particulièrement dans les secteurs du tourisme et de la diversification économique.

Le Gabon poursuit ainsi son objectif de diversification de ses partenariats diplomatiques et de renforcement de sa présence internationale, en misant sur des coopérations concrètes et équilibrées avec ses partenaires du Golfe et de l’Europe.

Africa United Airlines : Libreville-Oyem en 45 minutes pour 89 700 FCFA !

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Moins de trois ans après son lancement, Africa United Airlines (AUA) poursuit son expansion sur le ciel gabonais. Après avoir renforcé sa flotte le 22 octobre dernier avec un nouvel Embraer ERJ-145, la compagnie aérienne gabonaise annonce l’ouverture d’une nouvelle ligne domestique Libreville–Oyem dès le 31 octobre 2025, avec un tarif promotionnel de 89 700 FCFA.

La compagnie vient d’annoncer l’ouverture officielle de la ligne Libreville–Oyem à partir du 31 octobre 2025. Cette nouvelle desserte sera opérationnelle avec un tarif promotionnel de lancement fixé à 89 700 FCFA, valable pendant 15 jours. En proposant un vol direct d’une durée de moins de 45 minutes, Africa United Airlines vise à faciliter les déplacements intérieurs et à stimuler l’économie régionale, tout en renforçant la modernisation du transport aérien gabonais.

AUA, un acteur majeur en pleine croissance

Née d’une initiative d’entrepreneurs gabonais en 2023, Africa United Airlines s’est rapidement imposée comme un acteur majeur du transport aérien domestique. Avec déjà plus de 40 000 passagers transportés en 2024, la compagnie poursuit sa croissance. Le 22 octobre, elle a renforcé sa flotte avec l’acquisition d’un troisième appareil, un Embraer ERJ-145 de 50 places, moderne et adapté aux dessertes régionales. Ce nouvel avion permet à la compagnie d’augmenter sa capacité opérationnelle et d’étendre son réseau.

Cette nouvelle ligne aura un impact direct sur les populations et l’économie régionale. Elle facilitera les déplacements des fonctionnaires, des étudiants, des opérateurs économiques ainsi que des familles vivant entre Libreville et Oyem. Elle contribuera également à dynamiser les échanges commerciaux, à soutenir le développement du tourisme interne.

À travers cette initiative, Africa United Airlines confirme son rôle stratégique dans l’intégration nationale et renforce sa vision : connecter les villes et rapprocher les Gabonais grâce à un transport aérien accessible et moderne.

Législatives 2025 : la Cour constitutionnelle entame la dernière étape du contentieux électoral

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La Cour constitutionnelle aborde la phase décisive du traitement des recours liés aux élections législatives. Après dix jours d’ouverture continue, le greffe a clôturé, le 22 octobre, la période de dépôt des plaintes concernant le second tour. Place désormais aux audiences publiques, une étape clé avant la proclamation officielle des résultats définitifs.

Selon Me Jean-Laurent Tsinga, greffier en chef de la Cour, la période de dépôt s’est tenue du 13 au 22 octobre 2025, suite à l’annonce des résultats provisoires par le ministre de l’Intérieur le 13 octobre. « Nous avons enregistré un peu plus d’une dizaine de nouveaux recours, en plus des 45 du premier tour », a-t-il précisé. Au total, plus d’une soixantaine de dossiers sont actuellement à l’étude.

Ces recours seront examinés un à un, dans le respect des délais légaux. « Des décisions seront rendues, la Cour va vider le contentieux électoral et proclamer les résultats définitifs des législatives », a affirmé Me Tsinga.

Avec l’ouverture des audiences publiques, la Cour entre dans la dernière ligne droite du processus. Les différentes parties concernées viendront défendre leurs arguments devant les juges constitutionnels. Une fois le contentieux clos, la haute juridiction mettra fin à plusieurs semaines d’attente et de spéculations, en scellant définitivement les résultats des scrutins des 27 septembre et 11 octobre 2025.

Haut-Ogooué : la route Akiéni–Onga coupée après l’effondrement d’une buse

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La circulation est totalement bloquée sur la route Akiéni–Onga, dans le Haut-Ogooué, depuis la nuit du 23 au 24 octobre 2025. Une buse s’est effondrée à cause des fortes pluies, rendant la voie impraticable et isolant plusieurs localités. Cette situation vient encore compliquer la vie des usagers de cette route déjà en très mauvais état.

D’après les témoignages des riverains, les pluies abondantes des derniers jours ont affaibli la structure de la buse. Sous la pression des eaux, elle s’est effondrée, laissant un grand trou au milieu de la chaussée. Impossible désormais de passer, que ce soit à pied ou en voiture.

« Cette route n’a jamais été refaite, encore moins goudronnée. À chaque saison des pluies, c’est la galère. Maintenant, c’est complètement coupé ! », s’est plaint un transporteur. Cette voie est pourtant essentielle pour le transport des personnes et des produits agricoles entre Akiéni, Onga et les villages alentours.

Face à la situation, chauffeurs et commerçants ont dû faire demi-tour, certains abandonnant même leurs véhicules sur place. En attendant une intervention du ministère des Travaux publics, les habitants lancent un appel urgent à l’aide. Beaucoup dénoncent le manque d’entretien régulier des routes secondaires du Haut-Ogooué, pourtant cruciales pour l’économie locale.

« Nous demandons aux autorités de venir voir les dégâts et d’agir vite. C’est notre seul axe de passage. Si rien n’est fait, plusieurs villages risquent d’être totalement coupés du reste du département », a alerté un responsable communautaire d’Akiéni.

Alors que la saison des pluies ne fait que commencer, cet incident rappelle une fois de plus l’urgence de réhabiliter les routes de la région, dont la dégradation met en danger la mobilité et la sécurité des populations.

Port-Gentil : suivi des travaux du tronçon Forasol-Mbega par le gouvernement

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Le ministre des travaux publics et de la construction, Edgard Moukoumbi, accompagné du ministre du travail, Patrick Barbera Isaac, et des autorités locales, a inspecté ce week-end le tronçon routier Forasol-Mbega et la centrale d’enrobé du pont d’Ozouri. Ceci dans le but de s’assurer de l’avancement des travaux et garantir la sécurité sur ce chantier clé pour l’Ogooué-Maritime.

Les ministres et les autorités de la province, dont le Gouverneur Françoise Assengone Obame et le délégué spécial adjoint, ont parcouru les 22 km du tronçon Forasol-Mbega ainsi que la centrale d’enrobé située à 12 km de Mbega. Selon Sylvain Ngoua Ndong, ingénieur de la direction générale des infrastructures de transport : « la couche de fondation en grave non traitée couvre un peu plus de 7 km. La couche de base en grave bitume a déjà été réalisée sur 200 m, tandis que le revêtement en béton bitumineux s’étend sur un linéaire de 12 km ». Ces visites permettent de vérifier de près l’avancement des travaux, à un mois de la reprise par l’entreprise chinoise CRBC.

Le ministre des Travaux publics et le ministre du Travail inspectant le chantier Forasol-Mbega de Port-Gentil.
Le ministre des Travaux publics et le ministre du Travail inspectant le chantier Forasol-Mbega de Port-Gentil.

Par ailleurs, la réception du chantier est prévue d’ici mars 2026, sous réserve que toutes les conditions soient réunies. Le ministre Moukoumbi a tenu à rassurer : « nous pouvons repartir en toute assurance. Ce linéaire a été intégré dans la loi des finances 2026 ». Pour Patrick Barbera Isaac, la vigilance sur le terrain reste une priorité. « j’ai eu un œil poussé relativement au travail décent et aux règles de sécurité et santé », a-t-il déclaré. Ces garanties témoignent de l’engagement des autorités à mener ce chantier avec rigueur et sérieux.

Très attendue par les habitants, cette route permettra de fluidifier la circulation entre Port-Gentil et Omboué. Elle contribuera également au développement économique de la région en facilitant le transport de biens et de services, l’accès aux infrastructures et renforcera la mobilité des populations. 

Gabon – Guinée équatoriale : vers un accord définitif sur le différend frontalier

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Après trois jours de discussions intenses, la deuxième rencontre entre le Gabon et la Guinée équatoriale sur l’application de la décision rendue par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 mai 2025 s’est terminée le 24 octobre à Libreville, sur une note encourageante. Les deux pays ont convenu des grandes lignes d’un accord en cours de finalisation, qui devrait mettre un terme pacifique au vieux différend frontalier qui les oppose depuis plusieurs décennies.

Les échanges ont permis d’examiner en détail les textes juridiques afin que les deux parties aient la même interprétation de l’arrêt de la CIJ. Cette décision reconnaît la souveraineté de la Guinée équatoriale sur les îles Mbanié, Cocotier et Conga, tout en confirmant au Gabon plusieurs zones frontalières continentales.

À la fin des travaux, Dieudonné Aba’a Owono, président de la Cour constitutionnelle et chef de la délégation gabonaise, a appelé les deux camps à la patience et à la sagesse, pour finaliser rapidement une version commune de l’accord, en vue d’une signature prochaine. Il a aussi rappelé les liens d’amitié et de fraternité qui unissent les peuples et les dirigeants des deux pays.

Du côté équato-guinéen, le message était similaire. Le ministre d’État, Siméon Oyono Essono Angue, a exprimé le souhait de voir les deux nations signer bientôt un accord de paix et de bon voisinage, tout en soulignant que « le monde nous observe » et attend des deux délégations responsabilité et discernement.

Cette rencontre de Libreville constitue une étape importante vers la normalisation complète des relations bilatérales. Le Gabon fera prochainement le point au président Oligui Nguema, avant la troisième session à Malabo, qui pourrait déboucher sur la signature officielle de l’accord attendu depuis longtemps.

Gabon : Oligui Nguema reçoit Marlène Essola Efountame, un signal d’ouverture dans le débat national

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Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience, ce début de semaine au Palais Rénovation, la femme politique Marlène Fabienne Essola Efountame. Une rencontre marquée par un échange franc sur les grands sujets qui animent l’actualité nationale : gouvernance, justice et inclusion.

« Le chef de l’État s’est montré plutôt réceptif à tout ce que j’ai pu avoir comme point de vue », a confié Marlène Essola Efountame à l’issue de l’entretien. Selon elle, la discussion a permis d’aborder sans détour les défis du moment. « Nous avons fait le tour de l’actualité de notre pays, qu’il s’agisse des affaires qui intéressent l’opinion nationale ou du fonctionnement de nos institutions. Nous avons aussi parlé de la nécessité pour notre justice de devenir indépendante, libre et respectueuse des procédures », a-t-elle précisé.

Parmi les sujets évoqués figurait également l’incarcération du journaliste Arnold Lecka, directeur de publication de Gabon Médias Time, une affaire qui continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique. Pour Marlène Essola Efountame, cet échange illustre la volonté du président Oligui Nguema de privilégier le dialogue et l’inclusion. « De ce qu’il m’a semblé, il a envie que le Gabon se porte bien, que les Gabonais soient considérés et que tout le monde se sente évidemment concerné », a-t-elle déclaré.

Connue pour ses prises de position tranchées et son engagement en faveur de la réforme constitutionnelle et de la transparence, Marlène Essola Efountame s’impose comme une figure politique influente, attachée au dialogue critique et à la défense des valeurs républicaines.

En recevant Essola Efountame, le chef de l’État a ainsi réaffirmé son souci d’écoute et de concertation dans la conduite des affaires publiques. Une rencontre jugée constructive, marquée par un esprit d’ouverture et de respect mutuel.

Octobre rose, Octobre noir : quand le faste de la sensibilisation éclipse la souffrance des malades

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Le mois d’octobre, dédié mondialement à la lutte contre les cancers féminins, révèle au Gabon un constat amer : celui d’une gabegie assumée où les dépenses pharaoniques pour la sensibilisation et les cérémonies relèguent au second plan la prise en charge des patientes.

Tandis que les administrations parent leurs édifices de décorations coûtant plusieurs millions de francs et multiplient les activités récréatives, les malades sont confrontées à une situation de plus en plus critique, notamment en raison des défaillances de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Le vertige des dépenses inutiles

Chaque année, Octobre rose est célébré avec faste au Gabon, comme le soulignent plusieurs observateurs sur les réseaux sociaux, mais sans bilan lucide de son impact réel. Au nom de cette lutte noble, des sommes astronomiques sont décaissées, donnant « le vertige ». L’essentiel des fonds semble s’évaporer dans l’image et la communication.

Dès le début du mois, les sièges des ministères se parent des couleurs d’Octobre rose, rivalisant d’ingéniosité décorative. « L’année dernière, notre prestataire nous a pris plus de 5 millions pour la décoration de tout l’immeuble », confie un agent en service dans un ministère stratégique. Ces dépenses, jugées excessives, contrastent cruellement avec le manque criant de moyens dans les structures de soins.

Les zones rurales sont inscrites sur la liste des oubliées, les femmes ne pouvant même pas bénéficier d’un simple dépistage.

Pour s’en convaincre, allez demander aux femmes de Mabanda, Ndougou, Mvadi, Bikondom, Mouyamba ou Pana qui ignorent tout de cet Octobre rose ou, le cas échéant, ce qu’elles en pensent. Vous entendrez leur profonde détresse.

C’est l’autopsie d’une célébration qui n’est qu’un « coup d’épée dans l’eau », et un exemple de la manière dont des sommes astronomiques peuvent être « sorties sans se faire remarquer » ; la « fumée rose couvrant tous les décaissements », peut-on lire sur les réseaux, où la polémique enfle sur l’impact réel des activités initiées pour faire reculer la maladie.

Les malades laissées pour compte : le refus des ordonnances CNAMGS

Le véritable drame se joue dans les hôpitaux et les pharmacies. La prise en charge devient compliquée, car les ordonnances de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) sont systématiquement rejetées par les officines.

Dans une vidéo émouvante relayée sur les réseaux sociaux, la représentante d’un collectif de personnes vivant avec le cancer interpelle directement les autorités. « Nous allons mourir si vous ne faites rien », déclare-t-elle, soulignant la détresse du groupe. Elle explique que « depuis le mois de septembre, nos médicaments ne sont plus disponibles. Les pharmacies refusent nos ordonnances CNAMGS » parce que, selon leurs dires, « la CNAMGS leur doit beaucoup d’argent ». Ces médicaments, souvent pour des chimiothérapies coûtant des millions, sont « indispensables » pour ces personnes, dont la plupart sont démunies.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que l’Institut de cancérologie lui-même fait face à de nombreux manquements. Le plateau technique y est incomplet, et les malades reçoivent leurs traitements « assis sur des chaises en plastique », raconte une citoyenne engagée sur les réseaux sociaux.

L’hypocrisie d’un « buzz inutile »

Face à cette réalité, la militante Pulchérie Ntoutoume Bagnegne, défenseure des personnes atteintes de cancer, dénonce l’hypocrisie de la situation. Elle fustige la priorité donnée au faste et au divertissement. « Octobre Rose pour les publicités, les journées de sport. Octobre Noir pour les malades vivant avec le cancer », martèle-t-elle sur sa page Facebook.

Elle estime que « l’argent des publicités, des tee-shirts, des casquettes, des coaches sportifs, peut sauver la vie des malades».

Cette amertume est partagée par Carnancitha Nguimbi, une autre citoyenne engagée, qui voit son fil d’actualité « saturé de rose, de marches, de fitness et de grandes cérémonies », tandis qu’une autre femme, « seule dans sa chambre, ne voit qu’un plafond blanc ».

Elle dénonce un « système où l’on préfère financer l’image du soin plutôt que le soin lui-même », citant l’exemple d’une patiente au Centre hospitalier régional de Ntchengue, à Port-Gentil, « laissée sans couverture CNAMGS, forcée de quémander un moyen de transport pour Libreville, faute de soins décents ».

Pour elle, « le problème n’est pas le ruban, le problème est la défaillance systémique. » Le constat est clair : la flamboyance des manifestations d’Octobre rose n’est qu’une façade qui dissimule une détresse manifeste et une gestion des fonds détournée de son objectif principal. La lutte contre les cancers féminins est devenue, au Gabon, un spectacle très cher qui ne profite qu’à l’image, et non aux malades.

Et lorsque le ministre de la Santé invite chaque femme à prendre comme repère sa date d’anniversaire pour se dépister, l’impact d’un tel message semble, une nouvelle fois, limité à une catégorie du genre féminin. Plusieurs femmes vivant en zones rurale ou urbaine, face aux difficultés de leurs conditions existentielles, ignorent tout de ce que l’on appelle « l’anniversaire ».