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[Éditorial] : Ramener la sérénité dans l’âme de la Nation

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Depuis l’annonce de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH), révélée au dernier Conseil des ministres et prévue pour 2026, le débat public s’est transformé en champ de tempêtes. Colère, incompréhension, théories du complot, accusations d’acharnement fiscal : une cacophonie nationale s’est installée, alimentée moins par le fond de la mesure que par une communication gouvernementale défaillante, incapable de prévenir l’onde de choc.

Soyons lucides : le gouvernement n’a pas su préparer l’opinion. Nulle part au monde un nouvel impôt n’est accueilli avec enthousiasme. Il évoque toujours le poids, la peur de l’asphyxie, le sentiment d’être dépouillé. La réaction des Gabonais était donc prévisible, presque mécanique. Le pouvoir, qui doit incarner l’apaisement, aurait dû expliquer, détailler, contextualiser. Or, au lieu de mettre en avant les objectifs et les bénéfices attendus, la communication s’est focalisée sur le prélèvement, aggravé par un système zonal perçu comme injuste.

Cette erreur stratégique a laissé un vide. Et ce vide, les réseaux sociaux l’ont rempli d’inquiétude, d’excès et de « poison ». Trop tard : les plateaux télé, les spots explicatifs n’ont fait que courir derrière un incendie déjà embrasé. Là où il fallait, dès le départ, nommer le problème que la taxe vient résoudre, rappeler la distinction entre impôt, taxe et redevance, et porter une pédagogie patiente, l’exécutif a choisi le silence… puis la précipitation.

L’histoire nous enseigne pourtant les risques d’une telle légèreté. Les « émeutes du pain » en Tunisie, en 1983-1984, déclenchées par la suppression brutale des subventions sur les produits céréaliers, montrent combien une population prise de court peut entrer en ébullition. Notre pays n’est pas préparé à un choc de cette nature. D’où la nécessité impérieuse de restaurer la confiance.

À ce titre, les propos d’Henri Claude Oyima ramènent un souffle d’apaisement : « Le Parlement n’a pas encore tranché… on attendra le moment où il décidera du niveau, de l’approche et des modalités de prélèvement ». Des paroles de sagesse, qui recentrent le débat sur l’essentiel : l’écoute, la mesure, la responsabilité.

Le Parlement porte désormais une mission cruciale : entendre le peuple, réexaminer la TFH avec rigueur, et surtout ramener la sérénité dans l’âme de la Nation. Parce qu’aucune réforme, aussi légitime soit-elle, ne peut prospérer sans l’adhésion de ceux qui en porteront le poids.

MADIGIPAIE : la BEAC salue l’innovation gabonaise

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Situation économique du Gabon et de la sous-région, rôle de la BEAC dans la stabilité financière et modernisation des paiements publics : tels ont été les principaux sujets abordés lors de l’audience accordée en fin de semaine par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, au Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui.

Cette rencontre a permis d’aborder en profondeur les enjeux économiques actuels de la sous-région, dans un contexte marqué par des tensions financières et la nécessité de consolider la stabilité monétaire. « Nous avons eu l’opportunité de parler de la situation économique sous-régionale, des perspectives, mais également des défis qui s’imposent aujourd’hui, et que nous, acteurs de la stabilité monétaire, avons ce rôle d’appui aux États », a souligné le Gouverneur de la BEAC.

Cette déclaration met en lumière le rôle stratégique de l’institution d’émission dans l’anticipation des risques économiques et le soutien aux politiques publiques nationales. Pour le Gabon, ce soutien s’avère déterminant dans la mise en œuvre des réformes engagées par les autorités, notamment celles visant à renforcer la gouvernance financière et à sécuriser les flux de paiement.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le programme MADIGIPAIE, salué par Yvon Sana Bangui comme une innovation structurante. Porté par le gouvernement gabonais avec l’appui de la BEAC, ce dispositif de modernisation des paiements publics, basé sur l’utilisation d’un QR Code, vise à améliorer la transparence, à réduire les risques de fraude et à renforcer l’efficacité de l’administration financière. « Et en ma qualité de gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, j’ai cette mission de rendre compte aux autorités pour pouvoir anticiper sur certains défis qui s’imposent à notre économie », a précisé Yvon Sana Bangui.

En confirmant son engagement aux côtés de l’État gabonais, la BEAC se positionne ainsi comme un partenaire clé dans la transformation du système de paiement et, plus largement, dans la consolidation de la stabilité macroéconomique.

Performance et redevabilité : Oyima trace la voie de l’excellence administrative

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Le gouvernement gabonais accélère sa mue vers l’efficacité. Sous l’autorité du vice-président Henri-Claude Oyima, le deuxième séminaire gouvernemental s’est tenu le dimanche 14 décembre à la résidence Maïsha pour définir la feuille de route 2026. Axée sur le triptyque « Performance de l’action publique, Efficacité budgétaire et Redevabilité », cette rencontre de haut niveau a formalisé les nouvelles exigences de transparence et l’obligation d’atteindre des résultats concrets, imposant une gestion rigoureuse et une meilleure reddition des comptes à tous les départements sectoriels.

Lors de ce Séminaire gouvernemental, le vice-président du gouvernement Henri-Claude Oyima a souligné la nécessité d’une action publique plus efficace, transparente et orientée résultats pour l’année 2026. Cette deuxième édition organisée par le Secrétariat général du gouvernement a été structurée en trois sessions distinctes pour balayer l’ensemble des enjeux.

La première session a été dédiée à la redevabilité, au bilan et aux perspectives. Ce fut l’occasion pour chaque département sectoriel de présenter l’état d’avancement des projets menés en 2025, de mettre en lumière les obstacles rencontrés et de définir les grandes priorités pour l’année à venir.

​Poursuivant l’objectif de gestion rigoureuse, la deuxième séquence s’est concentrée sur l’efficacité budgétaire. Les travaux ont insisté sur les principes de discipline financière à respecter l’an prochain, avec la présentation de procédures strictes visant à garantir une gestion optimale des ressources publiques.

Les membres du gouvernement réunis pour le séminaire stratégique.
Les membres du gouvernement réunis pour le séminaire stratégique.

​Enfin, la troisième session, consacrée à la performance de l’action publique, a été marquée par l’exposé du Secrétaire Général du Gouvernement, Abdu Razzaq Guy KAMBOGO, sur la méthodologie de travail à adopter. Il a détaillé les étapes pour renforcer l’efficacité de l’administration durant la période d’intérim et après le retour à la normalité institutionnelle.

À travers ces échanges, les autorités réaffirment leur détermination à faire de la performance publique un levier central de la modernisation de l’État et de l’amélioration continue des services rendus aux citoyens, conformément aux directives fermes du chef de l’État, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema.

CNAMGS : Oligui Nguema fixe les priorités du redressement

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Redonner confiance aux assurés, moderniser les services et rétablir une gouvernance claire : tels ont été les principaux axes abordés lors de l’audience, le 12 décembre, entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la nouvelle Directrice générale de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le professeur Béatrice Yvette Nguema Edzang.

Nommée récemment à la tête de cette institution stratégique, la Directrice générale est venue recueillir les orientations du chef de l’État pour une nouvelle gouvernance. L’enjeu est de taille : la CNAMGS est depuis plusieurs années marquée par une gestion catastrophique et opaque, avec des directions qui se succèdent rapidement, laissant les assurés délaissés et les services dysfonctionnels.

Le Président a rappelé sa vision pour redresser l’institution : améliorer la prise en charge des Gabonais économiquement faibles (GEF), renforcer la gouvernance, redresser les finances, moderniser les plateaux techniques et améliorer la gestion des évacuations sanitaires. Tout est à refaire pour que cette structure retrouve son rôle fondamental dans le système social du pays. « Aujourd’hui, les Gabonais sont avides de retrouver des prestations sanitaires et sociales efficaces, et donc les orientations portaient sur le rappel de la vision dans le cadre du renforcement de la protection sociale et du fonctionnement efficace de la CNAMGS », a déclaré la ministre des Affaires sociales, Nadine Nathalie Awanang.

Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de rétablir le capital confiance entre la CNAMGS, ses assurés et ses partenaires. « Nous savons tous que la CNAMGS est un levier important de la politique sociale de notre pays pour le bien-être des populations, et aussi pour lutter contre l’exclusion sociale, notamment par la maladie », a ajouté la ministre. La question des évacuations sanitaires a été particulièrement soulignée. « Le président de la République a insisté sur la question des évacuations sanitaires. Pour inverser la courbe, il faut effectivement améliorer les plateaux techniques de notre côté et tout ce qui va avec », a précisé Nadine Nathalie Awanang.

Cette audience traduit la volonté du chef de l’État d’impulser une nouvelle dynamique à la CNAMGS, afin de la rendre plus performante et transparente, et de restaurer le rôle central de l’institution dans la protection sociale des Gabonais.

Gabon : KAMITE 6262, la convention qui reconnecte le pays à ses racines antiques

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Les organisations Kamites du Gabon ont organisé, le 13 décembre au Musée national de Libreville, la première convention Kamite 6262 — ce nombre symbolique ferait référence à une période clé de l’histoire gabonaise et africaine selon les organisateurs. Cette rencontre visait à engager une réflexion sur la reconnexion du Gabon et de l’Afrique à leurs racines antiques, en plaçant l’héritage de l’Égypte ancienne, ou Kemet, au cœur des langues, des savoirs et des valeurs africaines.

Pour les organisateurs, cette démarche de réappropriation culturelle répond à une rupture historique. Selon eux, l’histoire africaine transmise par l’éducation moderne reste fragmentée, souvent limitée à la période coloniale ou postcoloniale, sans remonter aux civilisations fondatrices du continent. La convention entend ainsi restaurer une continuité historique afin de redonner aux Africains une conscience plus complète de leurs origines.

Réunis autour de cette ambition, les kamites ont présenté la convention comme un espace de transmission et de restauration des savoirs anciens. Pour le Pr. Savant Grégoire Biyogo, président d’honneur de la rencontre et figure reconnue du panafricanisme, l’enjeu dépasse le cadre culturel : « Le but étant que notre pays ait accès à la restauration des valeurs et s’appuie sur ces connaissances anciennes pour réussir son programme ».

La FENATRAG reconnecte le Gabon à ses racines antiques
Les Kamites reconnectent le Gabon à ses racines antiques.

Langue, histoire et identité au cœur des échanges

La question linguistique a occupé une place centrale dans les débats. Le Pr. savant Grégoire Biyogo a notamment soutenu que les langues africaines trouvent leur origine dans l’Égypte ancienne, défendant l’idée d’une continuité linguistique, philosophique et spirituelle à l’échelle du continent. Une démonstration qui a marqué les participants, à l’image d’Obame Essangui, r

« Nous avons compris que toutes les langues africaines tirent leur origine de là, et c’était vraiment extraordinaire », a affirmé Obame Essangui, représentant d’une association culturelle, marqué par la démonstration.

La convention a également permis de clarifier la notion de Kamite, issue du courant panafricain. Les intervenants ont expliqué que Kamites et traditionalistes poursuivent le même objectif de restauration des cultures ancestrales, la différence résidant dans la profondeur historique revendiquée. Les débats ont ainsi posé une question centrale : un peuple peut-il se construire durablement sans embrasser l’ensemble de son histoire ?

Une sélection d’œuvres illustrant l’héritage artistique et spirituel de lAfrique.
Une sélection d’œuvres illustrant l’héritage artistique et spirituel de l’Afrique.

Privat Ngomo, conférencier et militant Kamite, a proposé une définition engagée du terme. Dans son intervention, il a estimé que l’Africain moderne reste marqué par les traumatismes historiques et a déclaré qu’« un Kamite, c’est un Noir qui a décidé de ne plus être africain » (au sens de l’identité post-coloniale). Selon lui, redevenir Kamite revient à retrouver la conscience d’être à l’origine des premières civilisations humaines. « Cette civilisation est née sur la terre de Kama », a-t-il rappelé, soulignant que le terme Kamite désigne l’« homme de la terre noire ».

Au terme de la convention, les organisateurs ont annoncé plusieurs projets : la création d’un institut d’enseignement de l’Égypte ancienne, le développement de disciplines comme la médecine sacrée, ainsi qu’une plateforme destinée à relier les Kamites du Gabon à ceux d’Afrique et de la diaspora. En lançant Kamite 6262, les traditionalistes gabonais ouvrent ainsi un débat de fond sur la mémoire, l’identité et la place de l’histoire ancienne dans les dynamiques contemporaines de développement national.

« Missionnaires, pas démissionnaires » : la marche qui interpelle la conscience gabonaise

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L’Église internationale Nazareth, dirigée par le Révérend Pasteur Georges Bruno Ngoussi, a mobilisé le vendredi 12 décembre des dizaines de fidèles pour une marche prophétique sous le thème évocateur : « Nous ne sommes pas démissionnaires, nous sommes missionnaires ». Cette initiative spirituelle et citoyenne se tient dans un contexte de montée des violences au sein des écoles et des familles gabonaises.

Le cortège est parti de la Place de la Libération, au carrefour Camp-de-Gaulle, pour rejoindre le carrefour de l’Église internationale Nazareth à Okala. Louanges, prières et chants d’intercession ont rythmé cette marche, à laquelle ont pris part des croyants de Libreville et de plusieurs pays. Parmi les invités d’honneur, la présence remarquée du Révérend Dr Belay Birlie, juif messianique venu spécialement d’Israël, a souligné l’importance spirituelle de l’événement.

Selon les organisateurs, cette marche se veut une réponse spirituelle à la dégradation du climat social, particulièrement dans les foyers et les établissements scolaires. Pour le Révérend Pasteur Georges Bruno Ngoussi, il est urgent d’interpeller la conscience collective et de promouvoir une culture de paix inspirée des valeurs chrétiennes.

Le Révérend Pasteur Georges Bruno Ngoussi en première ligne lors de cette marche symbolique.
Le Révérend Pasteur Georges Bruno Ngoussi en première ligne lors de cette marche symbolique.

S’adressant aux fidèles, le Révérend Ngoussi a délivré un message fort. « Nous ne pouvons pas rester silencieux pendant que nos enfants se perdent dans la violence et la haine. La nation a besoin de sentinelles, pas de spectateurs. C’est pourquoi nous marchons : pour rappeler que la mission de l’Église est d’éclairer et de guérir. Nous ne sommes pas des démissionnaires, nous sommes des missionnaires, appelés à défendre la vie et la dignité humaine », a-t-il déclaré.

Il a également insisté sur le rôle des croyants dans la transformation sociale. « Libreville et le Gabon ne changeront pas seulement par les lois, mais par la conversion des cœurs. Chaque famille doit redevenir un sanctuaire de paix, chaque école un lieu d’éducation et non de traumatisme. Notre marche est un cri vers Dieu, mais aussi un appel à la responsabilité collective », a exhorté le Révérend Ngoussi.

« Missionnaires, pas démissionnaires » : la marche qui interpelle la conscience gabonaise

La marche s’est achevée par un temps de prière et de bénédiction devant l’Église internationale Nazareth. Les organisateurs ont d’ores et déjà promis d’autres actions spirituelles et sociales dans les prochains mois, convaincus que la foi est une force vive dans la lutte contre les violences qui minent la société gabonaise.

Langues gabonaises : l’Arboretum de Sibang devient l’écrin d’une immersion culturelle vitale

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L’Arboretum de Sibang, dans le 6e arrondissement de Libreville, a accueilli ce samedi 13 décembre 2025, un bain linguistique consacré à la langue ypunu, une initiative portée par Youssouf Mboumba, journaliste et promoteur d’événements, et Danielle Mboumba, présidente de l’ONG Jeune femme ose (JFO), visant à valoriser les langues et la culture gabonaises au cœur de la ville.

Pensé comme un espace de reconnexion culturelle, ce programme ambitionne de « faire entrer le village dans la cité » afin de permettre aux familles, et surtout aux enfants, de renouer avec leurs langues maternelles et les valeurs qu’elles véhiculent. Durant près d’une journée entière, les participants ont été invités à se déconnecter du monde moderne pour s’immerger exclusivement dans la langue yipunu, au contact de la nature.

Un défi de transmission face aux influences extérieures

Pour Youssouf Mboumba, l’enjeu est crucial. « Le défi pour les familles aujourd’hui est de transmettre la langue aux enfants. Les influences extérieures rendent cet exercice très difficile. À travers ce programme, nous reconnectons les familles à la langue, mais aussi aux valeurs, à l’identité et à ce qui nous définit en tant que peuple », a-t-il soutenu.

Langues gabonaises : l’Arboretum de Sibang devient l'écrin d'une immersion culturelle vitale

Cette première étape a mis à l’honneur le ypunu, avec des activités pédagogiques centrées sur la découverte des arbres, des plantes et de l’environnement, expliqués exclusivement dans cette langue. Une immersion rendue possible grâce à l’accompagnement de figures engagées dans la sauvegarde du patrimoine linguistique.

Présidente de l’association « La Langue, Notre Histoire » et animatrice principale de l’événement, Mboulou Michelle, surnommée la Punu au sang royal, a souligné l’importance de cette démarche « Nous œuvrons pour la promotion et la transmission des langues maternelles. À Sibang, tout ce que nous avons vu a été expliqué en ypunu. Les enfants ont ainsi beaucoup appris et découvert notre richesse culturelle », a-t-elle déclaré.

Un programme appelé à s’élargir

Présent pour soutenir l’initiative, l’acteur culturel Mboumba Kery a salué une action appelée à durer. « Aujourd’hui, c’était le yipunu. Demain, ce pourra être le nzebi, le kota, le fang et bien d’autres. J’invite les populations à participer massivement et à y amener les jeunes, car c’est à travers la langue que l’on apprend le mieux son patrimoine », a-t-il précisé.

Langues gabonaises : l’Arboretum de Sibang devient l'écrin d'une immersion culturelle vitale

Ouvert à toutes les ethnies, le bain linguistique se veut un programme inscrit dans la durée, avec des rencontres prévues chaque semaine ou toutes les deux semaines, afin de contribuer à la préservation des langues gabonaises et à la transmission d’une identité culturelle menacée.

CESE : un processus de désignation salué, Geoffroy Foumboula plébiscité par la Société civile

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La Coalition des organisations de la société civile pour le renouvellement du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a rendu publique, ce samedi 13 décembre à Libreville, une déclaration, lu par Frederick Mba Bibang, porte parole de la société civile, dans laquelle elle salue le bon déroulement du processus de désignation des conseillers membres. Lancé le 22 novembre dernier à l’ABC Mall des Charbonnages, ce processus se déroule dans un climat jugé satisfaisant par les acteurs impliqués.

Selon la coalition, les échanges menés avec le comité chargé des élections des conseillers membres ainsi qu’avec le directeur de cabinet du ministre en charge de la Réforme des institutions ont permis une collaboration franche et constructive. Cette dynamique a abouti à l’enregistrement de 58 candidatures en vue des élections du 16 décembre 2025, dont 51 candidats issus des associations et ONG, deux représentants du patronat et cinq candidats pour les syndicats.

La coalition a tenu à féliciter le travail accompli par l’ensemble des organisations membres ainsi que par le comité scientifique et technique. La mise en place de ce comité a permis d’examiner et d’accompagner efficacement les différents dossiers de candidature, garantissant ainsi un processus plus rigoureux et inclusif.

Un CESEC plus technique et un leader consensuel

Réaffirmant sa vision, la société civile souhaite un CESEC plus scientifique, plus technique et davantage proche des populations. Détentrice du plus grand nombre de sièges au sein de l’institution, elle entend jouer pleinement son rôle de corps social dans le fonctionnement du CESEC de la Cinquième République.

La coalition a également réitéré son souhait de voir un leader issu de ses rangs à la tête du bureau du CESEC. Elle rappelle qu’à l’issue de la grande plénière du 2 décembre 2025, les 237 organisations membres ont plébiscité Geoffroy Foumboula Libeka Makosso comme leader consensuel pour la présidence du CESEC, conformément aux dispositions de l’article 154 de la Constitution.

Par ailleurs, la coalition indique avoir formulé des propositions concernant les autres membres du bureau ainsi que les nominations des six conseillers membres dans les domaines économique, social, environnemental et culturel. Ces propositions s’inscrivent dans le respect de l’article 153 de la Constitution et de l’arrêté 813/MRRI du 17 novembre 2025 fixant les modalités de désignation des conseillers membres par décret du Président de la République.

Appel à la mobilisation

Alors que la visite des sièges vient de s’achever avec succès, la coalition se félicite de l’engouement suscité par ce processus, qualifié d’inédit. Elle remercie l’ensemble des acteurs impliqués et appelle les candidats à participer massivement aux élections du 16 décembre 2025 pour élire les représentants de la société civile gabonaise au sein du CESEC.

Convaincue de l’importance de cette étape, la coalition estime que les conseillers élus sauront représenter les intérêts de la société civile gabonaise et contribueront à la promotion du développement économique, social, environnemental et culturel du pays.

Souveraineté alimentaire : la Sogada investit 8 milliards FCFA pour remplacer le poulet importé

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Le gouvernement a pris la décision d’interdire l’importation du poulet de chair à partir du 1ʳ janvier 2027. Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la souveraineté alimentaire du pays et de relancer vigoureusement la production locale. Face à cette annonce, la Société gabonaise de développement agricole (Sogada) a choisi de s’engager pleinement.

Déjà active dans la production et la vente d’œufs et de porcs charcutiers, cette entreprise 100 % gabonaise prévoit désormais de se lancer dans la production de volailles de chair à grande échelle. L’objectif est d’atteindre une capacité allant jusqu’à 25 000 poulets par semaine.

Pour concrétiser ce projet ambitieux, la Sogada prévoit un investissement estimé à près de 8 milliards de francs CFA. Ce financement permettra notamment de construire huit bâtiments d’élevage, un abattoir, une chambre froide, un hangar de stockage pour l’aliment, une base-vie pour le personnel, et d’acquérir des camions frigorifiques. Le projet devrait entrer en activité dès le premier trimestre de l’année 2027.

Cette initiative vient ainsi renforcer les efforts de développement de la filière avicole nationale. Selon les chiffres officiels, le Gabon importe actuellement près de 60 000 tonnes de poulet de chair chaque année, alors que la production locale dépasse à peine les 4 000 tonnes. L’interdiction des importations vise donc à combler ce déficit structurel en stimulant la production nationale.

Toutefois, pour que cette politique porte ses fruits, l’État devra accompagner et soutenir durablement les opérateurs locaux déjà en place. Ces derniers pourront servir de modèles et encourager d’autres acteurs à investir dans la filière. C’est à cette condition que le secteur pourra réellement se développer à l’échelle nationale.

Ce type d’appui est déjà visible avec la Société meunière et avicole du Gabon (Smag), qui bénéficie également d’un soutien de l’État et occupe aujourd’hui la deuxième place parmi les producteurs d’œufs du pays. Dans cet esprit de sursaut patriotique, le soutien aux initiatives portées par les nationaux apparaît plus que jamais nécessaire, à l’image de ce qui se fait dans de nombreux autres pays.

Validation internationale : Le processus électoral post-transition gabonais érigé en référence

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Le succès de la sortie de transition au Gabon continue de susciter l’intérêt de la communauté internationale. Le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a ainsi reçu une nouvelle marque de reconnaissance suite à son entretien avec l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Gabon, Zhou Ping. Le diplomate chinois a souhaité faire le point sur le cycle électoral post-transition, désormais arrivé à une étape décisive.

Alors que le Gabon consolide ses nouvelles institutions, la conduite du retour à l’ordre constitutionnel par Libreville est attentivement observée par ses partenaires. Dans ce cadre, le rôle du ministère de l’Intérieur est perçu comme fondamental pour la crédibilité et la légitimité du dispositif électoral mis en place.

Au cours de leur rencontre, Hermann Immongault et le diplomate chinois ont félicité le bon déroulement des différentes consultations électorales. Le ministre a exprimé sa gratitude à l’ambassade de Chine pour son accompagnement durant cette période charnière, tout en soulignant le soutien constant de Pékin au Gabon, notamment au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les échanges ont également permis de réaffirmer la solidité des relations de coopération entre Libreville et Pékin.

Une expérience gabonaise qui fait école

L’intérêt pour l’expérience gabonaise dépasse le cadre du partenariat sino-gabonais. En novembre dernier, Hermann Immongault avait déjà reçu une délégation de la République de Guinée-Conakry venue s’informer sur la gestion gabonaise de la Transition, notamment en matière d’organisation électorale. Les échanges avaient porté sur les mécanismes ayant permis l’organisation successive des scrutins référendaire, présidentiel, législatif, local et sénatorial, ainsi que sur l’installation des institutions qui en sont issues.

Ces marques d’intérêt contribuent à positionner progressivement le modèle gabonais comme une référence en matière de gestion électorale en sortie de crise. Alors que le pays s’apprête à tourner définitivement la page de la Transition militaire, cette reconnaissance internationale renforce la légitimité du processus engagé et conforte l’image d’un Gabon attaché à la stabilité institutionnelle et au respect de ses engagements démocratiques.