Patrick Isaac Barbera, ministre du Travail, du plein emploi et du dialogue social, s’est rendu le 7 novembre à Mousse industrie, entreprise spécialisée dans la fabrication de matelas, pour évaluer les conditions de travail, la conformité industrielle et le respect des normes de sécurité dans cette entreprise gabonaise de fabrication de mousses en polyuréthane.
Lors de cette visite, le ministre a pu constater des avancées significatives. « J’ai pu constater des efforts réels : une gabonisation des emplois à 95 % ; une couverture sociale complète pour les travailleurs ; et un cadre de dialogue social bien établi », a-t-il déclaré. Ces éléments traduisent une volonté de l’entreprise de renforcer le bien-être de ses employés et de promouvoir un environnement de travail inclusif et responsable.
Cependant, Patrick Isaac Barbera a relevé certains points à améliorer, notamment sur le plan des normes industrielles et de sécurité. Selon lui, ces aspects sont essentiels « pour garantir la protection des travailleurs et la qualité de la production ». Le ministre a insisté sur la nécessité d’une vigilance continue afin de prévenir tout risque sur le lieu de travail, en particulier dans le secteur de la production chimique.
Sur le terrain, les employés de Mousse industrie poursuivent leurs tâches pendant l’évaluation du site par le ministre.
Pour accompagner l’entreprise dans cette démarche, le ministre a annoncé un suivi prochain avec les équipes techniques du ministère et l’Agence gabonaise de normalisation (Aganor). « Je reviendrai prochainement avec les équipes techniques du ministère, ainsi qu’avec l’Agence gabonaise normalisation (Aganor) afin d’accompagner Mousse industrie dans sa mise en conformité et la mise en place d’un dispositif de prévention des risques chimiques », a-t-il précisé. Le ministre a conclu en rappelant que « le travail décent et la sécurité des travailleurs restent au cœur de mon engagement et de la politique du gouvernement ».
Le ministère du Pétrole et du gaz a annoncé, le 8 novembre 2025, un incident technique sur le pipeline reliant la Société gabonaise de raffinage (Sogara) au dépôt d’Ola energy à Port-Gentil. Un dispositif exceptionnel a été mis en place pour garantir la continuité de l’approvisionnement en essence dans la capitale économique.
Selon le communiqué officiel, l’incident est survenu à la suite du blocage d’un racleur lors d’une opération de maintenance planifiée sur le réseau reliant la Sogara au dépôt d’Ola energy. Cet incident a provoqué une perturbation temporaire de l’approvisionnement en essence à Port-Gentil, entraînant des difficultés dans la distribution du carburant.
Sur instruction du ministre du Pétrole et du gaz, la direction générale de l’aval pétrolier et gazier a déployé un dispositif exceptionnel afin d’assurer la continuité du service. « Des autorisations spéciales ont été accordées pour le chargement et le transport du carburant par camions-citernes directement depuis la SOGARA », précise le communiqué. Cette mesure provisoire s’inscrit dans une étroite collaboration avec les opérateurs du secteur pour limiter l’impact de la perturbation.
Le ministère assure que les équipes techniques d’Ola energy et des services compétents sont pleinement mobilisées pour rétablir le fonctionnement normal du pipeline dans les meilleurs délais. « Toutes les dispositions utiles sont prises pour un retour rapide à la normale », souligne le texte, avant d’appeler la population « à faire preuve de compréhension et de sérénité pendant la durée des travaux d’intervention ». Le gouvernement réaffirme enfin son engagement à garantir la sécurité énergétique nationale et la continuité du service public au bénéfice de tous.
Dans un entretien exclusif avec notre Rédaction à la veille de l’ouverture de l’important procès ce matin au Palais de justice de Libreville, le magistrat éclaire l’opinion sur les zones d’ombre qui entourent la tenue de cette « Affaire Sylvia et Noureddin Bongo Valentin ». Le peuple gabonais, dont les points de vue sont majoritairement convergents, retient son souffle. Lecture !
Gabonclic.info : Monsieur le président du Synamag, le procès tant attendu de Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin s’ouvre ce 10 novembre. En l’absence de la partie défenderesse, ledit procès pourra-t-il respecter l’État de droit et les garanties légales, comme la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable ?
Landry Abaga Essono : en principe, un procès doit se dérouler en présence des parties concernées ou leurs représentants, afin de garantir à tous, le respect des droits de la défense et du principe du contradictoire, principes fondamentaux du droit du procès. Il peut, cependant, arriver qu’une partie soit absente le jour du procès, soit parce qu’elle n’a pas été informée de la tenue du procès, soit parce qu’elle refuse d’y prendre part. Dans le premier cas, le juge peut ou doit décider d’ajourner le procès, faute pour l’une des parties d’avoir été informée de la date de sa tenue. Dans le second cas, il peut décider de se prononcer. La décision rendue sera dite par défaut ou par contumace c’est selon ; la partie absente disposant de la faculté de faire appel ou de se pourvoir en cassation sous certaines conditions, en cas de décision défavorable. Dans tous les cas, la présomption d’innocence et l’équitabilité du procès restent garanties à la partie absente.
Dans le cas qui nous intéresse, si Noureddin et Sylvia Bongo boycottent ce procès, quelle qu’en soit la raison et quelle que soit la décision, ils disposent de la faculté de se pourvoir en cassation, en cas de décision défavorable.
Président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), Landry Abaga Essono
Les avocats des prévenus ayant déclaré dernièrement qu’ils ne prendront pas part au procès, la justice pourra-t-elle commettre des avocats d’office ?
Les personnes éligibles à la commission d’office d’un avocat sont en général celles qui n’ont pas les moyens financiers de s’attacher les services d’un avocat. Ce n’est pas le cas de la famille Bongo qui, d’ailleurs, est assistée de Me Eyue Gisèle, avocat au barreau du Gabon. Si cette dernière décide de boycotter le procès de ses clients, c’est à leurs risques et périls. Toujours est-il que si ce boycott n’est pas concerté, elle se rendrait coupable d’un manquement à ses obligations professionnelles et déontologiques.
Cependant en droit gabonais, dans la matière qui nous intéresse, la commission d’un avocat d’office reste obligatoire ; le président étant tenu d’en commettre au cas où celui choisi par la défense ne se présenterait pas.
Quelles sont les charges exactes qui pèsent sur les accusés ?
Ils sont poursuivis pour des faits de détournement de deniers publics, complicité de détournement de deniers publics, concussions, etc.
La justice gabonaise détient-elle des preuves solides à présenter ?
L’Etat gabonais, qui est partie civile, dispose certainement d’éléments de preuve. C’est tout l’intérêt de ce procès. Les juges apprécieront la force probante de ces éléments et décideront de les retenir ou pas. Il ne leur appartient pas de les fournir, mais de les apprécier. L’instruction étant par ailleurs secrète, le président que je suis ne saurait, de ce fait, vous en dire plus.
Quel sera l’impact de ce procès sur la stabilité politique et l’économie du pays, ainsi que sur le plan social ?
Peu importe l’issue de ce procès, le ton sera tout de même donné et la volonté des plus hautes autorités de lutter contre la corruption et comportements déviants des dépositaires de l’autorité de l’Etat y trouvera expression. La moralisation de la vie publique – entendue comme l’ensemble des actions et des principes visant à promouvoir l’intégrité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques – inclut, en effet, la lutte contre la corruption, l’éthique publique, la transparence financière, la responsabilité des dirigeants. L’objectif est de restaurer la confiance du public dans les institutions et de garantir que les décisions sont prises dans l’intérêt général. Les conséquences politico-économiques, à long terme, ne peuvent être que bénéfiques pour la santé de nos finances publiques et la cohésion sociale.
Ce procès est-il une étape vers la recherche de transparence et la lutte contre la corruption menée actuellement par le gouvernement ?
Cela va sans dire, quoi que la dernière actualité nous en fasse un peu douter.
Qu’en sera-t-il des avoirs et des biens saisis, la Cour spéciale pourrait-elle exiger la restitution des biens mobiliers et immobiliers à l’Etat gabonais ?
Si les faits de détournement de deniers publics sont établis, les biens et autres avoirs saisis devraient, en principe, retourner à celui à qui ils ont été distraits, donc à l’Etat.
Président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), Landry Abaga Essono
Comment ce procès influencera-t-il la perception de la justice par les justiciables gabonais et leur confiance dans les institutions ? Je ne saurais vous le dire. Chacun se fera sa petite idée. Mais peu importe l’issue de ceprocès. La justice gabonaise, mal en point, devrait travailler à recouvrer la confiance dupeuple, au nom duquel elle est rendue. Mais cela ne peut être possible qu’au travers despolitiques publiques y aidant, et à travers une remise en cause du fonctionnement actuel decertaines institutions judiciaires.Évidemment un travail profond et sérieux doit être réalisé sur les acteurs de cette justice, desorte à cultiver la confiance perdue en cette institution.
Ce procès représente-t-il une étape cruciale vers une plus grande équité et justice sociales, d’autant que la justice est très critiquée ces derniers temps par une large partie de l’opinion ?
Il n’est pas du ressort de la justice de garantir l’équité et la justice sociale. Faut-il rappeler que la justice sociale désigne l’idée de promouvoir une société plus équitable et plus juste, où les droits et les opportunités sont répartis de manière égale entre tous les individus, sans discrimination, ni exclusion. Ce qui implique l’égalité des chances, la réduction des inégalités économiques et sociales, la protection des droits humains, la solidarité et la cohésion sociale. De ce point de vue, il me semble donc que cette mission incombe aux hommes politiques en charge de la gestion de l’Etat. La justice applique la loi proposée par le gouvernement et votée par le parlement. Qu’elle soit juste ou injuste, le juge applique la loi, certes en lui donnant un sens conforme aux principes de justice et d’équité.
Que propose le Synamag pour que les justiciables aient plus confiance en la justice, accusée d’être corrompue par des nantis ?
Le Synamag est un partenaire social et une force de propositions en capacité de :
– faire des suggestions constructives ;
– proposer des solutions innovantes ;
– contribuer à la prise de décision ;
– collaborer pour atteindre des objectifs communs.
Cette force de proposition permet de :
1 – représenter les intérêts de ses membres ;
2 – influencer les politiques publiques ;
3 – contribuer à la cohésion sociale.
Le Synamag se propose donc d’être un outil d’aide à la décision sur lequel les autorités peuvent s’appuyer pour proposer des politiques publiques saines et viables à même d’influencer la perception de la justice par le citoyen. Malheureusement, nous avons l’impression de pousser un cri sous l’eau. Les autorités d’alors semblent avoir d’autres priorités. La justice n’en est pas une, malgré toutes les déclarations faites. Elle apparaît plutôt comme un prétexte, un slogan politique, rien de plus.
Lors d’une déclaration de presse, le Procureur général, Eddy Minang avait affirmé que la justice gabonaise fera le nécessaire pour faire respecter le verdict. A-t-elle les moyens d’obtenir l’extradition de Sylvia et Noureddin Bongo au Gabon ?
(Rire…) C’est une question qu’il faudra lui poser.
Il y a quelques mois, vous dénonciez un certain nombre de dysfonctionnements au sein de la justice gabonaise, tout en invitant le pouvoir exécutif d’y apporter des solutions. Avez-vous été entendu ? Si non, ces maux peuvent-ils impacter le déroulement du procès à venir ?
Nous dénonçons beaucoup de choses depuis des années, mais les autorités restent sourdes, à défaut de n’entendre que ce qu’elles veulent entendre. À force d’avoir organisé sa surdité, les situations se sont cristallisées, impactant le bon fonctionnement de notre justice. Ce procès, comme tous les autres, n’en sera que plus impacté.
Quelles leçons pourront tirer les Gabonais à l’issue de cette session de la Cour criminelle spéciale ?
Attendons de voir les décisions qui en résulteraient. À ce moment, chaque Gabonais se fera sa petite idée.
Le procès de Sylvia Bongo, Noureddin Bongo Valentin et de leurs co-accusés s’ouvre ce lundi… mais en l’absence des deux premiers cités, principaux accusés. Interrogés, plusieurs Gabonais disent ce qu’ils attendent de cette affaire et s’ils croient à une justice réellement indépendante.
Etienne Ngomo (retraité)
Nous attendons ce procès avec beaucoup d’espoir, mais aussi avec une certaine lassitude. Nous voulons que la vérité éclate, que la justice aille au bout de ce qu’elle a commencé. Trop souvent, elle ouvre des dossiers sans jamais les refermer avec courage. Aujourd’hui, elle se retrouve face à elle-même, dos au mur. Elle doit choisir entre la complaisance et le courage, entre l’oubli et la vérité. Dire que le politique laissera la justice faire son travail, c’est peu probable, nous le savons.
Mais nous demandons à ces responsables, à ces décideurs, de laisser le pouvoir judiciaire travailler, sans pression aucune. Les Gabonais sont fatigués de ces vieilles pratiques où les intérêts personnels et politiques passent avant la vérité. Ce pays a besoin d’une justice forte, indépendante et équitable, et non pas d’une justice instrumentalisée. En somme, nous voulons une justice debout, une justice qui regarde le peuple dans les yeux, une justice qui ne tremble plus. C’est à ce prix seulement que le Gabon pourra tourner la page et espérer un véritable renouveau.
SerghesMickala Moundanga (secrétaire nationale du Synaps)
Franchement, je n’attends pas grand-chose de ce procès. Lorsqu’on nous apprend qu’il y a eu des arrangements pour que la famille Bongo quitte le pays, alors même que la loi prévoit la liberté provisoire, on se rend compte qu’il y a beaucoup de zones d’ombre. On apprend qu’ils n’étaient même pas en prison, qu’il s’agissait plutôt d’accords. Et aujourd’hui, le procureur général affirme qu’avec ou sans leur présence, le procès aura lieu et que des mandats pourraient être lancés via Interpol pour les faire revenir au Gabon. Mais soyons sérieux, s’il s’agit vraiment d’Ali Bongo, de Sylvia ou même de leur fils, est-ce qu’on aurait le courage d’aller jusqu’au bout ? Je ne pense pas. Si l’État avait voulu les arrêter, il l’aurait déjà fait. On a vu des Gabonais être interpellés, jugés, puis remis en liberté sans que jamais un procès n’aboutisse. C’est souvent la même histoire : liberté provisoire, puis liberté définitive.
Pour moi, l’État devrait plutôt chercher à récupérer les fonds détournés, s’il y en a, au lieu de faire croire à un procès qui n’ira nulle part. Quant à la justice gabonaise, je n’ai pas foi en sa capacité à mener un procès transparent et sans interférences politiques. Si on allait vraiment au fond des choses, beaucoup de gens tomberaient, y compris dans les rangs de la justice et de l’administration. C’est tout un système où chacun a intérêt à ce qu’il n’y ait pas de véritable justice. On ne peut pas juger seulement Sylvia et Noureddin, parce qu’ils n’ont pas agi seuls. Derrière eux, il y a des hauts cadres gabonais, des décideurs dans les ministères, à la présidence, à la primature, au ministère de la Défense, qui ont contribué à la gestion de ce système. Ces gens sont toujours là et ne veulent pas que le procès ait lieu. C’est pourquoi, je pense qu’il n’y aura ni poursuites réelles, ni condamnations, parce que trop de personnes influentes sont impliquées dans cette affaire.
Guy Serge Mbadinga (enseignant)
Concernant le procès de Sylvia et Noureddin Bongo, j’attends avant tout qu’il constitue un moment déterminant pour notre justice. Ce procès représente, à mes yeux, un véritable test de sa capacité à garantir les principes fondamentaux sur lesquels repose tout État de droit : l’impartialité, la transparence et le respect des droits fondamentaux de chacun, qu’il s’agisse des accusés ou des co-accusés. Au-delà des faits eux-mêmes, c’est la crédibilité de notre système judiciaire qui se trouve engagée. La question essentielle est de savoir si notre justice saura mener ce procès en toute indépendance, à l’abri de toute pression ou interférence politique. Nous sommes aujourd’hui à un moment charnière : soit notre justice démontre son autonomie et sa capacité à juger de manière équitable, renforçant ainsi la confiance des citoyens dans ses institutions ; soit, au contraire, elle alimente les craintes selon lesquelles elle pourrait être instrumentalisée à des fins politiques. En somme, ce procès n’est pas seulement une affaire judiciaire, mais aussi un symbole du rapport que notre société entretient avec la justice, la vérité et la démocratie.
Théodore Ekomi Nang (soudeur)
De ce procès, nous n’attendons qu’une seule chose : la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Malheureusement, cela semble compromis, car les principaux concernés sont absents. Cette absence jette une ombre sur la crédibilité du procès et sur la possibilité de faire toute la lumière sur les faits. Honnêtement, nous en doutons. Les interférences politiques et affairistes sont encore trop présentes dans le fonctionnement de la justice gabonaise. De plus, certains intérêts étrangers, notamment ceux du Maroc, semblent peser sur cette affaire. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer un procès pleinement transparent, indépendant et équitable.
Igor Bouthé Ata (à la recherche d’un emploi)
Ce que j’attends, avant tout, c’est que la justice effectue réellement son travail. Qu’elle aille jusqu’au bout, qu’elle soit ferme et impartiale. S’il y a des fautes, qu’il y ait des inculpations, tout simplement. Ce procès est une occasion pour la justice de prouver son indépendance, parce que beaucoup de Gabonais ont des doutes. Il faut donc laisser la justice agir, sans pression, ni influence. Je ne pense pas que le pouvoir politique doive ou puisse influencer la justice. Au contraire, les dirigeants doivent rester à l’écart et laisser la justice suivre son cours. Mon conseil est simple : que le politique ne s’ingère pas. La justice doit être libre. C’est à ce prix qu’elle pourra regagner la confiance des citoyens.
Elie Madouma Mamba (entrepreneur)
Comme beaucoup de mes compatriotes, je sais que le procès de Madame Sylvia Bongo et de son fils Noureddin s’ouvre ce lundi 10 novembre, malgré l’absence des principaux accusés. Ce que nous attendons, c’est tout simplement que la justice fasse son travail. Le président l’a souvent rappelé : le Gabon est un État de droit, et nul n’est au-dessus de la loi. Lorsque quelqu’un commet une faute, il doit répondre de ses actes devant la justice. La politique a son domaine, la justice aussi a le sien. Normalement, ce sont des organes indépendants qui doivent travailler chacun de leur côté. La justice est un pouvoir libre et, aujourd’hui, le peuple attend un exemple fort : que la loi s’applique à tous, sans distinction.
Marie Claire Mengue Mbia (Juriste)
Vous savez, dans cette affaire, il se dit que Sylvia et Noureddin Bongo ne sont jamais allés en prison. Pourquoi cela choque ? D’aucuns disent qu’ils étaient assignés à résidence, ce qui est une mesure prévue par la loi gabonaise. L’article 143 du Code de procédure pénale permet justement au juge d’imposer une liberté surveillée quand la détention n’est pas nécessaire. Et au regard de leur statut, de leur profil et des enjeux de représentation, c’était même la mesure la plus cohérente. Cela montre que la justice gabonaise peut appliquer la loi avec proportionnalité, sans céder ni à l’arbitraire ni à la pression. Quand le président du Conseil supérieur de la magistrature, Brice Clotaire Oligui Nguema le dit en audience avec les concernés, cela ne devrait choquer personne sauf ceux qui voient la manipulation partout.
Coup de maître dans l’Ogooué-Maritime : Georges Mpaga, figure bien connue de la société civile et candidat unique de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), a remporté une victoire historique et sans appel lors des élections sénatoriales dans le département d’Etimboué. Le scrutin, qui s’est déroulé dans le calme, s’est soldé ce samedi 8 novembre 2023 par un score parfait : 100 % des suffrages exprimés pour l’ex-militant anti-corruption, un véritable plébiscite qui scelle son entrée dans l’arène politique institutionnelle.
Seul candidat en lice, Georges Mpaga a été déclaré vainqueur à l’unanimité des 36 grands électeurs inscrits, selon les résultats proclamés par la présidente du centre de vote Charles Ping d’Omboué, Vera Benedy Barassouaga.
À la suite de la proclamation des résultats, il a exprimé sa gratitude avec force. « Je vous exprime toute ma joie, toute ma satisfaction, pour ce plébiscite. C’est véritablement un plébiscite qui traduit une adhésion, pas à un homme, mais à un idéal incarné par le libérateur en chef, le président Oligui », a-t-il déclaré.
Celui qui fut longtemps actif au sein de la société civile a indiqué vouloir inscrire son mandat dans une logique de service public et de proximité avec ses électeurs. « En tant que sénateur, je serai le serviteur de la République, bien sûr, mais également du peuple des Etimboué qui m’a élu triomphalement », a-t-il ajouté.
Mais qui est Georges Mpaga ?
Avant son entrée en politique, Georges Mpaga s’est fait connaître comme militant phare de la société civile gabonaise. Il a été l’un des responsables du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), structure engagée dans la promotion de la transparence, de la démocratie et de la lutte contre la corruption.
Reconnu pour ses prises de position critiques et franches à l’égard de l’ancienne gouvernance publique, il a, durant plusieurs années, plaidé pour une meilleure gestion des ressources nationales et un renforcement des institutions. Son élection au Sénat marque une nouvelle étape décisive dans son parcours, désormais orienté vers l’action institutionnelle au sommet.
Le Conseiller porte-parole de la Présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a confirmé le 7 novembre à Libreville la tenue du procès de Sylvia et Noureddine Bongo Valentin. Il a affirmé que l’audience s’ouvrirait comme prévu le 10 novembre 2025, rejetant avec force les récentes vidéos diffusées sur les réseaux sociaux qu’il qualifie de « manœuvres » visant à discréditer le régime en place.
« Le procès s’ouvrira le 10 novembre prochain, et la justice sera rendue au nom du peuple gabonais. Aucune manœuvre sur les réseaux sociaux ne pourra empêcher cela », a martelé Nzame-Nze Biyoghe lors de sa conférence de presse, réaffirmant la détermination des autorités à laisser la justice suivre son cours.
Ces déclarations interviennent suite à la publication d’une vidéo devenue virale ces derniers jours. Dans cette séquence, on aperçoit plusieurs hauts responsables judiciaires rendre visite à l’ancien président Ali Bongo Ondimba à son domicile. La scène, qui aurait été filmée par Noureddin Bongo Valentin, montre ces personnalités demander à l’ex-chef de l’État de signer des documents permettant la liberté provisoire de sa famille. Cette démarche a effectivement conduit au départ d’Ali Bongo du pays, désormais installé en Angleterre après un passage par Luanda, en Angola.
Pour la Présidence de la République, cette vidéo et les publications qui l’accompagnent ne constituent rien d’autre qu’une tentative de déstabilisation orchestrée par Sylvia Bongo et son fils Noureddin. Théophane Nzame-Nze Biyoghe a toutefois assuré que ces initiatives « seront traitées avec sérénité et froideur » et n’auront aucune incidence sur le calendrier judiciaire.
L’ancienne Première dame et son fils sont poursuivis, entre autres, pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, trouble des opérations d’un collège électoral, ainsi qu’usurpation de titre et de fonction. Leur procès s’ouvre ce 10 novembre devant la cour criminelle spécialisée, à Libreville.
La cérémonie d’installation des magistrats et greffiers affectés et promus au Tribunal de première instance de Port-Gentil, qui s’est tenue le 31 octobre dernier au palais de justice, a été marquée par un discours sans concession du procureur de la République, Rodrigue Ondo MFoumou. S’adressant particulièrement aux greffiers, le chef du parquet a fermement dénoncé des comportements entachant la crédibilité de l’institution judiciaire et a appelé à un retour strict à l’intégrité et au professionnalisme.
Dès le début de son intervention, le procureur Ondo MFoumou a rappelé le rôle « essentiel » des greffiers, les qualifiant de « garants de la bonne marche des procédures et de la conservation des actes judiciaires ». Il a souligné que leur travail quotidien doit « continuer à assurer la qualité et la sécurité juridique des décisions de justice ».
Toutefois, le ton est rapidement devenu plus solennel. Le procureur s’est dit « profondément préoccupé par certains actes répréhensibles qui ont été portés à (son) attention », impliquant des collaborateurs greffiers. Ces dérives incluent notamment l’usurpation d’identité de magistrat dans les quartiers, la convocation de justiciables et l’exigence de fonds « pour faire passer un dossier ». D’autres pratiques inacceptables ont été pointées : la divulgation aux justiciables de plaintes déposées contre eux avant même l’ouverture d’une enquête, ou encore la rétention arbitraire de dossiers.
Intégrité et déontologie : des exigences non négociables
Face à ces manquements, le procureur Ondo MFoumou a rappelé aux greffiers leur statut de « fonctionnaires du ministère de la Justice » dont la mission est de « garantir la régularité des procédures et la conservation des actes judiciaires ». Il a martelé qu’ils sont les « garants de la confiance du public dans notre institution », soulignant l’impératif de respecter l’article 63 de leur statut.
Le procureur de la République a exhorté ses collaborateurs à un strict respect de la déontologie, exigeant d’eux de « faire preuve de professionnalisme et d’intégrité » et de « respecter scrupuleusement les règles de procédure ». La courtoisie est également érigée en ligne de conduite. « Traiter les justiciables et les usagers du service public avec respect, sans discrimination ni favoritisme. La courtoisie doit être votre ligne directrice pour garantir le bon fonctionnement de la justice », a-t-il précisé.
Cette vigoureuse mise au point du procureur fait directement suite à de nombreuses plaintes des Port-Gentillais. Interrogés sur cette intervention, plusieurs d’entre eux ont salué l’initiative, mais n’ont pas manqué d’exprimer leurs doutes quant à sa portée réelle.
Concluant sur une note d’espoir, mais sans relâcher la pression, le procureur a invité l’ensemble des greffiers à une « véritable prise de conscience professionnelle », assurant qu’il restait convaincu que ces derniers exerceront leurs fonctions « avec professionnalisme, intégrité, dévouement ».
Dans le cadre de la modernisation du secteur des hydrocarbures, le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, a officiellement réceptionné, le 6 novembre 2025, les travaux préparatoires des nouveaux codes du pétrole et du gaz. Ces textes majeurs traduisent la volonté de doter le Gabon d’un cadre légal performant et adapté aux standards internationaux, tout en valorisant ses réalités nationales.
Ces travaux constituent une étape déterminante dans la refonte du secteur des hydrocarbures au Gabon. Ils visent à renforcer la compétitivité du pays, à attirer davantage d’investissements et à garantir une meilleure gouvernance du potentiel énergétique national. Pour le ministre Sosthène Nguema Nguema, cette réforme est essentielle à la réussite de la politique de valorisation des ressources naturelles. « Maintenant que nous avons l’ambition de faire une exploitation sérieuse de notre potentiel gazier, il était important qu’un code, un référentiel spécifique soit réservé aux questions gazières », a-t-il déclaré.
Photo de famille à la suite de la réception officielle des nouveaux codes du pétrole et du gaz.
Au-delà de la création de deux textes distincts, le nouveau dispositif met un accent particulier sur le contenu local et la sécurité environnementale. Il introduit également des mesures visant à renforcer les normes en matière d’hygiène, de santé et de sûreté, tout en prévoyant la mise en place d’un fonds de développement. « Il y a aussi le fait de renforcer l’aspect contenu local dans les deux codes, en proposant la création d’un fonds. Par ailleurs, ce dispositif renforce les normes en matière d’hygiène, sécurité, santé, sûreté et environnement », a souligné le ministre.
Conçu pour lever les blocages de l’ancien cadre juridique, ce nouveau référentiel se veut plus attractif pour les acteurs nationaux et internationaux. « Il faut savoir que nous sommes allés chercher dans toutes ces révisions pour rendre ces deux référentiels attractifs, afin que le domaine pétrolier gabonais soit très compétitif », a affirmé Sosthène Nguema Nguema.
Avec cette double réforme, le Gabon confirme son engagement à moderniser durablement son secteur énergétique et à renforcer sa souveraineté économique. Le ministère entend, à travers ces instruments, encourager les partenariats avec des compagnies majeures telles que British Petroleum, ExxonMobil ou Pilgrim, afin de mieux valoriser le potentiel du bassin sédimentaire gabonais en offshore profond et très profond.
Avant son adoption définitive, le projet de code sera soumis à l’appréciation de la Convention des entreprises pétrolières autochtones du Gabon et de l’Union pétrolière gabonaise.
Après les agents du Trésor public en octobre dernier, c’est au tour des agents de la Direction générale des impôts d’être édifiés sur le projet du Système intégré de gestion des finances publiques (Sigfip), un dispositif phare de la transformation numérique du ministère de l’Économie et des finances.
Dans le cadre de la mise en œuvre du Sigfip, les agents de la Direction générale des impôts (Dgi) ont pris part, le 6 novembre, à une séance d’information animée par l’équipe en charge du projet. Cette rencontre s’inscrit dans la série de formations destinées aux neuf administrations du ministère de l’Économie et des finances, après celle organisée le 29 octobre dernier pour les agents du Trésor public.
Au cours des échanges, les participants ont été édifiés sur les enjeux et les bénéfices du Sigfip, un outil clé pour la digitalisation et la modernisation de la gestion budgétaire, financière et comptable de l’État.
Ce projet, initié conformément aux instructions du chef de l’État, vise à harmoniser les procédures et renforcer la transparence dans l’exécution des opérations publiques. Des séances similaires sont prévues dans chacune des directions concernées afin d’assurer une appropriation complète du système par l’ensemble des agents.
L’ONG SOS Prisonniers Gabon, dirigée par Lionnel Engonga, a salué, ce samedi 08 novembre, la libération de Harold Leckat, directeur de publication du média en ligne Gabon média time (GMT), après plus de trois semaines de détention.
Le journaliste avait été interpellé le 15 octobre dernier à l’aéroport international Léon Mba de Libreville, à son retour d’un séjour en France. Poursuivi pour escroquerie et passation illégale de marchés publics, il avait ensuite été placé sous mandat de dépôt le 20 octobre à la suite de sa garde à vue à la Direction générale des recherches (DGR).
Dans un message publié sur sa page Facebook, SOS Prisonniers Gabon s’est félicitée de cette issue qu’elle qualifie de « nouvelle encourageante pour toutes les personnes attachées à la justice et à la liberté de la presse ». L’organisation rappelle que la libération du journaliste intervient après de multiples appels de la société civile et de la diaspora en faveur de son élargissement.
Tout en réaffirmant son engagement pour une justice indépendante et équitable, l’ONG a conclu son message par un appel à « humaniser les prisons », symbole de son combat constant pour le respect des droits humains au Gabon.