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Franceville : Un collégien de 14 ans échappe à ses ravisseurs au péril de sa vie

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Lundi 10 novembre, vers 8 heures du matin, un élève de 14 ans du lycée Eugène-Marcel-Amogho de Franceville, Sylvain Ngankoua, a été victime d’une tentative d’enlèvement dans le quartier Potos, dans le 1er arrondissement. Le jeune garçon a réussi à s’échapper in extremis en sautant d’une voiture en marche.

D’après les premiers témoignages, Sylvain attendait un taxi pour aller à l’école lorsqu’un homme est descendu d’un véhicule noir stationné près de la pharmacie Moderne. L’individu l’aurait attrapé de force pour le faire monter dans la voiture, affirmant ensuite aux passants médusés qu’il agissait à la demande de la mère de l’enfant pour le conduire en cours.

Une fois à l’intérieur du véhicule, l’adolescent se rend vite compte que la route empruntée n’est pas celle qui mène à son lycée. Pris de peur, il remarque aussi qu’un deuxième homme se trouve à bord. Sentant le danger, il profite d’un ralentissement, ouvre la portière et saute de la voiture au niveau des pompes funèbres Alto-Sep, au quartier Bapili.

Ce geste désespéré lui cause plusieurs blessures aux genoux, au coude, au poignet et au pied gauche. Des riverains, témoins de la scène, lui viennent immédiatement en aide et le transportent au Centre hospitalier universitaire Amissa-Bongo, où il reçoit des soins.

Sa mère, Steberine Olanaga, a aussitôt déposé une plainte contre X à la brigade de gendarmerie d’Épila. Une enquête est ouverte pour retrouver les auteurs de cette tentative d’enlèvement. Le procureur de la République de Franceville s’est rendu à l’hôpital pour s’informer de l’état de santé du jeune Sylvain.

Le Gabon invité au forum de Davos 2026 : un retour sur la scène économique mondiale

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Le Gabon prendra part à la prochaine édition du forum de Davos, prévue du 19 au 23 janvier 2026. L’annonce a été confirmée le 12 novembre dernier lors d’une rencontre entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et une délégation du Forum économique mondial (FEM). Conduite par le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, la délégation est venue remettre en main propre l’invitation officielle.

Événement majeur consacré à l’innovation, à la durabilité et à la coopération économique, le forum de Davos réunit chaque année environ 3 000 personnalités influentes du monde politique, économique, universitaire et institutionnel. L’édition 2025, tenue du 20 au 24 janvier en Suisse, a encore montré le rôle central de cette plateforme dans la réflexion sur les enjeux mondiaux, allant des tensions géopolitiques aux transformations technologiques. La participation annoncée du Gabon en 2026 apparaît donc comme une opportunité stratégique pour repositionner le pays au cœur des discussions globales.

Le retour du Gabon à Davos revêt également une dimension symbolique. Le dernier président gabonais à avoir participé officiellement à ce rendez-vous était Ali Bongo Ondimba en 2016. Après des années d’absence, marquées notamment par la transition, l’invitation adressée à Brice Clotaire Oligui Nguema témoigne d’un regain d’intérêt du FEM pour la trajectoire gabonaise.

Elle ouvre aussi la voie à une nouvelle séquence diplomatique, alors que Libreville cherche à redéfinir ses alliances et à restaurer sa crédibilité sur la scène internationale. l’objectif est de relancer son attractivité économique. En 2025, le pays a organisé son propre événement international : le Gabon Economic Forum, placé sous le thème « Transformer l’économie gabonaise pour assurer une croissance durable et partagée ». 

Le Forum économique mondial, fondé en 1971 par Klaus Schwab, se conçoit comme un espace de dialogue pour penser l’avenir de la planète. En janvier 2026, le Gabon tentera une nouvelle fois de faire entendre sa voix parmi les décideurs du monde entier.

Libreville accueille la 10e réunion du Conseil exécutif de la FAAPA

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La 10e réunion du Conseil exécutif de la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA) s’est ouverte le 13 novembre à Libreville. Plusieurs hautes personnalités étaient présentes, dont le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, et le ministre de la Communication et des Médias, Paul-Marie Gondjout.

Cette rencontre, qui s’achève ce 14 novembre, a rassemblé des responsables d’une trentaine d’agences de presse venues de tout le continent. Leur objectif : renforcer la coopération entre les médias africains et mieux valoriser l’information produite en Afrique.

En lançant officiellement les travaux, Alexandre Barro Chambrier a salué le rôle de la FAAPA. Il a expliqué que l’organisation contribue à promouvoir une Afrique qui raconte elle-même son histoire, avec ses propres mots et ses propres images. Il a aussi réaffirmé la volonté du Gabon de rester un centre important pour la formation, l’innovation et la diffusion de l’information en Afrique.

De son côté, le ministre de la Communication, Paul-Marie Gondjout, a rappelé les missions essentielles de la presse qui consiste à informer sans déformer, critiquer sans détruire. Il a présenté trois priorités : encourager la liberté et la diversité des médias, renforcer la formation des professionnels — notamment en les intégrant à la Fonction publique — et moderniser les équipements des structures médiatiques.

Il a également souligné l’importance de la FAAPA comme espace d’échanges, surtout à une époque où les fausses informations se multiplient. Selon lui, les pays africains doivent construire un environnement médiatique solide, capable d’éduquer les jeunes et de ne pas dépendre des récits extérieurs.

Le président de la FAAPA, Fouad Arif, également directeur général de la MAP (Maroc), a insisté sur la responsabilité des journalistes. Face aux fake news et aux dérives sur les réseaux sociaux, il a rappelé l’importance d’un journalisme compétent, fiable et fondé sur la coopération entre pays africains.

Élimination du Gabon : Thierry Mouyouma appelle à « se relever » et se projette vers la CAN

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Au lendemain de l’élimination des Panthères en barrages de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur national Thierry Mouyouma s’est exprimé sur sa page Facebook pour adresser un message de résilience et de gratitude. Battu par le Nigeri (4-1), le Gabon voit s’envoler son rêve de participer au Mondial, mais le technicien refuse tout défaitisme.

« Face au Nigeria, nous avons manqué notre qualification pour la Coupe du Monde. Tomber, c’est aussi apprendre à se relever pour faire mieux », a-t-il écrit, reconnaissant la déception tout en appelant à la remobilisation.

Conscient de la frustration des supporters, Mouyouma affirme que l’équipe reste déterminée à poursuivre son travail. « Nous n’avons pas gagné cette fois, mais nous ne baissons pas les bras. Nous gardons la tête haute et le regard tourné vers la CAN », a-t-il souligné, rappelant que la prochaine grande échéance continentale sera l’occasion de montrer un autre visage.

Le sélectionneur a également tenu à réaffirmer sa confiance en son groupe. « Je crois en mes joueurs. Je sais à quel point ils aiment ce sport, et nous ferons tout pour nous dépasser lors de la CAN »,

Enfin, Thierry Mouyouma a adressé un « immense merci » aux supporters gabonais, saluant leur soutien constant malgré les difficultés rencontrées : « Ils nous poussent à donner le meilleur de nous-mêmes. »

Malgré la désillusion, le staff et les joueurs semblent déjà tournés vers la suite, avec l’ambition de transformer cette défaite en moteur pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations.

Gabon Telecom : révélations judiciaires, précarisation sociale et opportunité historique pour l’État gabonais

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Des informations récentes liées à l’affaire Sylvia Bongo et Noureddine Bongo Valentin, notamment l’aveu de l’ancien Directeur Général des Impôts, affirmant avoir réduit illégalement la dette fiscale de Gabon Telecom, viennent profondément bouleverser le dossier qui oppose les travailleurs temporaires à Gabon Telecom (entreprise utilisatrice) et à Intérim Service Plus (entreprise de placement de personnel temporaire).

Ces deux entités sont, il faut le rappeler, coresponsables, conformément à l’article 31 du Code du travail gabonais, qui établit clairement la responsabilité conjointe de l’entreprise utilisatrice et de l’entreprise de placement en cas de violation des règles encadrant le travail temporaire.

Ces révélations renforcent, de manière incontestable, la position des travailleurs précarisés, longtemps ignorés, et démontrent que le litige social s’inscrit désormais dans un contexte beaucoup plus large de dérives et de manquements systémiques.

Selon les articles 31 à 39 du Code du travail, plusieurs travailleurs affectés par Intérim Service Plus au sein de Gabon Telecom, et occupant des postes à caractère permanent, auraient dû être requalifiés en CDI. Ce manquement constitue une faute partagée entre les deux entreprises :

•⁠  ⁠Intérim Service Plus, pour avoir prolongé indûment des missions temporaires ;

•⁠  ⁠Gabon Telecom, pour avoir utilisé abusivement ces travailleurs sur des postes relevant normalement de son personnel permanent.

Pourtant, au lieu d’assumer cette coresponsabilité légale, les deux entreprises ont laissé des licenciements abusifs se produire, plongeant des familles gabonaises dans la précarité.

Le Tribunal du travail, malgré la clarté de la loi, a paradoxalement choisi de soutenir la position de Gabon Telecom, légitimant ainsi un système d’impunité sociale désormais exposé au grand jour.

Aujourd’hui, il faut souligner un paradoxe éclatant : depuis la privatisation, Gabon Telecom a enregistré des chiffres d’affaires additionnels énormes, cumulant des centaines de milliards de francs CFA, sans que ces profits colossaux n’aient servi à améliorer la situation de ses employés ou à régulariser ses obligations fiscales et sociales.

Comment expliquer qu’une entreprise générant de tels profits refuse de régler un dossier social pourtant évident, tout en bénéficiant, selon les révélations judiciaires, d’arrangements fiscaux illégaux ?

Un opérateur déjà sous pression réglementaire : la mise en demeure récente de l’ARCEP

À ces dérives sociales et fiscales s’ajoute désormais un autre lourd grief : la mise en demeure récente de l’ARCEP contre Gabon Telecom, pour manquements graves à ses obligations de qualité de service et de couverture.

Cette décision confirme que les difficultés de Gabon Telecom ne se limitent pas aux aspects fiscaux ou sociaux : elles touchent également aux engagements envers les consommateurs et l’État.

Un moment décisif pour l’État gabonais

Dans ce contexte, l’État gabonais détient aujourd’hui une opportunité historique : celle de revisiter, auditer et dénoncer si nécessaire la procédure de privatisation de Gabon Telecom.

Il est légitime de s’interroger : comment une entreprise privatisée peut-elle se permettre d’enfreindre simultanément la loi fiscale, la loi sociale et désormais les obligations réglementaires, tout en récoltant d’énormes bénéfices, dans un secteur stratégique comme les télécommunications ?

La privatisation de Gabon Telecom s’est traduite par :

•⁠  ⁠une captation privée des bénéfices,

•⁠  ⁠une précarisation massive des travailleurs gabonais,

•⁠  ⁠et un affaiblissement du contrôle de l’État sur un secteur vital.

Les révélations actuelles offrent donc au gouvernement les leviers pour :

•⁠  ⁠Auditer la privatisation,

•⁠  ⁠Identifier les responsabilités politiques, administratives et économiques,

•⁠  ⁠Corriger les injustices sociales,

•⁠  ⁠Réparer les préjudices fiscaux,

•⁠  ⁠Et, au regard des violations constatées, dénoncer les accords passés qui ont conduit à cette dérive.

Pour la justice sociale, la souveraineté et pour le Gabon

L’affaire des travailleurs temporaires dépasse désormais la dimension du droit du travail :

c’est un test pour l’État, pour la justice, et pour la souveraineté du pays.

Elle symbolise la confrontation entre un Gabon nouveau, attaché à la transparence et à la justice, et un système ancien qui a précarisé ses enfants et pillé ses ressources.

L’heure est venue de restaurer la dignité des travailleurs, l’autorité de la loi et l’intégrité de l’État.

Jocelyn Louis NGOMA

Secrétaire Général de la FETRAG

Certifié ACTRAV / OIT

Partenariat ministère-EDG : des épiceries aux garages pour l’auto-emploi national

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Gninga Chaning Zenaba, ministre de l’Entrepreneuriat, du commerce et des PME/PMI, a échangé le 13 novembre avec l’administrateur directeur général de l’entreprise de microcrédit Epargne et développement du Gabon (EDG) afin d’explorer de nouvelles pistes de collaboration pour dynamiser l’entrepreneuriat national. Une rencontre stratégique qui vise à consolider l’inclusion économique, stimuler l’auto-emploi et renforcer l’impact social des initiatives portées par les acteurs nationaux.

Lors de cette séance EDG a présenté ses projets phares, dont « Épicerie Gab », une initiative destinée à soutenir les nationaux dans l’ouverture d’épiceries de proximité, et le lancement récent d’une quarantaine de taxis dans le Haut-Ogooué, attribués exclusivement à des Gabonais. L’entreprise a également mis en avant l’obtention de la certification ISO et la perspective de créer des garages automobiles nationaux pour former des jeunes mécaniciens.

Ces initiatives, saluées par la ministre, s’alignent pleinement sur les ambitions du gouvernement et reflètent l’esprit du Pilier 2 du Plan stratégique nouvel édifice, consacré au soutien à l’entrepreneuriat local et au renforcement de la souveraineté économique. En garantissant un accompagnement structuré, EDG contribue à la création d’activités génératrices de revenus, à la professionnalisation des porteurs de projets et à l’accessibilité aux services essentiels pour les populations.

Cette rencontre témoigne d’une volonté partagée d’unir les efforts pour bâtir un écosystème entrepreneurial plus solide, inclusif et durable. Ces synergies entre le secteur public et les acteurs financiers nationaux visent ainsi à réduire le chômage, stimuler l’innovation locale et renforcer la prospérité sociale et économique du Gabon.

Pour moderniser son transport public, le Gabon explore un partenariat stratégique avec TK XPORT LLC

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Le ministre d’État, ministre des Transports, de la marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a reçu le 13 novembre une délégation de Tk Xport Llc, société internationale établie à Dubaï. Les échanges ont porté sur les besoins prioritaires du pays en matière de transport public et sur les opportunités d’un partenariat industriel durable.

Cette rencontre, inscrite dans un cadre exploratoire, avait pour objectif d’identifier les leviers permettant de moderniser et de renforcer l’efficacité du transport public au Gabon. La délégation de Tk Xport Llc a présenté une offre intégrée comprenant l’installation d’une usine d’assemblage de bus, un dispositif de service après-vente, ainsi qu’un programme de formation destiné aux techniciens gabonais. Un accent particulier a été mis sur l’emploi d’une main-d’œuvre locale, gage d’impact social direct pour les communautés.

Forte de son expérience au Sénégal, en Gambie et en Sierra Leone, la société a réaffirmé sa volonté de mettre son expertise au service du Gabon, en partenariat avec Ashok Leyland, l’un des leaders indiens de l’assemblage et de la vente de véhicules. Cette collaboration potentielle ouvre la voie à un transfert de compétences, à la création d’emplois qualifiés et au renforcement des capacités industrielles du pays.

En clôturant les échanges, le ministre d’État a rappelé l’importance que le président de la République, accorde aux projets concrets à fort impact économique et social. Il a également insisté sur la nécessité d’inscrire toute initiative dans le strict respect de la réglementation nationale, afin de garantir un développement durable et cohérent du secteur des transports.

600 millions, 25 villas… : l’ex-dircab de Noureddin Bongo acculé par les chiffres de sa fortune

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Corruption, détournement et réseau d’influence : l’ancien directeur de cabinet de Noureddin Bongo, Ian Ghislain Ngoulou, a fait face à un interrogatoire serré lors du quatrième jour du procès. Ses révélations mettent en lumière la constitution d’un patrimoine colossal et des transactions suspectes.

Le procès de l’ancien cercle rapproché du pouvoir déchu d’Ali Bongo Ondimba a atteint un point culminant le 13 novembre avec la comparution très attendue de Ian Ghislain Ngoulou. Poursuivi pour crime et une litanie de délits graves – notamment le détournement de fonds publics, la concussion, la corruption, le blanchiment de capitaux et l’association de malfaiteurs – il est apparu comme l’une des figures centrales du système de prédation présumé.

Un patrimoine indéfendable

L’instruction à la barre a mis en lumière la disproportion flagrante entre ses revenus déclarés et son patrimoine tentaculaire. Le président de la Cour criminelle, Jean Maixent Essa Assoumou, a interpellé Ian Ghislain Ngoulou : « C’est votre salaire de 2 millions et vos primes de 20 millions qui ont permis de constituer tout ce patrimoine ? ».

Les montants présentés par le ministère public sont éloquents. Les enquêteurs ont découvert plus de 600 millions de FCFA répartis sur deux comptes dans une seule banque, alors même que l’accusé dispose de comptes dans bien d’autres, ainsi que 100 millions de FCFA sur le compte de son épouse, dont le salaire mensuel n’était que d’environ 500 000 FCFA. Plus troublant encore, un dépôt notable de 100 millions de FCFA a été relevé sur l’un des comptes de ses enfants.

Sur le plan matériel, le patrimoine de l’ancien directeur de cabinet du fils d’Ali Bongo comprend une vingtaine de villas ainsi qu’une dizaine de voitures de luxe. L’accusé a tenté de justifier cette fortune par des primes liées au versement de bonus par des sociétés pétrolières, une explication que la Cour peine visiblement à accepter comme seule source d’enrichissement.

Le réseau d’influence et l’aveu de corruption

Au-delà des comptes bancaires, l’instruction a décortiqué la toile d’influence tissée par Ian Ghislain Ngoulou. Il aurait utilisé sa position pour placer ses proches à des postes clés de l’administration, afin de solliciter des avantages, cimentant ainsi son pouvoir et ses sources de revenus illicites.

L’infraction de corruption a pris une tournure dramatique avec les révélations concernant la nuit précédant le coup d’État du 30 août 2023. Ian Ghislain Ngoulou a finalement avoué avoir été chargé par Noureddin Bongo de remettre une valise contenant 500 millions de FCFA à un représentant de la majorité au Conseil gabonais des élections (CGE). Bien que l’accusé ait affirmé ne pas connaître l’utilité finale de cet argent, le ministère public a clairement établi que cette transaction visait à corrompre des membres du CGE en pleine tension électorale.

Avec six infractions à son actif, Ian Ghislain Ngoulou aura bien du mal à s’en tirer à bon compte. S’il est reconnu coupable, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle et une amende de 100 millions de FCFA. Le verdict, très attendu, interviendra après les réquisitions du procureur et les plaidoiries des avocats.

Ce vendredi est particulièrement chargé d’intérêt avec l’instruction impliquant huit autres accusés dont Jessy Ella Ekogha et Mohamed Ali Saliou, respectivement Conseiller spécial porte-parole et directeur de cabinet adjoint du président déchu.

Crise à la CDC : le SYLTRA dépose un préavis de grève pour éviter la « banqueroute »

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Le Syndicat Libre des travailleurs de la Caisse des dépôts et consignations (SYLTRA-CDC) est monté au créneau le 13 novembre en déposant un préavis de grève sur la table de l’Administrateur directeur général (ADG), Marius Issa Nkori. Devant le siège de l’institution à Rénovation, au centre-ville, le Secrétaire général Anse Parfait Ango a lu une déclaration accablante, égrenant une série de griefs sérieux contre l’actuelle gestion de la CDC.

Le syndicat dénonce une « gouvernance défaillante » qui se traduit par un déclin des activités et une stagnation du développement de l’établissement. Au-delà des problèmes financiers (masse salariale en augmentation, quasi-absence de recettes, recrutements massifs et injustifiés), le SYLTRA-CDC pointe du doigt la détérioration du climat social, parlant d’une « crise sociale latente » et d’une perte de crédibilité.

Cette chienlit installée au sein de l’établissement se manifeste par des tensions extrêmes au point d’enregistrer des incidents de discipline majeurs. Récemment, l’institution aurait été le théâtre d’une violente altercation physique opposant une directrice à l’assistante personnelle de l’ADG, un scandale qui met en lumière la désorganisation et le manque d’autorité, et au centre duquel se trouverait l’actuel ADG. « Depuis plusieurs années, nous n’avons eu de cesse d’alerter la haute hiérarchie sur les actions des responsables managers appelés à gérer cette institution », a affirmé Anse Parfait Ango.

Primes abusives et rupture du dialogue

Au cœur des préoccupations syndicales, la politique de gestion des ressources humaines et financières est vivement critiquée. Le Secrétaire Général a déclaré que la gestion actuelle se caractérise par une « masse salariale en augmentation, quasi absence de recettes, recrutement massif et non justifié, primes illégales et abusives perçues par les membres du top management ».

Malgré les interpellations répétées, le SYLTRA-CDC a regretté que la direction générale n’ait pas été coopérative, s’obstinant dans le « déni de la réalité » et faisant preuve d’un « mépris total des partenaires sociaux ». Face à ce constat et à l’échec des démarches de dialogue, les salariés, réunis en assemblée générale le 5 novembre, ont voté majoritairement pour le dépôt de ce préavis de grève.

L’objectif de cette action est clair : « protéger l’institution des risques de banqueroute », a souligné Anse Parfait Ango. Le syndicat cherche à défendre les intérêts matériels et moraux des employés, à préserver leurs emplois et à « redorer le blason de la CDC ».

Tout en lançant ce mouvement, le SYLTRA-CDC a assuré rester attaché au dialogue social et a appelé « vivement les plus hautes autorités à se pencher sur la situation véritable de la CDC ».

SIENFP : les inspecteurs de l’Education nationale rejoignent la scène syndicale gabonaise

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Le Syndicat des Inspecteurs de l’Education nationale et de la formation professionnelle (SIENFP) a tenu sa sortie officielle ce jeudi 13 novembre 2025 à Libreville. Une étape hautement symbolique pour ce corps d’expertise longtemps resté sans représentation syndicale propre. Les inspecteurs entendent désormais faire entendre leur voix dans le débat sur la refondation du système éducatif gabonais.

Créé le 6 août 2025 et reconnu par la mairie de Libreville, le SIENFP se veut un acteur légitime du dialogue social au sein du secteur éducation. Il a pour mission de défendre les intérêts matériels et moraux des inspecteurs, améliorer leurs conditions de travail et promouvoir la formation continue.

« Trop longtemps, vos droits ont été ignorés », a rappelé Alfred Engone, représentant de la Conasysed, lors de son allocution d’ouverture. Et d’ajouter avec gravité : « L’éducation est la colonne vertébrale de notre nation, et les inspecteurs en sont les garants. » Pour lui, la création de ce syndicat marque la fin d’une indifférence institutionnelle vis-à-vis d’un corps pourtant essentiel au bon fonctionnement du système éducatif.

Un syndicat né de la responsabilité et du réalisme

Le secrétaire général du nouveau syndicat, Loïc Moudounga, a présenté cette initiative comme « l’entrée publique d’un corps d’expertise dans l’espace éducatif national ». « Nous ne venons pas prendre une place, nous venons combler un vide », a-t-il affirmé. Selon lui, l’inspection, pilier de la qualité et de la transparence dans l’éducation, ne pouvait plus rester sans représentation.

SIENFP : les inspecteurs de l’Education nationale rejoignent la scène syndicale gabonaise
Un public mobilisé pour accompagner l’entrée du SIENFP dans le paysage éducatif.

Revenant sur la chronologie, il a rappelé que l’Assemblée générale constitutive du syndicat avait eu lieu le 11 juin 2025, suivie du dépôt officiel du dossier administratif auprès de la commune de Libreville, sous le récépissé n° 00004/PE/CL/SG/DKJC/SL.

Par ailleurs, le SIENFP inscrit son action dans la dynamique impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour une école restaurée, sécurisée et performante.

Dans son discours, Loïc Moudounga a souligné que « l’on ne peut pas prôner la qualité et laisser sans moyens ceux qui la contrôlent ».

Pour lui, la revalorisation du statut des inspecteurs, la dotation en moyens logistiques adéquats et la prise en compte effective des rapports d’inspection constituent des conditions essentielles à la réussite des réformes éducatives en cours. « Si la Ve République veut une école forte, elle doit vouloir des inspecteurs forts », a-t-il martelé, appelant à une véritable cohérence entre le discours politique et la réalité du terrain.

Un acteur désormais incontournable du système éducatif

Avec cette sortie officielle, le SIENFP s’impose comme un nouvel interlocuteur clé du secteur éducation.

Le syndicat entend œuvrer pour une école gabonaise plus juste, plus performante et mieux gouvernée. « Quand il sera question de normes, d’évaluation et d’accompagnement des réformes, il faudra parler avec nous », a conclu Loïc Moudounga, sous les applaudissements nourris des participants.

Par cette initiative, les inspecteurs d’Education nationale affirment leur volonté de participer pleinement à la transformation du système éducatif, aux côtés des autres acteurs institutionnels et syndicaux.