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Gabon : Une inondation meurtrière ravive le débat sur les infrastructures à Franceville

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Le 20 avril dernier, une pluie diluvienne s’est abattue sur le chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, provoquant l’engorgement de plusieurs quartiers. Les systèmes d’évacuation des eaux, saturés ou bouchés à cause d’un entretien défaillant, n’ont pas résisté à la montée brutale des eaux.

Le drame s’est produit en quelques minutes. Owen Ndoumou, un jeune garçon de 12 ans, a été emporté dans une canalisation débordante. Son corps a été retrouvé sans vie, piégé dans un conduit inondé. Un choc pour toute la communauté.

 La ville de Franceville, l’une des principales agglomérations du sud-est du Gabon, est une nouvelle fois confrontée à ses lacunes structurelles. Chaque saison des pluies met cruellement en lumière les faiblesses de son réseau d’assainissement. Et cette fois, la tragédie humaine est venue s’ajouter aux dégâts matériels. Deux autres personnes, grièvement blessées lors de cette catastrophe, ont été admises d’urgence au Centre hospitalier universitaire Amissa-Bongo. Leur pronostic vital est toujours réservé.

Ce drame remet une fois de plus en cause les responsabilités en matière de gestion urbaine et de prévention des risques climatiques. « Nous ne pouvons plus fermer les yeux », a déclaré le procureur de la République, présent sur les lieux du sinistre. Il a fermement interpellé les autorités locales et nationales à une refonte urgente des infrastructures d’assainissement et à la mise en place de véritables politiques de résilience face aux aléas climatiques.

La population, elle, exprime un ras-le-bol grandissant. Les sinistrés dénoncent l’inaction chronique des pouvoirs publics et réclament des solutions concrètes. Car au-delà de l’émotion et l’indignation, c’est une réalité accablante, les inondations récurrentes détruisent des habitations, ruinent des commerces et mettent chaque année des vies en péril.

Mais le traumatisme dépasse les seuls aspects matériels. « Aujourd’hui, nous vivons dans la peur », confie une mère de famille du quartier Mandji. « Chaque averse est une menace. On craint pour nos enfants et pour nos maisons. » La détresse psychologique, sourde mais profonde, alourdit le quotidien des riverains.

Ce nouvel épisode tragique à Franceville révèle une fois encore l’impérieuse nécessité de repenser l’aménagement urbain au Gabon. Une réponse forte et rapide des autorités est attendue. Car derrière chaque canalisation défectueuse, il y a des vies humaines. Et désormais, un nom à ne jamais oublier : Owen Ndoumou.

Brice Laccruche Alihanga :  La gloire, la chute et la grâce

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Il fut l’homme le plus puissant du Gabon après le président Ali Bongo Ondimba. Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet du chef de l’État de 2017 à 2019, dirigeait le pays avec brio et admiration et d’un verbe tranchant. Il ne se contentait pas d’exécuter les ordres : il donnait le ton, imposait la cadence, façonnait les destins. À travers l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), il avait construit un empire politique parallèle, tentaculaire, omniprésent, omnipotent. Ministres, hauts fonctionnaires, opérateurs économiques : tous faisaient la file devant son bureau. On l’appelait « le vrai président ». Il nommait, révoquait, punissait et récompensait. Le pouvoir était son royaume. L’État, son terrain de jeu. Mais tout a basculé. 

En décembre 2019, il fut arrêté, victime d’une purge brutale orchestrée par ceux-là mêmes qu’il servait avec zèle. Accusé de détournements et de corruption dans le cadre de l’« Opération Scorpion », il a passé près de quatre années derrière les murs de la prison centrale de Libreville. Un empire s’est effondré. Un homme a été brisé. 

Et lorsqu’il sort, ce n’est pas la liberté qu’il trouve. C’est un autre ennemi, plus sournois, plus cruel : le regard des autres, ceux-là à qui il donnait tout ou presque. 

La nuit de l’âme : entre prière, douleur et espérance

Aujourd’hui, Brice Laccruche Alihanga n’est plus le maître d’hier. Il est un homme meurtri, affaibli, à genoux devant Dieu, les yeux tournés vers le ciel. 

Sur sa page Facebook, il ne parle plus de pouvoir, mais de pardon. Il n’invoque plus la République, mais l’Éternel. Le 18 avril, il écrit, sobrement, comme un cri du cœur silencieux : « Jérémie 31:17 “Il y a de l’espérance pour ton avenir, dit l’Éternel ; tes enfants reviendront dans leur territoire.” Paix et grâce à tous. » 

Deux jours plus tard, le 21 avril, jour de Pâques, dans une prière empreinte de foi et de lumière : « En ce jour où le monde célèbre la victoire de la vie sur la mort, je prie que chacun d’entre vous expérimente la puissance de la résurrection de Jésus-Christ… » Quel retournement ! L’homme d’autorité devenu homme de foi. L’ancien geôlier du pouvoir devenu pèlerin de Dieu. 

Doit-on se réjouir de ses souffrances ? Doit-on tourner le dos à celui qui demande grâce ? Non. Car Brice Laccruche Alihanga est aussi un fils du Gabon. Il a connu la gloire, il a connu l’excès — mais n’a-t-il pas aussi fait le bien ? N’a-t-il pas offert, soutenu, élevé certains ? À l’heure où il tend la main, nous devons lui offrir le pardon.
Car l’homme brisé peut devenir un homme nouveau. Pâques est la fête de la résurrection. Et peut-être… la renaissance de BLA.

Seul au sommet, seul dans la vallée

Mais que reste-t-il, lorsque les projecteurs s’éteignent ? Autour de lui, le vide. Le silence. La trahison. Où sont passés les Justin Ndoundangoye, Ike Ngouoni Aila Oyouomi, Christian Patrichi Tanasa Mbadinga, Noël Mboumba, Julian Engongah Owono, Geaurge Ndemengane Ekoh, Hermann Kamonomono, Tony Ondo Mba, Renaud Allogho Akoué ? Tous ces hommes qu’il a protégés, hissés, enrichis ? Où sont les ministres qui, hier encore, se prosternaient à ses pieds pour une nomination, un décret, une faveur ? Ils ont disparu. Comme une brume après la pluie.

Tel est le destin de ceux qui touchent au sommet : ils tombent seuls.

À travers lui, c’est un avertissement que l’histoire envoie au président Brice Clotaire Oligui Nguema. Aujourd’hui, les vivats et les courbettes abondent. Mais demain ? Où seront-ils tous, quand viendra le jour de l’épreuve ?

Les trahisons naissent souvent des faveurs. Et les silences sont parfois les cris les plus cruels. Brice Laccruche Alihanga a dominé, il a chuté et, aujourd’hui, il cherche la lumière. Il est affaibli, isolé. Mais il reste un homme. Un fils. Un frère. Un Gabonais. Et il mérite notre regard. Il mérite notre pardon. Davantage même… notre prière. Son expérience des arcanes du pouvoir et de la vie, tout court, est utile pour une nouvelle République en construction. Il est notre propre miroir : Bla mérite, dans l’épreuve solitaire, d’être utile à son pays. Cela permet de lui remonter le moral, de se sentir vivre…

Au moins il retiendra, parmi tant d’autres leçons de la vie, celle-ci : le pouvoir sert à prendre les autres par la main et les faire grandir. 

[Présidentielle 2025 au Gabon] Pepecy Ogouliguendé salue l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema et propose des pistes pour une gouvernance inclusive et équitable

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Libreville, 19 avril 2025 – Dans une déclaration solennelle empreinte de reconnaissance et d’engagement citoyen, la députée de la Transition et coordinatrice générale de campagne dans la province de l’Ogooué-Maritime, a adressé ses plus vives félicitations au Président élu, Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle a, dans le même élan, formulé une série de recommandations structurantes pour asseoir une gouvernance plus juste, inclusive et prospère.

« Monsieur le Président, les femmes et les jeunes représentent le socle dynamique du Gabon. En les plaçant au cœur de votre action, vous jetterez les bases d’un pays plus solidaire, plus florissant et résolument tourné vers l’avenir. Nous vous encourageons à ériger l’égalité des chances en priorité nationale », a-t-elle affirmé avec conviction.

Dans une démarche proactive, la Présidente de l’ONG Malachie a plaidé pour une intégration systématique de la société civile dans les instances de gestion électorale. Elle a insisté sur l’adoption d’une approche transversale de l’inclusion du genre dans l’ensemble des politiques publiques. Parmi ses propositions phares figurent également la création d’un Conseil national de la femme, appuyé par une Maison de la femme et un Observatoire des droits des femmes, ainsi que l’établissement d’un Bureau de coordination pour l’exécution du Plan d’action national de la résolution 1325, du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Pepecy Ogouliguendé a insisté sur le respect effectif des quotas féminins dans les scrutins électoraux, imposés aux partis politiques. Elle appelle à la mise en œuvre intégrale des cadres juridiques nationaux et internationaux, relatifs aux droits des femmes, tout en se référant aux recommandations du Dialogue national inclusif, favorables à leur épanouissement. À cet égard, elle a invité la population gabonaise, les partenaires internationaux et amis du Gabon à se mobiliser autour de cette œuvre de refondation collective.

Des lois sur la parité dans toutes les sphères décisionnelles

Pour la députée, le changement de mentalité est une condition sine qua non à la réussite de toute politique de refondation. Elle soutient que cette transformation ne peut se réaliser qu’en respectant les dynamiques culturelles des communautés locales et en replaçant le sens du bien commun au cœur de la gouvernance. Selon elle, ce processus requiert bien plus que de simples discours, il exige une compréhension fine des enjeux, une stratégie lucide et persévérante. Cela passe par l’analyse de la cohérence culturelle et des tendances sociétales, la conception d’approches sur mesure alignées avec les aspirations profondes du peuple et une conduite méthodique du changement, portée par des leaders crédibles et des actions symboliques.

Dans ses recommandations spécifiques en faveur des femmes, Pepecy Ogouliguendé a plaidé pour le renforcement de leur présence politique à travers la mise en œuvre de lois sur la parité dans toutes les sphères décisionnelles et la création d’un fonds dédié au soutien des candidatures féminines. Elle a également appelé à stimuler leur autonomie économique par un meilleur accès au crédit, à la formation entrepreneuriale, et par l’appui aux coopératives féminines dans les secteurs agricole, artisanal et technologique.

La défense des droits fondamentaux figure aussi parmi ses priorités, notamment la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion de la santé reproductive et de l’éducation sexuelle. En matière d’éducation, elle encourage l’attribution de bourses dans les domaines scientifiques et technologiques aux jeunes filles, la lutte contre les grossesses précoces, ainsi qu’une représentation féminine d’au moins 40 % dans les institutions publiques.

L’éducation à la gouvernance

S’agissant de la jeunesse gabonaise, elle propose un plan massif d’insertion socio-professionnelle, la création d’incubateurs et d’accélérateurs d’entreprises jeunes, ainsi que la mise en place d’un programme national de stages post-études. Elle prône la modernisation du système éducatif, avec des programmes révisés selon les exigences du XXIe siècle et la valorisation des filières techniques, numériques et écologiques.

La participation citoyenne des jeunes doit être accrue à travers la création de conseils consultatifs et l’intégration de l’éducation à la gouvernance dès le cycle scolaire. Pour appuyer ces dynamiques, elle propose la réhabilitation des centres culturels et sportifs, l’investissement dans l’accès numérique dans les zones reculées, et l’élaboration d’un plan social d’urgence en faveur des jeunes vulnérables.

Clôturant son propos sur une note d’optimisme, Pepecy Ogouliguendé a déclaré avec ferveur: « Avec ce plébiscite, Monsieur le Président, une aube nouvelle se lève, porteuse d’espérance, d’unité et de renouveau. C’est le début de notre envol collectif vers la félicité nationale. »

Disparition tragique d’Aaron Boupendza : vive émotion chez les Panthères et dans le pays

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Le football gabonais est en deuil suite au décès tragique de l’international Aaron Boupendza, survenu le mercredi 16 avril 2025 à l’âge de 28 ans. L’attaquant est mort, dans des circonstances troubles, à Hangzhou, en Chine, après une chute du 11e étage d’un immeuble, selon les premières informations relayées par les médias locaux. Il évoluait cette saison au sein du club chinois Zhejiang FC, en première division.

Né le 7 août 1996 à Moanda, Aaron Boupendza a commencé sa carrière professionnelle avec le CF Mounana, avant de s’envoler pour l’Europe en rejoignant les Girondins de Bordeaux, en France. Bien qu’il n’ait pas eu l’opportunité de s’imposer dans l’équipe première bordelaise, il a acquis de l’expérience au cours de plusieurs prêts, notamment à Pau FC, Gazélec Ajaccio, Tours FC, puis au Portugal avec le CD Feirense.

C’est en Turquie, durant la saison 2020–2021 avec Hatayspor, qu’il connaît son apogée : Boupendza termine meilleur buteur du championnat turc (Süper Lig) avec 22 réalisations, un exploit qui lui ouvre les portes du Moyen-Orient et d’autres aventures internationales. Il portera les couleurs d’Al-Arabi (Qatar), d’Al-Shabab (Arabie saoudite), du FC Cincinnati (États-Unis), puis du Rapid Bucarest (Roumanie), avant de rejoindre le Zhejiang FC début 2025. En Chine, il aura inscrit quatre buts en six apparitions.

En sélection nationale, Aaron Boupendza a porté le maillot des Panthères du Gabon à 35 reprises entre 2016 et 2023, inscrivant huit buts. Il a notamment marqué les esprits lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2021 en marquant le but de la victoire lors du match d’ouverture face aux Comores.

La nouvelle de son décès a provoqué une vive émotion au sein du monde sportif. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a adressé ses condoléances à la famille du joueur et à la nation tout entière. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Barbera Isaac, s’est rendu vendredi 18 avril 2025 au domicile familial de l’ancien joueur, pour présenter ses condoléances les plus attristées au nom du chef de l’Etat et celui du gouvernement.

Avant de confirmer « l’engagement des autorités à accompagner la famille dans toutes les démarches liées au rapatriement du corps à l’organisation des obsèques », écrit le ministère des Sports sur sa page Facebook. Ajoutant qu’un « hommage national sera rendu dans les prochains jours, en concertation avec les autorités compétentes et les instances sportives, afin d’honorer dignement la mémoire de ce grand ambassadeur du football gabonais. »

De nombreux anciens coéquipiers, à l’instar de Pierre-Emerick Aubameyang, Mario Lemina, Denis Bouanga, Didier Ndong, Bruno Ecuelé Manga, lui ont également rendu hommage sur les réseaux sociaux, saluant son talent et sa générosité.

Aaron Boupendza restera dans les mémoires comme un attaquant talentueux, combatif et porteur de fierté pour tout un pays. Sa disparition soudaine laisse un grand vide dans le cœur des amateurs et fans de football, au Gabon comme à l’étranger. Ils n’oublieront pas, de sitôt, la phrase-culte, immortalisée par le son : « Boupendza n’était pas hors-jeu », née d’un but qui lui avait été refusé à la CAN 2021 au Cameroun, pour une supposée position de hors-jeu lors du match Gabon-Burkina Faso comptant pour les huitièmes de finale.

La subvention à la presse de la discorde au Gabon : Stéphane Zeng met maladroitement le feu entre Laurence Ndong et les éditeurs

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Depuis quelques jours, la presse gabonaise privée est en ébullition. En cause, un personnage qui s’est imposé au cœur d’une polémique où il n’a pourtant aucun rôle officiel : Stéphane Zeng, ancien activiste très suivi sous le régime d’Ali Bongo, aujourd’hui directeur du Centre gabonais de l’innovation, il a troqué son costume d’observateur engagé contre celui de défenseur virulent – et insultant – de la ministre de la Communication. Qu’il est loin le temps où il s’érigeait en donneur de leçon de bonne gouvernance. Laurence Ndong avait-elle besoin d’une telle « lumière » ?

Sur sa page Facebook, Stéphane Zeng, s’est livré à une série de publications méprisantes, traitant les journalistes de « journaleux », de « merdes », d’ »incompétents », accusés de « chantage ». Dans ce qu’il présente comme une mise au point, il affirme que tout a été fait dans les règles, que la ministre est irréprochable et que seuls les organes remplissant les critères ont bénéficié de la subvention (79 sur 102).

Mais ce rôle d’avocat autoproclamé soulève une question essentielle : pourquoi un directeur général d’un service administratif sans lien avec le ministère de la Communication se mêle-t-il d’un dossier aussi sensible, au point d’envenimer davantage les tensions ? Cette confusion de rôle remet au goût du jour la problématique du casting au Gabon. Voilà un directeur général qui se prend pour l’avocat porte-parole du ministre de la Communication au moment où on l’attend sur les dossiers de l’innovation technologique.

Une subvention rétablie, une répartition contestée

Sous Ali Bongo, la subvention annuelle à la presse avait fondu jusqu’à 120 millions de FCFA. L’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema en 2023 a marqué une rupture, avec une réévaluation de l’enveloppe à 500 millions de FCFA, renouant avec le montant initial fixé en 2003 par Omar Bongo. Objectif : garantir la survie des médias privés et favoriser un écosystème de presse libre et viable.

Mais rapidement, les critiques ont émergé : prélèvements de 10 % pour la commission de répartition, 15 % retenus à la source par le Budget et, surtout, une répartition jugée opaque et inéquitable. Plusieurs organes n’ayant rien perçu, des voix se sont élevées pour dénoncer le flou.

Face à la pression, le très discret porte-parole de la présidence de la République, Dr Max Olivier Obame (lors de la conférence de presse du 20 février 2025, Ndlr) a rappelé que la totalité de l’enveloppe devait être versée aux bénéficiaires. Pourtant, la confusion persiste, nourrie par l’absence de transparence sur les noms des bénéficiaires et les montants perçus.

La réponse cinglante de la presse

Guy Pierre Biteghe, directeur de publication du journal Le Mbandja, a pris la parole pour fustiger l’intervention de Stéphane Zeng. Il reconnaît la validité des critères d’éligibilité évoqués par ce dernier, mais pointe les véritables problèmes : l’absence de publication officielle de la liste des bénéficiaires, la présence présumée d’organes fantômes, et l’arbitraire des montants alloués. « Ce que nous demandons est simple, dit-il, qu’on publie la liste avec les montants. C’est de l’argent public, les Gabonais ont droit à la transparence. »

Selon lui, cette opacité alimente les soupçons de favoritisme, voire de corruption. « Stéphane Zeng pense défendre Laurence Ndong, mais il ne fait que la desservir« , conclut-il.

Une sortie qui fait écho à celle de nombreux autres professionnels des médias, choqués par la virulence des propos de Zeng et inquiets du silence persistant des autorités.

Laurence Ndong : silence stratégique ou maladresse ?

La ministre de la Communication n’a, à ce jour, pas publié la fameuse liste. Pourtant, aucun élément concret ne permet de l’accuser formellement de détournement ou de malversation. Le vrai débat est ailleurs : le manque de communication, l’absence de clarification officielle et, surtout, l’espace laissé à des figures comme Zeng pour parler à sa place.

Pour sortir de la crise, un seul geste suffit : réunir la presse, publier les noms et les montants, et expliquer les critères appliqués, comme autrefois sous Omar Bongo. C’est à ce prix que la sérénité pourra revenir, et que la confiance entre les médias et le ministère pourra être restaurée.

En attendant, c’est une guerre de communication qui se joue – et dans cette guerre, les insultes ne remplacent pas la transparence.

Gabon/Santé mentale des sportifs de haut niveau : Jean Noël Amonome brise le silence

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Le décès tragique de l’international gabonais Aaron Boupendza a ému bien au-delà des terrains de jeu. Dans une publication poignante sur son compte Facebook, daté du 21 avril dernier, l’international Jean Noël Amonome, gardien de but de la sélection nationale, a levé le voile sur un fléau aussi insidieux que ravageur : la dépression dans le milieu du sport de haut niveau.

« Nous souffrons en silence », écrit, d’entrée, le gardien de but des Panthères du Gabon, en soulignant les multiples pressions qui pèsent sur les épaules des footballeurs professionnels, à cause des attentes démesurées du public, des performances exigées par les clubs et les sélectionneurs, des sacrifices personnels et familiaux, des blessures parfois irréversibles, des critiques virulentes des médias ou des supporters et bien d’autres circonstances.  « Le football est un métier aussi exigeant que destructeur. Derrière les projecteurs, nous faisons face à des défis mentaux immenses. La pression pour performer constamment engendre du stress, des échecs, des douleurs et mène, trop souvent, à la dépression », écrit le gardien des buts des Panthères.

Pour Amonome, cette maladie psychologique, encore largement taboue dans les vestiaires, agit comme une tueuse silencieuse. « Le plus souvent, nous souffrons en silence car nous sommes censés incarner la force, la résilience, le dépassement de soi. Parler de nos failles mentales, c’est encore perçu comme un aveu de faiblesse. »

Un appel à l’écoute et au soutien

Face à cette réalité alarmante, le gardien gabonais plaide pour une prise de conscience collective. Il invite les responsables sportifs à créer un environnement où les athlètes puissent s’exprimer sans pression, et bénéficier d’un accompagnement psychologique adapté. « Il est impératif de reconnaître les souffrances mentales dans notre profession. Nous avons besoin d’un soutien solide, bienveillant et professionnel, pour traverser les tempêtes que cache parfois notre silence. »

Ce témoignage, aussi sincère que bouleversant, relance le débat sur la santé mentale dans le sport professionnel. Un sujet longtemps relégué au second plan, mais dont les conséquences, comme le rappelle tristement la disparition de l’attaquant Aaron Boupendza, peuvent être irréparables.

Gabon : Des nouveaux quotas adoptés pour l’emploi des travailleurs étrangers

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Un décret publié, le 2 avril 2025, dans le Journal officiel introduit de nouvelles régulations concernant l’emploi de la main-d’œuvre étrangère dans les entreprises.

Pris en application de l’article 137 du Code du Travail, ce décret fixe des quotas des emplois selon les catégories professionnelles et précise les frais de dossier ainsi que leur affectation. L’objectif est de favoriser l’emploi des travailleurs gabonais tout en permettant aux entreprises de recourir à des compétences spécifiques lorsque nécessaire.

Les quotas sont définis comme suit : 10 % de l’effectif des cadres doivent être étrangers, 15 % pour les agents de maîtrise et techniciens supérieurs, et 2 % pour le personnel d’exécution. Ces quotas s’appliquent à toutes les entreprises, dans le but de promouvoir l’emploi local tout en répondant aux besoins en compétences spécialisées. Les entreprises devront se conformer à ces ratios, sauf exceptions prévues par des accords internationaux ratifiés par le Gabon.

Des dérogations aux quotas peuvent être accordées par le ministre chargé du Travail dans des situations spécifiques, notamment pour les travaux de haute technicité. Ces dérogations sont limitées à deux ans, renouvelables une fois. Toutefois, les employeurs doivent obligatoirement former un travailleur gabonais, qui sera accompagné du travailleur étranger pendant cette période. Cette mesure vise à favoriser le transfert de compétences et à renforcer la formation des travailleurs locaux.

En outre, le décret impose des frais de dossier pour l’embauche de travailleurs étrangers, dont le montant et l’affectation seront précisés. Ces frais visent à assurer une gestion rigoureuse des procédures administratives et à garantir la conformité des démarches avec les normes du Code du Travail. Cette nouvelle régulation devrait permettre une gestion équilibrée entre l’emploi des nationaux et la nécessité de compétences étrangères.

Source : Journal officiel N°61 Bis du 2 avril 2025

Gabon : De nouvelles règles pour l’emploi de travailleurs étrangers

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Un décret publié, le 2 avril 2025 au Journal officiel, encadre désormais l’emploi de la main-d’œuvre étrangère dans les entreprises locales.

Dorénavant, toute demande ou renouvellement d’autorisation d’emploi devra s’accompagner du paiement d’un droit de traitement de dossier fixé à la somme de 500 000 francs CFA, non remboursable. Les modalités de ce paiement seront précisées par un arrêté conjoint des ministres en charge du Travail et de l’Économie. Ces frais contribueront au fonctionnement de l’organisme chargé d’examiner les demandes d’embauche de travailleurs étrangers.

Le décret prévoit également des sanctions en cas de non-respect de ces nouvelles dispositions, conformément aux textes législatifs en vigueur.

Source : Journal officiel N°61 Bis du 2 avril 2025

Gabon : Francis Jean Jacques Evouna plaide pour un nouveau modèle économique plus inclusif et équitable

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Au lendemain de la victoire éclatante de Brice Clotaire Oligui Nguema, crédité de près de 95 % des suffrages exprimés, Francis Jean Jacques Evouna, président du Conseil Gabonais du Patronat (CGP), a fait une déclaration, le week-end écoulé, sur un changement de paradigme économique.

Tout en saluant l’adhésion massive du peuple gabonais au choix du président de la République élu, Francis Jean-Jacques Evouna a formulé un appel à Brice Clotaire Oligui Nguema, sa famille et l’ensemble de la nation, en évoquant une nouvelle ère à construire le Gabon avec foi et ambition.

Mais au-delà de l’émotion, le président du Conseil, gabonais du patronat a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’un changement de paradigme économique. Selon lui, il est urgent de repenser la place des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE/PME) dans le tissu économique national. Ces structures, souvent reléguées au second plan, doivent désormais être reconnues comme des leviers stratégiques de développement.

Francis Evouna met en garde contre toute tentative d’hégémonie d’une organisation patronale unique, en l’occurrence la FEG, au détriment de la diversité des représentations du secteur privé. Il exhorte les nouvelles autorités à privilégier une gouvernance concertée, inclusive et en phase avec les aspirations des entrepreneurs de proximité. Dans cette optique, il propose la mise en place d’un « Pacte PME », accompagné d’une implication personnelle du Président de la République dans la refonte des structures de représentation du patronat.

Pour impulser une relance durable, le président du CGP identifie trois piliers essentiels : restaurer la confiance entre les acteurs économiques et l’État, valoriser l’esprit d’initiative et célébrer le succès entrepreneurial. Francis Jean-Jacques Evouna milite pour une administration plus agile, une fiscalité allégée et mieux calibrée, ainsi que des politiques publiques orientées vers l’innovation et la compétitivité.

Dans la vision du président du CPG, le Gabon de demain doit être un terreau fertile pour l’initiative privée, où le risque est encouragé, la réussite célébrée et la solidarité entre entrepreneurs érigées en valeur cardinale.

En guise de conclusion, Francis Evouna réaffirme son engagement indéfectible en faveur des TPE et PME, qu’il considère comme la colonne vertébrale du prochain septennat. Il plaide pour une simplification drastique des procédures fiscales et administratives et pour une législation mieux adaptée aux réalités du terrain. Il invite le futur gouvernement à faire preuve d’écoute, de respect et de pragmatisme envers ces acteurs économiques incontournables, garants de la vitalité et de la résilience de l’économie gabonaise.

Gabon : Jean Rémy Yama amorce un retour stratégique en vue des prochaines consultations électorales

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Écarté de la dernière élection présidentielle, Jean Rémy Yama, figure emblématique du syndicalisme, converti depuis peu à la politique, a repris la parole, le vendredi 18 avril 2025, depuis le siège du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP), sis à Awendjé. Résolument tourné vers l’avenir, le parlementaire de la Transition a lancé un appel solennel au rassemblement autour de sa formation politique, en prélude aux futures échéances électorales.

Loin de renier les revers du passé, le leader du PNTP a plaidé pour une introspection lucide en exhortant ses partisans à tirer les enseignements des erreurs antérieures afin de consolider les fondations idéologiques et organisationnelles du parti. À ses yeux, les scrutins législatifs et locaux à venir constituent une véritable fenêtre d’opportunité pour réaffirmer la présence du PNTP dans l’arène politique nationale.

Bien que sa mise à l’écart de la présidentielle demeure sujette à controverse, Jean Rémy Yama n’a nullement évoqué l’éventualité d’un désengagement ou d’un boycott. Bien au contraire, il a exprimé l’ambition de faire du PNTP une entité politique proactive, apte à exercer un rôle de contre-pouvoir à travers une participation éclairée aux institutions. « Les élections locales et parlementaires offriront au PNTP l’occasion de s’imposer comme un acteur crédible de veille citoyenne sur l’action de l’exécutif », a-t-il déclaré.

Investi de ses fonctions de sénateur de la Transition, l’orateur a également fait part de ses préoccupations quant à certaines réformes institutionnelles, qu’il considère comme régressives pour l’équilibre des pouvoirs. Il a notamment dénoncé l’impossibilité, pour le Parlement, d’exercer un droit de censure sur le gouvernement, voyant en cela un affaiblissement manifeste de l’autorité législative.

Par cette intervention, Jean Rémy Yama réaffirme sa volonté de demeurer un acteur politique de premier plan, en misant désormais sur une stratégie d’influence parlementaire, dans une logique de reconstruction et de repositionnement tactique.