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Gabon : l’opération de rachat anticipé de la moitié de l’eurobond 2025 bouclée

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Le gouvernement gabonais, sur instructions du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait lancé une offre publique de rachat de 50% de l’eurobond du Gabon, qui s’élevait à 192 milliards de francs CFA. Cette opération a pour objectif de réduire l’endettement du pays, tout en renforçant la confiance des bailleurs de fonds. Cette initiative inédite, lancée sur les marchés financiers internationaux le 7 novembre 2024, s’est clôturée le 14 novembre 2024.

Chose promise, chose due. Dans sa résolution de restaurer la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux, le général Brice Clotaire Oligui Nguema avait annoncé, le 21 octobre 2024, sa volonté de lancer une offre d’achat de 50% des eurobonds du Gabon. Selon un communiqué de presse du ministère de l’Economie et des participations, daté du 18 novembre 2024, « cette opération a porté sur un montant maximum en principal de 290 millions de dollars (180 milliards de Fcfa), pour un principal en circulation de 605 millions de dollars (376 milliards de Fcfa) et dont l’échéance était fixée au 16 juin 2025. »

 Après cette opération, les eurobonds du Gabon seront réduits de moitié, soit 315 millions de dollars.

A rappeler que cet eurobond avait été émis dans le but de mobiliser la somme de 500 millions de dollars d’une maturité de 10 ans, pour un taux de 6,95%. Ces fonds devaient servir à financer des projets dans les domaines de l’énergie, de l’adduction d’eau potable, de l’éducation et de la santé.

 Selon le Fonds monétaire international (FMI), le taux d’endettement du Gabon en 2023 se situait à 70,5% du PIB, dépassant ainsi le seuil de 70% fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac). L’institution de Bretton Woods avait d’ailleurs prévu que le niveau de la dette publique devrait atteindre 73,1% du PIB à fin 2024 et 78,9% en 2025, si le Gabon maintenait son rythme d’endettement.

Mr Anges Kevin Nzigou, avocat engagé : « Tous ceux qui ont accompagné Ali Bongo dans la déchéance du Gabon doivent être jugés »

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Tout en déroulant le tapis des faits marquants du moment, notamment « la résurrection » du PDG, son positionnement politique, la situation de Sydney Jean-Baptiste Moussavou Kouma ou de Brice Laccruche Alihanga… Me Anges Kevin Nzigou a répondu à toutes nos questions. Lorsque nous rencontrons ce membre très actif du mouvement « Appel à agir », quelque part dans la capitale du Gabon, il est confiant en l’avenir. « Je reste convaincu, dit-il la main sur le cœur, que si nous travaillons ensemble, avec sincérité et intégrité, nous pourrons bâtir un Gabon plus juste, plus démocratique et plus prospère ». Lecture !

Gabonclic.info : Allons-y tout droit au but. Le débat politique aujourd’hui, au Gabon, est concentré sur le prochain référendum pour une nouvelle Constitution. On vous connaît pour votre engagement politique et, surtout, citoyen, notamment au sein de la plateforme « Appel à agir ». Quelle est votre position par rapport à cette nouvelle Constitution et quel peut être votre mot d’ordre pour le futur référendum ?

Me Anges Kevin Nzigou : vous soulevez une question fondamentale pour l’avenir de notre pays, et il est certain que le débat autour du référendum et de la nouvelle constitution est au cœur des préoccupations actuelles. En tant que citoyen engagé et ayant à cœur l’intérêt général du Gabon, je pense qu’il est important de saluer les avancées notables qui se trouvent dans le texte proposé. Ce texte contient des éléments qui renforcent nos institutions et qui peuvent permettre au Gabon de franchir un nouveau cap dans son développement démocratique. Toutefois, il y a des points qui posent problème et qui, à mes yeux, constituent des lignes rouges.

Je pense, notamment, à des dispositions comme la possibilité de dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République, sans contrepartie. Ce qui pourrait déséquilibrer les pouvoirs exécutif et législatif, ou encore la discrimination de certains compatriotes dans l’accès à certaines fonctions. Ces points doivent être discutés en profondeur car, ils touchent à l’essence même de notre démocratie et à l’égalité entre citoyens.

Quant à ma position, je suis encore en réflexion. Je ne veux pas qu’un tel moment crucial pour l’avenir du Gabon serve de tremplin pour des opportunismes politiques, que ce soit pour le PDG ou pour ceux qui se positionnent en opposition de circonstance. Ce référendum ne doit pas devenir un outil pour l’enracinement d’un pouvoir, ou pour remplacer la véritable opposition par des figures qui s’adaptent en fonction des opportunités. Ce débat doit rester centré sur les intérêts du peuple gabonais et non sur des calculs politiques.

Je préfère donc prendre le temps de consulter et d’écouter les différentes opinions, avant de donner un mot d’ordre. Ce qui est certain, c’est que nous devons tous nous engager pour que ce processus soit inclusif, transparent et véritablement au service du peuple gabonais.

Mr Anges Kevin Nzigou, avocat engagé : "Tous ceux qui ont accompagné Ali Bongo dans la déchéance du Gabon doivent être jugés"

Après leur rentrée politique du 12 octobre dernier à Libreville, les Pdgistes étaient, le week-end suivant, dans les provinces pour festoyer, s’encanailler, faire la démonstration de leur richesse matérielle dans des océans de pauvreté. Quelle est votre lecture de la « résurrection » de cette formation politique ?

(Un temps silencieux, puis l’air grave). Il est, en effet, surprenant de voir que le PDG, dont le président a été démis par un coup d’État, et qui a soutenu sans réserve ce même président jusqu’à la veille de sa chute, tente aujourd’hui de se repositionner comme si de rien n’était. Toute honte bue, certains membres de cette formation politique semblent croire que le peuple gabonais a la mémoire courte, oubliant qu’ils ont été les premiers défenseurs de celui qui est présenté aujourd’hui comme le symbole des dérives que nous avons connues.

Ma lecture de cette « résurrection » est simple : elle reflète l’incapacité de cette formation à se remettre en question, à reconnaître sa part de responsabilité dans l’état du pays avant le coup d’État. Festoyer dans les provinces, comme si leur soutien indéfectible au régime précédent n’avait jamais existé, est une tentative maladroite de légitimation, une façon de dire qu’ils sont toujours là, prêts à s’ancrer à nouveau aux côtés du pouvoir en place.

Je m’interroge donc, et j’interpelle le président de la Transition et le CTRI (Comité pour la transition et la restauration des institutions, ndr) : quel message envoyons-nous au peuple gabonais si ceux qui ont contribué aux erreurs du passé reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène, sans jamais rendre compte de leur soutien à un régime dont ils louaient encore les mérites jusqu’à la dernière minute ? Le peuple gabonais mérite une véritable refondation politique, et non le recyclage d’une élite politique qui n’a jamais su répondre aux attentes des citoyens.

Il est crucial que cette Transition ne devienne pas un terrain fertile pour l’opportunisme de ceux qui cherchent simplement à retrouver une place dans l’échiquier politique, mais plutôt un moment historique de rupture avec les pratiques du passé. Le Gabon doit se construire sur des bases nouvelles, loin des manœuvres des acteurs politiques qui, par le passé, ont mis en péril l’intérêt général.

Au mois de février dernier, chez nos confrères de l’Agence France presse (AFP), vous accusiez le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, de « blanchir » les cadres du Parti démocratique gabonais (PDG) que vous tenez pour responsables de l’état de déliquescence du pays. Plusieurs mois plus tard, maintenez-vous le même constat ?

Mr Anges Kevin Nzigou, avocat engagé : "Tous ceux qui ont accompagné Ali Bongo dans la déchéance du Gabon doivent être jugés"

Mon constat reste inchangé. Il est évident que la place du PDG est de plus en plus visible dans le paysage gabonais, et cela renforce mes inquiétudes initiales. Le blanchiment politique des cadres du PDG, sans remise en question, ni rendre des comptes, est un signal préoccupant pour le processus de transition. Si nous voulons réellement tourner la page des dérives du passé, cela ne peut se faire en réhabilitant ceux qui ont contribué à l’état de déliquescence du pays. Le Gabon mérite une refondation, pas une continuité déguisée.

Votre plateforme « Appel à agir » avait été à l’avant-garde du combat contre le Parti démocratique gabonais, dont la suspension avait été décidée au Dialogue national inclusif. Mais, contre toute attente, cette formation politique, tel le phœnix de la mythologie grecque, semble renaître de ses cendres. Pensez-vous que votre combat est annihilé ou allez-vous repartir pour un nouveau bras de fer ?

Le combat d’Appel à agir n’a jamais été dirigé contre une formation politique en particulier, mais contre un système de gouvernance qui avait mené le pays à la dérive, au détriment de l’intérêt général. Si le coup d’État a été la réponse ultime à cet appel, notre objectif n’est pas atteint tant que le changement véritable, avec des institutions réformées et un renouvellement des pratiques politiques, n’est pas accompli. La résurgence du PDG, sans remise en question, montre qu’il y a encore du chemin à parcourir. Nous resterons vigilants et continuerons à agir pour que le Gabon ne retombe pas dans les erreurs du passé.

A l’observation des faits, les anciens Pdgistes, passés autrefois à l’opposition, aujourd’hui aux affaires, n’ont-ils pas les mêmes réflexes de goinfrerie, de népotisme, de cupidité, d’égoïsme…que ceux restés dans le PDG ?

Il est important de ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Mes anciens camarades de l’opposition, ceux qui ont toujours lutté sincèrement pour un Gabon meilleur, doivent rester vigilants face aux dérives possibles du pouvoir. Quant aux opportunistes, qu’ils viennent du PDG ou d’ailleurs, leurs réflexes restent les mêmes : népotisme, cupidité, et égoïsme. Ce sont ces comportements que nous devons combattre, peu importe leur provenance.

Selon vous, quels sont les dénominateurs communs des Pdgsites ?

Leur principal dénominateur commun semble être une remarquable capacité d’opportunisme et de caméléonisme politique, toujours prêts à s’adapter aux circonstances, pour préserver leurs privilèges. Que les vents soient favorables ou défavorables, ils ont su, avec un sens aiguisé de la survie, naviguer entre les régimes en place. Ils sont prêts à servir tout pouvoir, quel qu’il soit, sans jamais remettre en question les dérives systémiques, l’injustice ou la corruption qui ont contribué à la déliquescence de notre pays.

Il se dit ici et là que Brice Clotaire Oligui Nguema a validé « le réveil » du PDG, parce que « ses collaborateurs issus de l’ancienne opposition » ne seraient pas « fiables », qu’ils seraient « sournois », « dangereux » …pour le patriotisme tant souhaité. Est-ce une mauvaise lecture des auteurs d’une telle insinuation ? 

Il est facile de tomber dans des insinuations de ce genre, mais c’est une mauvaise lecture de la réalité. Les anciens opposants, contrairement aux dirigeants du PDG, ont toujours eu pour seule préoccupation le bien-être du Gabon et de son peuple. C’est cette intransigeance qui les caractérise, car ils refusent de compromettre leurs principes au détriment de l’intérêt national. Leur patriotisme ne se mesure pas à leur soumission ou à leur docilité, mais à leur détermination à combattre un système corrompu qui a longtemps profité à une élite, aux dépens du peuple. Si certains préfèrent des collaborateurs plus dociles ou accommodants, cela révèle davantage une volonté de maintenir le statu quo que de véritablement refonder le pays.

A quel niveau se situent aujourd’hui, un an après la chute d’Ali Bongo, votre positionnement politique et votre situation au sein du parti « Pour Le Changement (PLC) » ? Un changement ayant déjà été opéré le 30 août 2023, continuerez-vous le combat pour un autre changement ?

Le changement qui a eu lieu le 30 août 2023 est indéniablement un tournant dans l’histoire du Gabon, mais il ne s’agit que d’un premier pas. En tant que secrétaire exécutif du parti Pour le changement (PLC), mon engagement et ma position politique restent fondés sur la conviction que ce changement doit être profond, structurel et, surtout, durable. Nous avons combattu pour un Gabon réellement refondé, avec des institutions solides, une démocratie véritable et une justice sociale. Ce combat est loin d’être terminé.

Le changement que nous avons toujours défendu ne se limite pas à un changement de têtes, mais à une transformation des pratiques, des mentalités et de la gestion du pays. Tant que les anciennes dérives, qu’elles soient incarnées par le PDG ou d’autres acteurs opportunistes, menacent de réapparaître, nous resterons mobilisés. Le Gabon mérite un changement sincère, centré sur l’intérêt de tous les citoyens, et pas seulement sur celui de quelques privilégiés.

Que devient la plateforme « Appel à agir » après l’irruption du CTRI au pouvoir, d’autant plus que plusieurs de ses membres ont rejoint le nouveau pouvoir en place et sont repus ?

Appel à Agir a toujours eu pour mission de provoquer un changement nécessaire pour le Gabon. Certains de ses membres ont rejoint le pouvoir pour continuer ce travail de l’intérieur, en restant fidèles à l’idéal de transformation que nous avons toujours défendu. Leur présence au sein des institutions est une manière de poursuivre la lutte pour un Gabon meilleur, et je leur fais pleinement confiance pour rester engagés dans cette voie.

Me Anges Kevin Nzigou, quels ont été vos espoirs avec l’arrivée des militaires sur la scène politique et quels en sont aujourd’hui vos déceptions ?

Mon principal espoir avec l’arrivée des militaires était de voir un véritable changement, avec des réformes institutionnelles profondes pour refonder le Gabon sur des bases solides et démocratiques. Si certains progrès ont été réalisés, il reste encore beaucoup à faire, notamment en matière de réformes institutionnelles. Mon inquiétude vient du risque de voir les anciennes pratiques se reproduire. L’essentiel est que le Gabon avance vers un avenir où la justice, la transparence et la démocratie ne sont plus des promesses, mais des réalités.

Vous êtes le conseil de Brice Laccruche Alihanga (BLA), quel est son état de santé actuel et compte-t-il revenir au Gabon ?

Brice Laccruche Alihanga (BLA) est aujourd’hui dans un état de santé très critique. Il a été gravement affecté par ses années d’incarcération injuste, durant lesquelles son état de santé, notamment son cancer, a été volontairement ignoré par le régime de l’époque. Bien qu’il soit rentré au Gabon après un passage en France pour tenter de suivre un traitement, il n’a malheureusement pas pu achever son protocole médical, faute de moyens, et son état reste alarmant.

Le président de la Transition, qui a eu l’humanité de le libérer, est informé de la gravité de la situation. Cependant, la liberté, dans ces conditions de santé déplorable, peut sembler pire que la prison que le régime précédent lui avait imposée. J’appelle donc, fermement mais respectueusement, à ce que des actions concrètes soient prises pour garantir que Brice Laccruche puisse recevoir le traitement complet qu’il mérite. Il est essentiel que la justice ne s’arrête pas à sa libération, mais s’accompagne de sa réhabilitation totale, comme le président l’a lui-même affirmé à plusieurs reprises.

Un adolescent de 15 ans, Sydney Jean-Baptiste Moussavou Kouma, a été incarcéré à la maison d’arrêt du Château le 27 septembre dernier pour outrage envers le président de la République, pour son acte obscène sur les réseaux sociaux. La célérité avec laquelle « cette affaire » a été traitée par la justice fait dire à certains observateurs que le chef de l’Etat a été piégé pour nuire à sa notoriété. Votre avis ?

Il est regrettable que la justice semble, dans cette affaire, se focaliser sur la protection de l’image du président de la République, un mécanisme qui rappelle les dérives du régime précédent. Sydney Jean-Baptiste Moussavou Kouma est un jeune de 15 ans, et la place d’un adolescent de son âge est à l’école, pas en prison. Un acte malheureux, posé sur les réseaux sociaux, ne doit pas marquer de manière aussi sévère son avenir.

Le président de la Transition, que je sais soucieux du bien-être et de l’avenir de la jeunesse gabonaise, doit être habité par cette préoccupation. Je suis convaincu qu’il saura faire preuve de clémence et de discernement dans cette situation, en réorientant cette affaire vers une démarche éducative et de réhabilitation, plutôt que punitive. C’est en prenant soin de notre jeunesse que nous construisons l’avenir du pays.

Lors du règne d’Ali Bongo (2009-2023), le Gabon est tombé de Charybde en Scylla. Entre le pillage des deniers publics, les destins brisés des Gabonais, la République décapité…Brice Clotaire Oligui Nguema ne devrait-il pas actionner la Haute cour de justice pour le juger ?

Ali Bongo et ceux qui l’ont accompagné dans la décadence du Gabon, y compris sa femme et son fils, doivent être jugés et répondre de leurs actes. Le pillage des deniers publics, les destins brisés et la décapitation de la République ne peuvent rester impunis. La Haute cour de justice doit être actionnée, car il est essentiel que la justice soit rendue, non seulement pour sanctionner, mais pour donner l’exemple et restaurer la confiance du peuple gabonais en ses institutions.

Avec le recul, bon nombre de Gabonais ergotent autour « d’un esprit maléfique » qui frapperait quiconque détournerait l’argent du Gabon et détruirait les enfants de ce pays. Les auteurs de cette thèse tiennent comme preuve l’état de santé de Maixent Accrombessi et, surtout, d’Ali Bongo qui disposait pourtant d’un personnel médical dédié en permanence. Que pensez-vous de ces allégations ?

Je comprends que, face à la gravité des détournements et des souffrances infligées au pays, certains puissent chercher à y voir des explications mystiques. Toutefois, ce qui frappe surtout, c’est l’impact réel et destructeur de la mauvaise gouvernance et du pillage des ressources du Gabon. Ce ne sont pas des esprits malveillants qui détruisent le pays, mais des actions concrètes de dirigeants qui ont choisi de privilégier leurs intérêts personnels au détriment du bien commun. La justice et la transparence restent les véritables réponses à ces dérives.

Alain Claude Bilie-By-Nze, autrefois porte-parole du régime d’Ali Bongo, autrement dit défenseur des atrocités commises contre ses compatriotes 14 ans durant, fait l’actualité. Les messages et le messager font-ils corps ?

Alain Claude Bilie-By-Nze a passé 14 ans au service du régime d’Ali Bongo, et même si certains de ses propos actuels, comme le maintien du PDG à des postes stratégiques, reflètent une certaine réalité, il ne faut pas oublier son rôle actif dans la défense d’un système qui a opprimé ses propres compatriotes. Il est aujourd’hui dans une posture opportuniste, cherchant à se repositionner en surfant sur le vent du changement. Mais cela ne fait pas oublier qu’il a contribué à maintenir un régime qui a conduit le Gabon à la dérive. Le message ne peut être dissocié du messager.

L’ancien Premier ministre du régime déchu dénonce les nominations des copains coquins et consanguins. L’instauration aujourd’hui d’un Etat-Nation est-elle donc une utopie ?

 Nous sommes dans une période de Transition, pas dans une République pleinement établie, et ce qu’on reprochait à Ali Bongo ne peut être imputé à Brice Oligui Nguema. En tant que chef de la Transition, il a toute latitude pour nommer qui il juge nécessaire pour stabiliser le pays. Il aurait même pu se limiter à des nominations militaires, mais il a fait le choix d’associer autant de civils, ce qui est un signe d’ouverture. Quant à l’ancien Premier ministre, sa remarque est purement opportuniste. Il aurait dû se souvenir de ces critiques lorsqu’il exécutait docilement les ordres d’Ali, Sylvia et même de leur fils, qui n’avait aucune fonction républicaine mais dont il suivait les instructions sans broncher.

Quelles sont les conditions pour créer justement un Etat-Nation ?

Créer un État-Nation repose avant tout sur des institutions solides et justes, capables de garantir l’égalité de tous devant la loi. Cela passe par des réformes profondes pour renforcer la transparence, la justice sociale, et la participation citoyenne. Il faut également une volonté politique sincère, portée par des dirigeants intègres, et une société civile active. Enfin, l’unité nationale doit être cultivée, non par des nominations de « copains coquins », mais par la compétence et la méritocratie. Quand nous reviendrons à l’ordre constitutionnel, ces principes devront être au cœur de notre gouvernance.

Dans l’administration gabonaise, la plupart des dépositaires de l’autorité de l’Etat se comportent d’une manière totalitaire. Constat pour constat : certains Dg constituent des cours, soumettant le reste des agents au travail buissonnier. Sommes-nous condamnés à de tels agissements ?

Il est vrai que dans certaines administrations, des comportements totalitaires persistent, avec des Directeurs généraux qui s’entourent de cours fidèles, créant des environnements de travail toxiques où le favoritisme et l’absentéisme règnent. Cependant, nous ne sommes pas condamnés à accepter de tels agissements. Des réformes sont indispensables pour instaurer la transparence, la responsabilisation, et une véritable culture de la compétence. C’est en changeant les pratiques et en exigeant l’intégrité à tous les niveaux que nous pourrons briser ce cycle de dérives et redonner confiance aux Gabonais dans leur administration.

Me Anges Kevin Nzigou, le Gabon traverse une période très sensible de son histoire. Tous les regards sont tournés vers Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon vous, pour des lendemains apaisés, que devrait-il faire ?

Pour des lendemains apaisés, Brice Clotaire Oligui Nguema doit prioriser des réformes institutionnelles profondes qui rétablissent la confiance des Gabonais dans leurs institutions. Il doit veiller à une transition juste, transparente et inclusive, qui prépare un retour à l’ordre constitutionnel. Cela passe par la justice, en tenant responsables ceux qui ont abusé du pouvoir, mais aussi par la réconciliation nationale, en unifiant le pays autour de valeurs communes. Il doit surtout garantir que ce moment historique soit l’occasion de poser les bases d’un État de droit, véritablement respectueux des citoyens.

 A vous la parole pour conclure notre entretien…

Le Gabon traverse une période cruciale, marquée par des défis considérables mais aussi de grandes opportunités. Ce moment de Transition est une chance unique de réformer en profondeur nos institutions, de reconstruire un État véritablement au service des citoyens, et de tourner la page des erreurs du passé. Je reste convaincu que, si nous travaillons ensemble, avec sincérité et intégrité, nous pourrons bâtir un Gabon plus juste, plus démocratique et plus prospère. L’histoire est en marche, et chacun de nous a un rôle à jouer pour s’assurer que les lendemains soient meilleurs pour tous.

Robert Bourgi : « J’étais revêtu de la confiance absolue des chefs d’Etat auprès desquels je servais, de manière personnelle »

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Après la sortie du brûlot « Ils savent que je sais », de Me Robert Bourgi, longtemps conseiller politique de plusieurs chefs d’Etat africains, les réactions ont été abondantes à travers la sphère francophone d’Afrique. L’auteur, qui nous a accordé un temps d’entretien, ne comprend pas pourquoi certains s’inquiètent de son ouvrage, qui n’est dirigé contre personne. Ses relations avec le pouvoir déchu du Gabon ont été abondamment abordées. Ouvrons ensemble l’une des rares bibliothèques vivantes des relations entre l’Afrique et la France. Lecture ! 

Gabonclic.info : Maître Bourgi, vos sorties actuelles inquiètent plusieurs leaders politiques en Afrique, surtout en Afrique francophone, parce qu’elles annonceraient des bouleversements dans cet espace. A quoi peut-on s’attendre cette fois-ci ?

Robert Bourgi : « J’étais revêtu de la confiance absolue des chefs d’Etat auprès desquels je servais, de manière personnelle »

Me Robert Bourgi : je tiens à rassurer tous ces leaders qui, selon vous, s’inquiètent des propos que j’ai tenus soit dans ces mémoires, soit lors de mes interventions radio, télévisées et dans la presse. Ce ne sont que mes mémoires, dictés par personne, sur la commande de personne. Je suis à l’automne de ma vie et j’ai tenu à dire, en toute sincérité, en toute vérité et en toute franchise, en accord avec le tribunal de ma conscience, tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai entendu pendant les quatre décennies que j’ai traversées au niveau politique le plus élevé en France et dans plusieurs républiques africaines. Puisqu’à un moment donné, j’étais le conseiller politique personnel d’une dizaine de chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. D’autant plus que ces chefs d’Etat dont vous parlez, ne s’attendaient pas à des bouleversements dans leurs espaces politiques. Non, je raconte ma vie, depuis ma prime enfance jusqu’à maintenant. Mais avec un axe principal, ma participation à la vie politique française et africaine à partir de 1981 jusqu’en 2007, date à laquelle Nicolas Sarkozy est devenu président de la République. Et pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, j’ai joué un rôle aussi important que durant les deux présidences de Jacques Chirac avec, en moins, aucun financement politique venu d’Afrique en direction de Nicolas Sarkozy. J’insiste là-dessus, c’est très important. Alors, je ne sais pas quel bouleversement vous annoncer. Il est évident que mes déclarations ne vont pas laisser insensibles les opinions publiques de ces Etats. Parce que je m’adresse à la jeunesse, à la nouvelle génération et aux générations à venir, il est important que ce qui a été fait ne se renouvelle plus. C’est le dernier des Mohicans de la Françafrique qui s’adresse aux jeunes africains : arrêtez tout cela ! C’est pour cela qu’en 2011, il y a eu une première dénonciation de ces pratiques, dans l’interview que j’avais donnée au Journal Du Dimanche en France. Et Le Monde, le lendemain, titrait : « L’homme qui fait trembler la République. »

Vous mettez en lumière les pratiques des mallettes d’argent au bénéfice de hautes personnalités françaises, jusqu’à certains chefs d’Etat, et vous reconnaissez avoir été mêlé à ces « tractations » financières. Pourquoi avoir attendu maintenant pour le dénoncer ?  

Oui, j’ai été mêlé à ces pratiques, à ce que vous appelez les mallettes d’argent. J’ai été mêlé comment ? J’étais revêtu de la confiance absolue des chefs d’Etat auprès desquels je servais, de manière personnelle, non officielle. Et de la confiance absolue que Jacques Chirac avait en moi. C’est un système qui existait bien avant 1981. Le grand maître d’œuvre dans la Droite française, c’était Jacques Foccart, dont je fus le fidèle… Je n’ai jamais été son collaborateur. J’étais le fidèle ami. Jacques Foccart avait fait ce genre de choses entre 1947 et 1974, sous De Gaulle et Pompidou. Bien avant l’accession du général De Gaulle en 1958 au pouvoir, il l’avait fait pour financer l’action politique RPF (Rassemblement du peuple français) créé par le général De Gaulle. J’ai vu mon père, Malou Bourgi, aidé de centaine de Libanais richissimes du temps de la colonisation, à la demande de Foccart, aider au financement du RPF. J’ai donc participé à ces pratiques des mallettes. Je tiens à dire que je n’ai jamais, jamais, jamais porté de mallette. Je n’ai jamais, jamais porté un sou. J’ai toujours accompagné des émissaires de ces chefs d’Etat, envoyés en France auprès des autorités politiques françaises. Et, bien entendu, le grand manitou de la Droite de l’époque c’était Jacques Chirac. J’accompagnais les émissaires, mais je n’ai jamais porté d’argent. J’avais la confiance de ces chefs d’Etat et celle de MM Chirac, De Villepin et d’autres hommes politiques de la Droite. Je n’ai pas attendu maintenant pour les dénoncer. En 2011, j’avais fait une première dénonciation de ces pratiques. Il faudrait se référer un peu à ce que j’ai fait et vous éviteriez de dire de pareilles contrevérités.  

En Côte d’Ivoire, l’ancien ministre Charles Blé Goudé a balayé, la semaine dernière, d’un revers de main vos déclarations, tout en vous traitant de « faux ami » de son ancien mentor Laurent Gbagbo. Que répondez-vous à celui qui affirme que durant tout le séjour de son ancien chef à La Haye, vous n’avez pas daigné lui rendre visite ?

Robert Bourgi : « J’étais revêtu de la confiance absolue des chefs d’Etat auprès desquels je servais, de manière personnelle »

Je suis aux côtés du président de la République française, Nicolas Sarkozy. Je suis aux côtés du président Jacques Chirac. Je suis aux côtés de Dominique de Villepin, tout-puissant secrétaire général de l’Elysée, ensuite ministre des Affaires étrangères, puis de l’Intérieur, puis Premier ministre de Jacques Chirac. J’ai vu les choses dès le début. Le complot contre Laurent Gbagbo me faisait mal au cœur. J’ai vu tout ce qui se faisait dans le dos de Laurent Gbagbo, au Quai d’Orsay, à Ouaga, à Paris et ailleurs. Que voulez-vous que je fasse ? La veille de la réunion de Marcoussis, en France, Laurent Gbagbo devait venir et les autorités françaises devaient le faire abdiquer. J’ai reçu la visite de son directeur du protocole à mon cabinet. Je lui ai dit : « Jeune frère, attention ! Dis à Laurent Gbagbo de ne pas venir à la réunion de Marcoussis, parce qu’ils vont le poignarder. (…) Tu lui diras en langue que Robert le déconseille de venir à Paris. Laurent, courageux comme il l’est, téméraire comme il l’est, vaillant comme il l’est, ayant confiance en la parole des autres, est venu à Paris. C’est là qu’il a été poignardé. Dominique de Villepin, ministre des Affaire étrangères, allant jusqu’à lui dire : « Signe, sinon je te tords le bras ». Laurent Gbagbo ne peut pas le nier. Et Lorsque, pour la fois, à la demande de Nicolas Sarkozy, président de la République française, je l’appelle au téléphone, je lui dis ce que tout le monde sait : « Laurent, accepte le verdict, le faux verdict des urnes, parce qu’il avait gagné, je savais qu’il avait gagné, nous savions qu’il avait gagné. Mais je savais que s’il disait non, un coup fatal devait lui être porté. Je lui dis : Laurent accepte un poste de professeur agrégé en France, accepte une chaire. Il m’a dit : « Je serai le Mugabe de ton ami Sarkozy » et il a raccroché. J’étais d’une tristesse infinie. Claude Guéant, dans le bureau duquel avait eu cette conversation, le sait et il peut en témoigner. Je suis allé rendre compte à Nicolas Sarkozy, dans le bureau mitoyen, je lui ai dit, voilà ce que m’a répondu Gbagbo. Il a bondi et il a dit : « Je vais le vitrifier ». Je lui ai dit ceci et je tiens à ce que cela se sache, que cela soit écrit : « Nicolas, s’il te plaît, pardon, comme on dit en Afrique, le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent gagnant. Vous, Européens et Américains, vous vous appuyez sur la décision de la CENI, évite de le vitrifier ». Vous savez très bien ce qui s’est passé. Le lendemain et le surlendemain, les hélicoptères ont fondu sur la villa de Laurent Gbagbo et les fidèles de Gbagbo ont été battus. Mais c’est l’armée française qui a battu Laurent Gbagbo. C’est l’armée, les coalisés sous mandat de l’ONU, qui ont battu Laurent Gbagbo, pas les troupes d’Alassane Ouattara, cela doit être précisé. Je dirais même que si les troupes étrangères n’avaient pas été présentes au moment de la défaite de Laurent Gbagbo, je suis à peu près sûr qu’il n’aurait pas survécu, ni lui, ni ma sœur Simone, sa femme.  

Effectivement, je suis allé plusieurs fois à La Haye, pour rendre visite à Bemba. Je savais que Laurent était là. Mais il n’y a qu’à demander à Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre de la République Démocratique du Congo, ministre des Infrastructures routières si, chaque fois que je lui rendais visite à La Haye, je ne lui disais pas de saluer Laurent. Pourquoi je ne demandais pas à voir Laurent ? Parce que mon frère aîné, Albert, lui rendait visite régulièrement. Je ne lui rendais pas visite parce que le bruit avait couru, véhiculé par la propagande du FPI (Front populaire ivoirien, ancien parti de l’ancien président ivoirien, ndr) que j’avais trahi Gbagbo. Je craignais la réaction de Laurent. Sinon, je mourais d’envie de lui rendre visite. 

 « Ils savent que je sais ». Ce titre évocateur de votre livre, qui vient de paraître, serait considéré par certains politiques africains comme une œuvre de chantage, un remords ou une manière de soulager votre conscience. Que leur répondez-vous ? 

 Dans mes Mémoires, il est évocateur, c’est vrai. Il n’y a ni chantage, ni remords, ni aucune manière de soulager ma conscience. Il y a ma vérité à travers mes Mémoires, ma vérité qui est la seule vérité. Je délivre ma vie aux générations actuelles et futures. Le mauvais, je l’ai écrit. Le souhaitable, je le dévoile : mettre fin aux pratiques de la Françafrique.  

Un mot sur le Sénégal, votre pays d’origine. Vous avez assisté à la transmission du pouvoir entre deux générations : la génération Macky Sall et celle des jeunes Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Vous, en tant que Sénégalais, quelle est votre lecture de cette situation ? 

 J’ai servi Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, tout en précisant que ce ne sont pas des présidents mais des frères. Je suis né, j’ai grandi à Dakar, je les connais tous. Mais j’ai une chose à dire à vos lecteurs : j’ai été la personne choisie par Macky Sall, en juin 2023, pour annoncer qu’il ne ferait pas un troisième mandat. Il m’avait fait venir à Dakar en juin 2023 et je l’avais trouvé sombre. Il me dit : « Je ne ferai pas de troisième mandat. Seuls ma femme et mes proches le savent. Il faut que tu le dises à Paris. » La première personne à qui je l’ai annoncé, selon le vœu de Macky Sall, a été Sarkozy, qui l’a répété aussitôt, depuis son bureau, à Macron. Contrairement à ce qu’on dit, Macky Sall est un démocrate. Oui, il y a eu des morts, oui, il y a eu des manifs, mais quel pouvoir peut accepter qu’il y ait des manifestations violentes sans qu’il ne réprime ? Un trouble à l’ordre public doit être sanctionné. Nous avons assisté à une scène extraordinaire : je connaissais, de réputation, Ousmane Sonko et Diomaye Faye. Dans aucune de mes interviews, ces dernières années, je n’ai dit quoi que ce soit de déplaisant à l’endroit d’Ousmane Sonko. C’est un homme avec du charisme, intelligent, qui séduit, au point où l’on a dit à Macky Sall : « Fais attention, Bourgi est en train de pactiser avec Ousmane Sonko. » Bien sûr, Macky Sall a balayé cela d’un revers de la main. Le président Macky Sall, en libérant les deux détenus, à quelques jours de la présidentielle, cela ne faisait l’ombre d’aucun doute, qu’ils allaient être élus. Nous étions en plein ramadan. Diomaye Faye a fait le ramadan et il a fêté la fin du ramadan au palais présidentiel. C’est miraculeux, on n’avait jamais vu ça.  

Mais c’est à travers un journal gabonais que je voudrais qu’Ousmane Sonko m’écoute. Je vais m’adresser à lui : « Ousmane, c’est un grand frère qui te parle, je suis à la veille de mes 80 ans, je suis né le 4 avril, le jour de l’indépendance du Sénégal, c’est quelque chose d’assez surprenant. Te voici Premier ministre, Diomaye Faye est président. Vous avez redonné vie au pays, qui est de nouveau jeune, alors, je te donne ce conseil : sois un peu plus tolérant dans la gestion du pouvoir, tu n’es plus un opposant. Ousmane, tu es Premier ministre du Sénégal. C’est une chance pour le pays d’avoir un garçon intelligent comme toi, qui a souffert en prison. Mais quand Mandela est sorti de prison, il a décidé de recevoir son geôlier sudafricain, celui qui le battait, lui faisait casser les cailloux. Fais comme lui, sois généreux, plein de mansuétude car, c’est uni qu’on va vers le développement du pays. Ne transforme pas des compatriotes en ennemis. C’est mauvais. Ousmane, écoute ce que te dit Robert Bourgi et le tandem Diomaye-Sonko réussira. La violence ne mènera à rien. Tu en as souffert, mais fais en sorte d’ériger la paix et la fin des divisions, des tensions. Il t’appartient de le faire, tu es Premier ministre de la République du Sénégal.  

Prévoyez-vous de venir au Gabon pour présenter votre livre et faire des séances de dédicace ? Bien sûr. Je caresse le vœu de venir au Gabon, faire une présentation de mon ouvrage face à un public intéressé et choisi. Le dédicacer aux acheteurs. Je répondrai aux éventuelles invitations des chaînes de télévision. J’apprécierais de rendre visite au président de la Transition. Revoir tous mes amis perdus de vue, mais toujours présents dans mon cœur. Et, avant tout, aller me recueillir sur la tombe du président Omar Bongo Ondimba. 

Eliminatoires de la CAN : Le Maroc sanctionne le Gabon

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Le Maroc a remporté, avec une large victoire contre le Gabon (4-1) la première journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, malgré sa qualification automatique en tant que pays hôte. Pendant ce match, disputé le vendredi 6 septembre, les Lions de l’Atlas ont dominé leurs adversaires gabonais, démontrant leur puissance et leur détermination. Cette victoire permet au Maroc de rester compétitif dans ces éliminatoires, malgré son statut d’organisateur de la compétition.

Le match entre le Maroc et le Gabon a offert une première mi-temps spectaculaire, marquée par quatre penaltys, en moins de quarante minutes. Les joueurs de Walid Regragui ont pris l’avantage à la pause, avec Hakim Ziyech qui a réalisé un doublé au cours de cette confrontation. De son côté, Pierre-Emerick Aubameyang a frappé le poteau, manquant son premier son premier pénalty avant de réussir à tromper le gardien marocain Bono à la seconde opportunité en faveur des Panthères du Gabon. En seconde période, l’attaquant Abde, très actif, a provoqué une nouvelle bonne occasion, délivrant un centre en retrait que Mbaba n’a pu dégager spectaculairement. Les Marocains sont revenus avec Ounahi, qui a servi El Kaabi avec une passe précise dans la surface de réparation, qui à son tour, a dribblé le gardien pour inscrire le quatrième but marocain, concluant une victoire de 4-1. 

Les Panthères du Gabon semblent encore en quête d’un modèle de jeu cohérent. Le penalty manqué du capitaine Pierre Emerick Aubameyang, l’individualisme de Denis Bouanga et le manque d’expérience de certains jeunes, particulièrement dans l’axe défensif, ont contribué à cette lourde défaite. Bruno Ecuélé Manga, l’un des cadres de l’équipe, montre des signes de déclin, ne semblant plus évoluer à son meilleur niveau. Face à une équipe marocaine bien organisée et de qualité, les Gabonais, malgré leur ambition de se qualifier pour la CAN, n’ont pas réussi à inverser le cours du match. Cette défaite met en lumière les défis que l’équipe devra rapidement relever pour espérer décrocher la qualification.

D’après le calendrier des éliminatoires du groupe B, le Maroc se déplacera au Lesotho le 9 septembre pour la deuxième journée. De leur côté, les Panthères du Gabon, amenées par Thierry Mouyouma, accueilleront l’équipe de la Centrafrique le 10 septembre, probablement au stade de la Rénovation de Franceville

Après sa lourde défaite contre le Maroc, le Gabon tentera de se racheter et de montrer un meilleur visage. Reste à savoir si les Panthères réussiront à sortir leurs griffes et à obtenir un résultat positif pour relancer leur campagne de qualification.