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Editorial : Qui parle au nom de la République ?

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Depuis trois semaines, une vague de grippe banale frappe le Gabon et un silence assourdissant du ministère de la Santé. Puis, surgissant non d’une tribune officielle, mais d’une page Facebook personnelle, la bombe : l’annonce par le Dr Wenceslas Yaba, Conseiller spécial du président de la République, chef du Département Santé et Affaires sociales et Coordonnateur national du SAMU social, d’un retour de la COVID, d’un « COVID FRANKENSTEIN ». L’effet fut instantané : psychose, ruée sur les pharmacies, pays en émoi.

Ce qui devait être un acte de transparence se révèle être une magistrale leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Deux scandales éclatent au grand jour. Le premier est institutionnel : pourquoi un conseiller, sans portefeuille ministériel, sans légitimité exécutive, s’érige-t-il en ministre de la Santé bis ? Où était le titulaire du poste ? Cette confusion des rôles et cette porosité alarmante entre la présidence, le gouvernement et des entités parallèles sapent la crédibilité de l’État. Elle pose une question simple : qui gouverne ? Qui parle au nom de la République ?

Sans le moindre cadre officiel rassurant

Le second scandale est humain. Après le cauchemar sanitaire des années 2020-2022, marquées par la peur et les restrictions, évoquer ainsi, sans le moindre cadre officiel rassurant, un nouveau variant, c’est jouer avec les nerfs d’une population encore traumatisée. La réaction tardive du ministère, balayant d’un communiqué les déclarations de M. Yaba et « son » Covid Frankenstein, n’a fait qu’entériner son propre manque de réactivité et de leadership préventif.

Cette séquence est le symptôme d’une maladie profonde : la paralysie de la communication d’État. Lorsque les porte-paroles attitrés se taisent, la parole officieuse, aventurière et anxiogène, s’engouffre dans le vide. Si la communication gouvernementale reste aussi inefficace, des Yaba naîtront de partout, semant la confusion et l’inquiétude. Plus grave : quand la parole du ministre devient inaudible, noyée dans un brouhaha de déclarations concurrentes, c’est l’autorité de l’État tout entier qui s’effrite.

Du coup, le président de la République, Oligui Nguema a le devoir urgent de recadrer fermement ses collaborateurs et de restaurer une chaîne de parole claire, unique et responsable. Car, comme on le dit prosaïquement, la voix du commandant doit être authentique et unique ; si elle est mal rapportée ou multipliée, les ordres se contredisent, la confiance s’érode et l’autorité se dissout. Le chaos communicationnel d’aujourd’hui préfigure le chaos politique de demain. Il est temps que l’État retrouve sa voix. Une seule. Et qu’elle soit la bonne.

FrancevilleLand : le nouveau souffle récréatif et culturel du Haut-Ogooué

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Entre modernité, divertissement et essor économique, Franceville s’offre un parc inédit qui ambitionne de devenir la vitrine touristique du Sud-Est gabonais.

Franceville a vibré, le dimanche 30 novembre 2025, au rythme d’un événement attendu : l’inauguration officielle de FrancevilleLand, premier parc de loisirs moderne de la capitale provinciale du Haut-Ogooué. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema, a coupé le ruban de cette infrastructure qui suscite déjà un large engouement populaire.

Fruit de 18 mois de travaux réalisés par l’entreprise gabonaise GIBTP, FrancevilleLand s’inscrit pleinement dans la vision présidentielle de revitalisation des territoires. À travers l’aménagement d’espaces urbains attractifs, de lieux de détente et de valorisation culturelle, le chef de l’État entend insuffler une dynamique nouvelle dans les provinces.

Conçu comme un pôle multifonctionnel, FrancevilleLand rassemble un ensemble d’équipements pensés pour tous les publics : stands modernes, zones d’attractions, espaces gastronomiques, marchés artisanaux, scènes culturelles et compétitions sportives. Un véritable écrin de divertissement destiné autant aux familles qu’aux visiteurs venus découvrir le Haut-Ogooué.

Soutenu par le ministère de l’Économie et des Participations, le projet est également porteur d’enjeux socio-économiques majeurs. Il devrait générer de nombreux emplois directs et indirects, stimuler l’activité entrepreneuriale locale et renforcer l’attractivité de Franceville comme destination touristique et commerciale de premier plan.

Symbole d’un Gabon en transformation, FrancevilleLand matérialise la volonté du Président Oligui Nguema de bâtir un pays moderne, prospère et équitable. Il représente l’une des concrétisations du Pilier 2 – Entrepreneuriat et Employabilité des Jeunes inscrit dans son projet de société.

Le Gouvernement annonce d’ailleurs la reproduction de projets similaires ailleurs dans le pays, afin de faire du loisir un véritable levier de développement économique et social au service de toutes les provinces.

Retour du Covid : Dr Yaba alerte, le ministère minimise

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L’alerte d’un retour d’une vague de Covid-19, sous la forme du variant XFG, surnommé « Frankenstein », secoue le pays. L’information n’a pas été diffusée par les canaux officiels, mais par une vidéo virale du Dr. Wenceslas Yaba, Coordonnateur général du Samu social gabonais. Cette sortie non protocolaire a contraint le ministère de la Santé à publier un communiqué pour rassurer, bien qu’il ait confirmé la présence du virus.

Depuis près d’un mois, un nombre croissant de Gabonais se plaignent d’une « grippe » particulièrement forte et persistante. Malgré ces plaintes et le constat de professionnels de santé sur le terrain, aucune communication officielle n’avait été émise pour informer ou rassurer la population sur cette recrudescence de symptômes respiratoires.

L’alerte du terrain face au silence

Il a fallu l’intervention du Dr. Yaba pour déclencher une réaction officielle. Le médecin a simplement exposé la réalité. « Cette fameuse grippe qui est là depuis trois semaines, c’est la Covid. COVID Frankenstein, un variant récent », a affirmé le Dr. Yaba. S’appuyant sur les tests positifs effectués au Samu (une trentaine de cas au siège, soit une quarantaine au total), il a légitimement tiré la sonnette d’alarme.

Il est essentiel de noter que le variant XFG n’est pas une invention. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé sa circulation depuis septembre dans plusieurs pays, notamment en France. Compte tenu des flux constants entre le Gabon et l’Hexagone, sa présence sur le territoire national n’est pas surprenante. Le Dr. Yaba a d’ailleurs tempéré en relevant comme l’OMS que le XFG « n’est pas tout aussi létal que les autres, mais il est tout à fait dangereux ». Il a appelé au calme, tout en insistant sur le respect des gestes barrières et la consultation en cas de symptômes.

Les chiffres du ministère : une méthode qui interroge

Le ministère de la Santé a finalement publié un communiqué pour rassurer, affirmant que la situation nationale « demeure sous contrôle » et ne présente « aucun caractère alarmant ».

Le communiqué, qui confirme la présence du Sars-Cov, met en lumière un décalage entre la surveillance et l’ampleur potentielle du phénomène.

Il indique que 45 594 cas suspects de grippe ont été enregistrés entre janvier et novembre 2025. Cependant, sur cet ensemble massif, les analyses n’ont été réalisées que sur un échantillon de 401 personnes. Ces tests ont révélé 17 cas positifs au Sars-Cov 2 (Covid) et 45 cas de grippe saisonnière. Cette méthodologie d’échantillonnage soulève une question fondamentale : si le ratio de 17 cas positifs est maintenu, le nombre réel de personnes infectées pourrait être bien supérieur aux chiffres officiels.

Le ministère maintient que la Covid-19 est désormais à caractère endémique et ne constitue « pas une urgence de santé publique ». Il appelle à la vigilance et au respect des gestes barrières habituels.

En l’absence de communication proactive sur la vague de grippe observée, l’alerte lancée par Dr. Yaba apparaît comme un catalyseur nécessaire, rappelant l’importance de la transparence et de la réactivité des autorités sanitaires.

Mali : « Digihakew » mise sur la réforme légale et l’éducation pour sécuriser les défenseurs des droits humains

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L’Alliance des jeunes pour la sauvegarde des acquis démocratiques (AJSAD) a organisé, le 28 novembre 2025, une table ronde majeure dans le cadre de son projet « Digihakew » (Digital et Hakew signifiant droits). L’événement a mis en lumière la nécessité d’une réforme législative couplée à une éducation numérique pour renforcer la protection des défenseurs des droits humains au Mali.

« Cette rencontre se veut avant tout un cadre d’échanges, de dialogue et de concertation », a déclaré le président par intérim de l’AJSAD, Ousmane Sagara, soulignant l’importance de l’engagement citoyen et du partenariat pour surmonter les défis nationaux.

Le coordonnateur de « Digihakew », Youssouf Poudiougo, a précisé l’objectif du projet : renforcer les capacités des citoyens maliens dans le but de lutter contre la désinformation, de promouvoir un espace numérique ouvert et accessible, et de favoriser l’exercice du droit de participation à la gouvernance démocratique.

Double action : droit et savoir

Analysant le contexte juridique et institutionnel du Mali, l’AJSAD a identifié un double défi à relever. Le projet « Digihakew » s’articule ainsi autour de trois axes fondamentaux – le plaidoyer, l’éducation et le dialogue – visant d’abord à proposer des avancées en termes de réformes juridiques et institutionnelles, et ensuite à travailler sur le volet éducation.

L’éducation numérique, pilier central, dépasse la simple utilisation des outils. Youssouf Poudiougo a insisté sur l’intégration de la connaissance des droits numériques. « Pour que nous, citoyens, puissions exercer nos droits tout en respectant les textes et les droits ou libertés de nos concitoyens. », a-t-il indiqué.

En proposant cette approche globale, « Digihakew » ambitionne de produire des impacts concrets et mesurables en faveur des populations.

Exclusif : Le ministre Ogowe Siffon intercepté sur la Nationale 1

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Le dossier de la gestion des 10 milliards de FCFA pour la relance du tourisme a connu une accélération spectaculaire. Le ministre du Tourisme, Pascal Ogowe Siffon, aurait été appréhendé par les forces de sécurité sur la Nationale 1 alors qu’il tentait de quitter Libreville. Cette interpellation, liée à l’enquête sur l’opacité des fonds, s’est soldée par son placement en résidence surveillée pour les besoins des investigations, selon des sources concordantes. L’intervention des autorités confirme la gravité de cette affaire de malversations présumées.

Gabon : CECA-GADIS lance le modèle « Propriétaire Partenaire Affilié » pour sauver les commerces de proximité

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Face à la fermeture de plusieurs magasins, l’enseigne gabonaise propose une alternative innovante qui mise sur l’entrepreneuriat local et la lutte contre la vie chère.

Le groupe de distribution CECA-GADIS avait annoncé, lors de son dernier Conseil d’administration, la fermeture de plusieurs magasins de proximité à travers le pays (Cecado, Gaboprix, etc.), réduisant ainsi son réseau de 103 magasins à environ 60, rapporte le quotidien L’Union. Une décision lourde de conséquences, qui marque un repositionnement profond de l’entreprise. C’est alors une adaptation face à un modèle de gestion vieillissant- gérant mandataire- et ce dans un contexte économique national tendu.

Dans cette dynamique de restructuration, la CECA-GADIS, acteur majeur du commerce de détail au Gabon, amorce désormais un tournant stratégique. Dans un communiqué officiel, que Gabonclic.info a obtenu une copie, l’entreprise confirme la fermeture de plusieurs points de vente, tout en dévoilant une alternative inédite destinée à redéfinir son modèle opérationnel : le système Propriétaire Partenaire Affilié (PPA).

Selon l’Administrateur Directeur Général, Isabelle Essonghe, cette formule « empreinte d’agilité est adaptée pour les petites structures tenues par des personnes physiques ou morales ». Concrètement, CECA-GADIS se dessaisira de la gestion directe de certaines succursales, ouvrant la voie à des entrepreneurs locaux qui pourront reprendre les locaux libérés ou s’installer ailleurs dans les communes et collectivités.

Un modèle pensé pour l’entrepreneuriat et la jeunesse

L’objectif est double : maintenir une offre commerciale de proximité et encourager l’initiative privée. Le communiqué précise que « l’entreprise tient à perpétuer par les personnes qui prendront sa relève… les valeurs cardinales du commerce formel, par le respect des bonnes pratiques et du bon rapport qualité-prix ».

Le PPA se veut une réponse stratégique à la modernisation du commerce, tout en suscitant « l’intérêt de la jeunesse pour l’entrepreneuriat ». Cette orientation s’inscrit dans la volonté du gouvernement de soutenir les activités génératrices de revenus et d’éviter « les déserts alimentaires dans le cadre de la politique d’aménagement du territoire et de développement local ».

Un accompagnement technique et commercial

Les futurs partenaires ne seront pas livrés à eux-mêmes. CECA-GADIS s’engage à transmettre son savoir-faire reconnu, en conseillant les exploitants sur les normes et standards des boutiques modernes, le matériel à acquérir, les aménagements, ainsi que la gestion des commandes et du suivi client.

Le communiqué insiste : « Par son accompagnement, la CECA-GADIS s’engage à transmettre à ces entrepreneurs locaux ses compétences, son savoir-faire reconnu tant au niveau national qu’international ».

Les magasins exploités sous ce modèle porteront le nom commercial du partenaire, combiné à la mention du partenariat CECA-GADIS, garantissant ainsi une visibilité et une crédibilité accrues.

Calendrier et modalités pratiques

Le dispositif sera opérationnel à la fin du premier trimestre 2026. Dès le 5 janvier 2026, une adresse mail dédiée (ppa@cecagadis.com) permettra aux personnes physiques ou morales intéressées de manifester leur intérêt et de remplir un document d’informations précontractuelles.

Parallèlement, une campagne de vulgarisation sera menée par une équipe spécialisée, avec l’ouverture d’un bureau d’accueil et l’utilisation de divers supports de communication. Les candidats auront accès aux termes contractuels, à la charte commerciale, aux conditions minimales de surface et de réserve, ainsi qu’aux aspects informatiques, comptables et commerciaux.

Une opportunité pour les communautés locales

En promouvant ce système innovant, CECA-GADIS espère favoriser « l’émergence d’une classe d’hommes et de femmes d’affaires locaux ou de groupements de droit gabonais régulièrement constitués ».

Le PPA va donc au-delà d’une alternative à la contraction du parc de magasins, car bien mené et en cohérence avec la vision du Gouvernement , il participerait en renforçant du tissu économique local , tout en contribuant au mieux à la lutte  contre la vie chère.

Avec le modèle PPA, CECA-GADIS transforme une contrainte en opportunité et se réinvente : la fermeture de magasins devient le tremplin d’une nouvelle génération d’entrepreneurs gabonais, armés de l’expérience et du soutien d’une enseigne nationale historique. Mieux, avec le PPA, CECA-GADIS ne se retire pas, mais transforme son modèle pour renforcer sa présence via un réseau d’entrepreneurs locaux.

« Kimba » : un mot nzebi pour dire l’ambition numérique du Gabon

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Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a officiellement lancé, le 28 novembre 2025, la plateforme Kimba. Un choix de nom loin d’être anodin : en langue nzebi, kimba signifie « se mouvoir, aller, avancer… innover ». Un mot-action qui devient la boussole symbolique de la stratégie numérique du Gabon.

La plateforme a été conçue pour accompagner la digitalisation de tous les secteurs d’activité. Les grandes entreprises pourront y exprimer leurs besoins en transformation digitale, tandis que les start-ups disposeront d’un espace pour proposer leurs solutions. Grâce à une interconnexion intelligente entre ces deux univers, Kimba permettra la mise en relation directe des besoins et des solutions, la création de partenariats concrets, la valorisation des innovations locales, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et, plus largement, le renforcement de l’écosystème numérique national.

Lors de la présentation, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation a rappelé que « Kimba n’est pas simplement une plateforme numérique, mais un instrument stratégique qui crée un pont entre les grandes entreprises et les start-ups gabonaises pour répondre ensemble aux défis de la digitalisation ».

"Kimba" : un mot nzebi pour dire l’ambition numérique du Gabon
Vers une transformation numérique pensée par et pour les Gabonais.

En adoptant un terme issu d’une langue nationale, le ministère ancre la transition digitale dans une identité gabonaise. Kimba ne renvoie pas seulement à une technologie, il traduit l’ambition d’un pays qui entend avancer, sortir de l’immobilisme et bâtir une innovation forte, enracinée dans ses propres réalités et au service de son économie et de ses acteurs.

Polémique des maillots : le président de la Fegafoot accuse le staff des Panthères

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A travers une interview qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, le président de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), Pierre-Alain Mounguengui, est enfin revenu sur l’affaire des maillots jugés non conformes pour la CAN 2025 et refusés par la Confédération africaine de football (CAF). Contrairement à ce que beaucoup pensaient, il affirme que Puma n’est pas responsable. Selon lui, le véritable problème se trouve en interne, avec une gestion chaotique et des comportements abusifs au sein du staff technique des Panthères.

Très direct, Pierre-Alain Mounguengui n’a pas mâché ses mots. Il accuse certains membres du staff de faire pression sur le responsable du matériel pour récupérer des maillots et les offrir à leurs proches. Résultat : les stocks d’équipements disparaissent rapidement et les joueurs doivent parfois porter plusieurs fois les mêmes tuniques, faute de renouvellement.

Pour le président de la Fegafoot, ce genre de pratique est non seulement désorganisé, mais aussi moralement inacceptable : comment les cadeaux personnels peuvent-ils passer avant les besoins de l’équipe nationale ?

Ces révélations font grand bruit et pourraient créer des tensions au sein du staff des Panthères. Même s’il n’a cité personne, les déclarations du président pointent indirectement du doigt le sélectionneur Thierry Mouyouma et son encadrement. Ces accusations tombent au mauvais moment : l’équipe sort d’un échec lors des éliminatoires pour le Mondial, alors qu’elle se prépare à faire son retour en Coupe d’Afrique des nations.

Encore une fois, l’image du football gabonais se retrouve éclaboussée par une polémique dont il se serait bien passé.

Louis Patrick Mombo : Quatre ans déjà !

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Quatre ans jour pour jour après sa disparition, le 30 novembre 2021, la communauté éducative rend hommage à Louis Patrick Mombo, Délégué général de la Conasysed, figure majeure du syndicalisme gabonais et défenseur acharné des enseignants. Décédé à cinquante ans d’une crise de drépanocytose au Centre hospitalier universitaire de Libreville, il laisse derrière lui un héritage moral et professionnel qui continue d’inspirer le secteur éducatif.

Infatigable, intransigeant et d’une rigueur juridique rare, Louis Patrick Mombo aura consacré sa vie à dénoncer la précarisation des enseignants du primaire et du secondaire. Pendant des années, il aura affronté les lenteurs administratives, les suspensions de salaire, les mises sous bons de caisse et les multiples pressions destinées à faire taire les revendications de la Conasysed. Rien n’y fit : il ne recula jamais. « Faire entendre la voix des enseignants » n’était pas pour lui un slogan, mais un devoir.

Son combat, profondément humain, visait l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, mais aussi celles des élèves : salles de classe décentes, infrastructures rénovées, respect des carrières et stabilité professionnelle. Il était convaincu qu’aucune réforme ne pouvait réussir sans dignité accordée à ceux qui portent l’école au quotidien.

La reconnaissance institutionnelle ne s’est pas fait attendre. Le lycée Akebe-Ville de Libreville porte aujourd’hui son nom, un hommage qui rappelle la noblesse d’un parcours marqué par le courage, la connaissance pointue des textes juridiques et une loyauté sans faille envers la base enseignante.

En ce 4ᵉ anniversaire de sa disparition, enseignants, syndicalistes et citoyens saluent un homme de valeurs, un pilier du mouvement éducatif, un combattant qui n’aura vécu que pour une cause : défendre l’école publique gabonaise et ceux qui la font vivre. Sa voix s’est tue, mais son combat demeure, intact, nécessaire, urgent.

Quatre ans après, la mémoire vive de Louis Patrick Mombo : Quatre ans déjà ! continue d’éclairer l’école publique

Éducation : Grève de 8 jours au complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe

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Alors que l’année scolaire 2025-2026 avait débuté sans incident majeur, le complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe (CES et lycée) de Nzeng Ayong se retrouve secoué par un mouvement d’humeur de ses enseignants. Ceux-ci ont adressé une correspondance, signée par 34 d’entre eux le 28 novembre 2025, annonçant la suspension des cours pour huit jours. Ils réclament notamment la régularisation de situations administratives, ainsi que le paiement des rappels de solde et des vacations du BEPC et du baccalauréat 2025.

Selon la note, cette décision fait suite à une assemblée générale tenue le jour même et consacrée à l’examen de leurs conditions de vie et de travail. Trois points cruciaux y ont été mis en avant : la régularisation des situations administratives, le paiement des rappels de solde et le paiement des vacations du BEPC et du baccalauréat (session 2025).

Face à l’inaction perçue et à l’urgence de leurs préoccupations, les enseignants ont ainsi décidé la suspension effective des cours allant du samedi 29 novembre au lundi 8 décembre 2025. Ils annoncent également qu’« une assemblée générale décisionnelle sera organisée le lundi 8 décembre 2025 à 11 heures au sein du complexe », pour la suite à donner au mouvement.

Une grève qui fragilise le calendrier scolaire et menace de s’étendre

Avec une suspension totale des cours durant huit jours pleins, le déroulement normal des enseignements est fortement compromis. Le calendrier scolaire étant déjà très structuré, la récupération de près d’une semaine de cours risque de devenir un casse-tête pédagogique, surtout dans un établissement à forte densité d’élèves.

Au-delà du seul complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe ce mouvement pourrait produire un effet de contagion, car les revendications soulevées concernent de nombreux enseignants à l’échelle nationale. D’autres établissements pourraient donc se sentir concernés et emboîter le pas.

Cette situation interpelle directement plusieurs administrations clés, notamment le ministère de l’Éducation nationale, le ministère des Finances et le ministère de la Fonction publique. En raison du caractère transversal des problèmes soulevés, le gouvernement est appelé à agir avec célérité afin d’éviter une amplification de la crise et de préserver la stabilité de l’année scolaire.