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Grève des enseignants au Gabon : le président de l’Assemblée nationale tente l’ultime médiation

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Alors que l’école gabonaise est paralysée depuis le 5 janvier, la cinquième semaine de grève s’ouvre sur une initiative politique de la dernière chance, dans un climat d’inquiétude croissante autour d’une année blanche redoutée par tout le monde.

Depuis le 5 janvier 2026, le système éducatif gabonais est à l’arrêt. À l’appel du collectif « SOS Éducation la Base », les établissements scolaires sur l’ensemble du territoire ont gardé portails clos. Ni les appels à la reprise de la ministre de l’Éducation Nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, ni les travaux de la commission tripartite, ni même les deux protocoles d’accord déjà signés n’ont suffi à éteindre la fronde. Malgré la médiation de l’honorable Jean Gaspard Ntoutoume Ayi ou les balades des hommes heureux d’une pseudo-société civile complètement décalée des réalités, la grève entame sa cinquième semaine, faisant planer le spectre d’une année blanche sur la tête de milliers d’élèves.

Face à cette impasse, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, a décidé de prendre ses responsabilités. Dans une correspondance datée du 2 février 2026, il invite officiellement les représentants de SOS Éducation la Base à une audience le mercredi 04 février à 14H00 au Palais Léon Mba.

Préoccupé par une situation qui n’est pas « de nature à garantir une année scolaire régulière à nos enfants », le Bureau de l’Assemblée nationale souhaite créer un « espace de dialogue approfondi visant à conduire l’ensemble des parties concernées vers une sortie de crise ». Le document précise qu’une délégation de vingt membres au maximum est attendue dans la salle Jonas Ovono Assoumou.

Le point d’orgue de cette invitation réside dans la mention explicite de deux figures de proue : « il est souhaitable que prennent part à cette audience […] Messieurs Simon Ndong Edzo et Marcel Libama ». Ce choix doublé d’une précision « chirurgicale » n’a rien d’anodin. Ces deux leaders syndicaux, soutiens du mouvement, sortent tout juste de détention après avoir bénéficié d’une liberté provisoire. En ciblant ces « deux poids lourds », le président de l’Assemblée nationale espère-t-il les transformer en facilitateurs pour convaincre la base de « SOS Éducation » ? Wait and see.

Bien que jugée tardive par certains observateurs, cette approche parlementaire apparaît comme l’ultime levier pour faire entendre raison aux enseignants. Dans une République en quête de stabilité, le Palais Léon Mba joue ici son va-tout pour sauver ce qui peut encore l’être d’une année scolaire déjà lourdement hypothéquée.

Toutefois, une question subsiste : l’Assemblée nationale est-elle dans son rôle ? Non, estime une source proche du parti Ensemble pour le Gabon d’Alain Claude Bilie-by-Nze « cette démarche démontre le pouvoir navigue sans cap. C’est une manière d’affaiblir l’action du gouvernement. En France, c’est la commission chargée de l’éducation nationale qui les aurait reçus. ». Pas du tout, croit savoir un militant des 7MP de Joël Ngoueneni « Oui, l’Assemblée nationale peut recevoir des partenaires sociaux en temps de crise. Dernièrement la présidente de l’Assemblée nationale française a bien reçu une délégation des agriculteurs qui manifestaient pour dire non à l’accord commercial UE-Mercosur ».

Dans tous les cas, l’issue de la rencontre dira si c’était une bonne ou une mauvaise démarche.

Poste de sélectionneur des Panthères du Gabon : pluie de postulants

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La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) enregistre un engouement exceptionnel à la suite de l’appel à candidatures lancé pour le recrutement du nouveau sélectionneur national. Selon un communiqué publié ce 3 février 2026, pas moins de 605 candidats, majoritairement des techniciens européens, ont manifesté leur intérêt pour diriger les Panthères du Gabon.

Pour la Fegafoot, ce regain est un motif de satisfaction et de fierté. L’instance dirigeante y voit la preuve de l’attractivité grandissante de la sélection gabonaise sur la scène internationale et du prestige dont jouit désormais l’équipe nationale auprès des techniciens étrangers.

Le processus entre désormais dans une phase technique. L’examen des dossiers sera assuré par le Comité exécutif, avec l’appui de plusieurs experts issus de la Direction technique nationale (DTN), de l’Association des éducateurs et entraîneurs du Gabon, ainsi que de l’association des clubs de D1. Cette étape, qui se déroulera du 4 au 10 février 2026, doit aboutir à l’établissement d’une « short-list » de trois candidats avant le choix final et l’officialisation du futur patron du banc gabonais.

La Fegafoot a précisé que le futur sélectionneur et son staff devront présenter un projet ambitieux et cohérent, capable de consolider les acquis et de renforcer la compétitivité de l’équipe. L’objectif affiché est clair : permettre aux Panthères du Gabon de se hisser durablement parmi les nations de football les plus respectées du continent africain.

Réformes institutionnelles au Gabon : le Sénat et l’Union européenne sur la même longueur d’onde

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La nouvelle présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume, épouse Awori Onanga, a reçu en audience, ce mardi 3 février 2026, Cécile Abadie, ambassadrice de l’Union européenne au Gabon. Cette visite de courtoisie pose un premier jalon politique entre la nouvelle équipe dirigeante de la Chambre haute et l’un des partenaires institutionnels majeurs du pays.

Venue présenter ses civilités et saluer l’élection de la présidente, la diplomate européenne a profité de cet entretien pour engager un échange de fond sur les perspectives de coopération parlementaire. Au centre des discussions : la vision du nouveau Bureau du Sénat pour cette première législature de la 5ᵉ République, dans un contexte de réformes institutionnelles et de fortes attentes citoyennes. « Je souhaitais entendre sa vision et la manière dont nous pourrions continuer à coopérer, puisque nous avons déjà mené un certain nombre d’initiatives à destination des parlementaires », a déclaré l’ambassadrice.

Les échanges ont également porté sur le renforcement des capacités des sénateurs, un enjeu central pour améliorer la qualité du travail législatif et l’efficacité du contrôle de l’action gouvernementale. Sur ce volet, l’Union européenne dispose d’une expertise reconnue, souvent sollicitée dans les systèmes institutionnels en mutation.

Dans un contexte de décentralisation, le Sénat affirme son rôle de trait d’union entre les institutions et les citoyens.
Dans un contexte de décentralisation, le Sénat affirme son rôle de trait d’union entre les institutions et les citoyens.

Le chantier de la décentralisation s’est imposé comme l’un des points forts de l’audience. Ce dossier structurant est appelé à redéfinir les rapports entre l’État central, les collectivités locales et les usagers. « L’enjeu majeur de ce mandat est d’œuvrer au renforcement des liens entre les institutions de la République et l’ensemble des citoyens, à travers tous les territoires », a souligné Cécile Abadie.

Enfin, les deux personnalités ont évoqué l’autonomisation de la femme gabonaise, s’inscrivant dans une logique de gouvernance inclusive et de participation accrue des femmes aux instances de décision.

Au terme d’échanges jugés francs et constructifs, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume Awori Onanga et Cécile Abadie ont exprimé une satisfaction partagée, laissant entrevoir une consolidation de la coopération parlementaire au service des réformes nationales.

Chantiers de Lébamba et Makongonio : coup de pression sur les entreprises adjudicataires

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Fidèle aux orientations du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a mené fin janvier une inspection rigoureuse des chantiers structurants à Lébamba et Makongonio. L’objectif affiché est clair : garantir la livraison des infrastructures dans les délais contractuels.

Accompagné de techniciens et de responsables d’entreprises, le ministre a privilégié une approche de terrain, loin des rapports de bureau. Cette descente visait à confronter l’état réel d’avancement des travaux aux prévisions, marquant une rupture avec les pratiques de complaisance passées.

A Makongonio : un espoir de désenclavement

La délégation a inspecté trois pôles majeurs : la future station-service Gab’Oil, les 45 logements administratifs et le complexe scolaire. Ces projets, attendus de longue date, représentent un levier crucial pour briser l’isolement de la localité. Sur place, la cadence des travaux est jugée encourageante, rendant les délais de livraison désormais crédibles.

A Lébamba, une métamorphose urbaine est en cours de réalisation. Le tour d’horizon y a été plus vaste, où une série de projets doit redessiner le visage de la ville : hôpital, lycée d’excellence, complexe administratif, gare routière et marché moderne. Si les avancées sont notables, l’optimisme reste mesuré. Comme le souligne souvent la presse locale, notamment « L’Union », les populations ne se satisfont plus de promesses et exigent désormais des infrastructures fonctionnelles.

Les 45 logements destinés aux cadres en cours de construction à Makongonio.
Les 45 logements destinés aux cadres en cours de construction à Makongonio.

Une gouvernance par les résultats

Cette initiative d’Edgard Moukoumbi incarne la « gouvernance pragmatique » prônée par le sommet de l’État. Au-delà de la simple construction, l’enjeu est aussi social, avec une attention particulière portée à la création d’emplois pour la jeunesse locale.

Le message envoyé aux entreprises est sans équivoque : chaque chantier doit être mené à son terme. Si l’État semble avoir pris la mesure des attentes citoyennes, la durabilité de cette dynamique face aux vieux démons de la bureaucratie reste le principal défi à relever.

Affaire Générale des Carrières et des Mines/Légua Okitambudi : La conformité à l’AUDSCGIE de la fonction d’Administrateur Directeur Général (ADG)

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L’intitulé des fonctions de direction de la société anonyme avec conseil d’administration n’est pas souvent respecté par la pratique. Dans l’arrêt commenté, la CCJA a manqué de se prononcer sur la conformité de la pratique aux dispositions légales.

Dans l’arrêt n°008/2024 du 25 janvier 2024, pourvoi n°456/2021/PC du 16 décembre 2021, deuxième chambre, dans l’affaire opposant La Générale des Carrières et des Mines à Lenga Okitambudi (inédit), la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) a manqué de se prononcer sur la conformité aux dispositions de l’AUDSCGIE de l’intitulé de la fonction d’Administrateur Directeur Général (ADG) de la société anonyme (SA) avec Conseil d’administration (CA).

La CCJA est saisie en cassation de l’arrêt RACA 030 du 03 juin 2021 rendu par la Cour d’appel de Lualaba de la République Démocratique du Congo. La Cour d’appel déclare l’appel interjeté « irrecevable pour défaut de qualité, au motif que la désignation de l’administrateur directeur général adjoint qui représentait la GECAMINES SA n’était pas conforme aux dispositions de l’AUSCGIE, autant dans le processus que dans l’intitulé de la fonction ».

La CCJA ne s’est pas prononcée sur l’intitulé de la fonction alors que l’absence de conformité dudit intitulé à l’AUDSCGIE était reprochée à l’arrêt de la Cour d’appel. Elle a donc esquivé de statuer sur une pratique non conforme aux dispositions de l’AUDSCGIE relatives à l’intitulé des fonctions dans la société anonyme avec conseil d’administration. En effet, dans une telle société, l’AUDSCGIE consacre la fonction de président-directeur général (art. 462), de directeur général (art. 485, al. 1), de directeur général adjoint (art. 470 et 485, al. 2). Il ne prescrit pas la fonction d’administrateur directeur général. En d’autres termes, même s’il est choisi parmi les administrateurs, le directeur général n’occupe pas la fonction d’administrateur directeur général.

L’attitude de la CCJA suscite des interrogations sur ses véritables intentions. Elle n’est pas conforme aux objectifs de sécurité juridique et judiciaire du droit OHADA. Implicitement, elle cautionnerait le choix du directeur général uniquement parmi les administrateurs.

François Ndjamono (Docteur en droit privé, Assistant à l’université Omar Bongo)

Cap sur les résultats : Le Gouvernement en ordre de bataille pour le défi des « 100 jours »

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À l’issue d’un marathon administratif de trois semaines, le Conseil interministériel du 3 février 2026 a scellé les feuilles de route sectorielles. Entre impératif de réalisme et obligation de résultats, l’équipe gouvernementale s’apprête à passer l’examen de l’opinion publique sous le haut magistère du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le Conseil interministériel de ce mardi marque un tournant décisif dans la dynamique de l’action publique. Réuni sous l’impulsion des hautes instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement s’est engagé dans un exercice stratégique majeur : la finalisation et la validation des feuilles de route des 100 jours de chaque département ministériel.

Dès l’ouverture des travaux, le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a planté le décor en rappelant la solennité du moment : « Nous sommes à J-1 du délai fixé par le président de la République, chef de l’État, chef du Gouvernement, pour la présentation d’une feuille de route des 100 jours de chaque département ministériel. » Cette déclaration souligne l’exigence de rigueur et de discipline imposée à l’ensemble de l’exécutif, dans un contexte où l’opinion publique attend des résultats concrets.

Refuser les effets d’annonce pour privilégier le réalisable

Le Conseil de ce 3 février n’a donc laissé aucune place à la dispersion. « Ce Conseil interministériel est exclusivement consacré à la présentation par chaque membre du gouvernement de la feuille de route des 100 jours de son ministère », a précisé Hermann Immongault. Au-delà d’un simple exercice administratif, il s’agit d’un acte politique fort, engageant la responsabilité collective du gouvernement. En ce sens, le Vice-président a insisté sur la portée de la démarche : « En nous engageant pleinement dans cet exercice, nous apportons une caution gouvernementale au nom de la solidarité aux choix faits par chaque ministre. » Une solidarité qui implique aussi une coresponsabilité dans les succès comme dans les échecs.

Cap sur les résultats : Le Gouvernement en ordre de bataille pour le défi des « 100 jours »
Hermann Immongault, Vice-président du Gouvernement, lors du Conseil interministériel du 3 février 2026.

Cette étape est l’aboutissement de plusieurs semaines de travail intense. « Les trois dernières semaines ont été marquées par une intensification des conseils de cabinet et des comités ministériels de pilotage », a rappelé le Vice-président du gouvernement. L’objectif était clair : accélérer la cadence de l’action gouvernementale afin de répondre « aux attentes légitimes de nos concitoyens ». Ces concertations ont permis un diagnostic sans complaisance de l’état d’avancement des projets, en mettant en lumière « les points d’achoppement susceptibles d’être traités de manière fructueuse ».

Le temps est désormais à l’évaluation et à la projection. « Nous devons aujourd’hui faire un point d’étape par l’évaluation des mesures et projets des 100 jours de notre gouvernement », a insisté Hermann Immongault. Une évaluation qui se veut à la fois lucide et pragmatique : « Il s’agira d’évaluer de manière objective ce qui a déjà été accompli et de proposer des perspectives opérationnelles réalistes. » Le message est sans ambiguïté : aucune place pour les effets d’annonce ou les engagements irréalisables. « Il s’agira de ne présenter que ce qu’il est possible de réaliser dans les 100 jours », a-t-il martelé, appelant à une gestion axée sur les résultats.

Expliquer l’action publique aux citoyens

Dans un souci de transparence et de redevabilité, le gouvernement entend également associer directement les citoyens à cette dynamique. « Dès la semaine prochaine, vous serez invités sur des plateaux TV pour davantage partager avec les Gabonaises et les Gabonais ces feuilles de route », a annoncé le Vice-président. Ces prises de parole publiques devront permettre à chaque ministre de détailler « les principales articulations et les grands ressorts de son agenda sectoriel », en parfaite cohérence avec « les engagements pris par le chef de l’État devant les Gabonais ».

Cap sur les résultats : Le Gouvernement en ordre de bataille pour le défi des « 100 jours »

À l’heure où les difficultés sociales, économiques et institutionnelles pèsent lourdement sur le quotidien des populations, les Gabonais n’attendent plus des intentions, mais des solutions claires et visibles. Le compte à rebours est lancé : le temps des diagnostics s’achève, celui de l’action commence. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de convaincre par les actes, de restaurer la confiance et de prouver que les 100 jours peuvent être le socle d’un changement tangible. Le pays observe, juge et attend.

Gabon : Vers une modernisation digitale du système des transports routiers

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Le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a franchi une étape clé pour la sécurité routière nationale. Il a signé ce lundi 2 février 2026 un Mémorandum d’Entente (MoU) avec la société Infragroup Holding, marquant le début d’une transformation profonde du secteur des transports terrestres.

Cet accord fait suite à une première audience stratégique tenue le 12 janvier 2026, durant laquelle le groupe avait exposé sa vision d’une gestion modernisée et entièrement numérisée du trafic au Gabon.

Un Système de Gestion Intégré pour sauver des vies

Le projet repose sur le déploiement d’un Système de Gestion Intégré du Transport Terrestre. Cette infrastructure technologique vise trois objectifs majeurs : renforcer la sécurité des usagers, fluidifier la gestion administrative et réduire drastiquement le nombre d’accidents.

Concrètement, la feuille de route prévoit plusieurs innovations majeures : plateforme numérique interopérable pour centraliser les services ; suivi du trafic en temps réel pour une meilleure réactivité des secours ; registre national des véhicules pour assainir le parc automobile et la verbalisation électronique (PV électroniques) afin de limiter les « arrangements » ; garantir la transparence et la collecte de statistiques fiables sur l’accidentalité pour guider les futures politiques publiques.

Gouvernance et Souveraineté

Au-delà de l’aspect technologique, l’initiative prévoit un renforcement des capacités des forces de contrôle et une optimisation de la mobilisation des ressources non fiscales. Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui ambitionne de faire du réseau routier gabonais un modèle de modernité et de sécurité au service du développement socio-économique du pays.

Gouvernance publique : l’élite financière gabonaise à l’école de l’excellence à la Sorbonne

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Sous l’impulsion d’une diplomatie économico-financière redynamisée, des hauts cadres de l’administration financière du Gabon ont entamé, lundi 2 février 2026, un cycle de formation certifiante de haut niveau au sein de l’illustre IAE Paris-Sorbonne Business School. Validé le 15 juillet 2025 par les plus hautes autorités du pays, au premier rang desquelles le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, le programme de renforcement des capacités des hauts cadres financiers gabonais procède d’une vision clairement définie, celle de refonder l’action publique par la compétence.

Le dossier, initié par l’ancien ministre du Budget et des Finances, Henri Claude Oyima, s’inscrit dans une coopération Gabon–France rénovée, pragmatique et résolument orientée vers les résultats. Depuis le lundi 2 février 2026, en effet, Paris accueille la première session de cette formation certifiante organisée à l’IAE Paris Sorbonne. Y prennent part des cadres supérieurs des Impôts, des Douanes, du Budget et du Trésor, regroupés en deux groupes pilotes d’environ 25 participants chacun.

Étendue sur le premier semestre 2026, la formation combine séminaires en présentiel dans la capitale française et séquences de suivi à distance, pour un total de douze jours de formation intensive.

Une vue des participants
Une vue des participants.

Des modules au cœur de la gouvernance moderne

Le programme, à haute valeur ajoutée stratégique, couvre des champs décisifs tels que le pilotage de la performance financière, stratégie et leadership, management et organisation, cartographie des risques, contrôle interne, sans éluder l’impact de l’intelligence artificielle (AI) et les enjeux sociétaux contemporains. Il repose également sur des études de cas appliquées aux régies financières du Gabon, adossées à des benchmarks internationaux, et débouche sur la rédaction et la soutenance d’un projet de service, évalué lors du dernier séminaire.

Outre les modules d’enseignement dispensés par d’éminents professeurs tels qu’Eric Lamarque et Jérôme Caby, les participants bénéficient de visites d’entreprises et de conférences de dirigeants de premier plan. L’IAE Paris-Sorbonne assure l’intégralité de la logistique et de l’évaluation, garantissant la délivrance d’un certificat de renommée mondiale qui viendra sanctionner les compétences acquises lors d’une cérémonie solennelle en juin 2026.

 L'un des formations en action
L’une des formations en action.

Une certification d’excellence, entièrement prise en charge par la partie française

L’IAE Paris Sorbonne assure non seulement l’ingénierie pédagogique, mais aussi l’évaluation des participants, la délivrance du certificat, l’accès à une plateforme dédiée, ainsi que l’organisation de la cérémonie de graduation en Sorbonne. Fait notable, les billets d’avion, l’hébergement et l’ensemble des frais de formation sont intégralement pris en charge par la partie française, dans le cadre de cette coopération institutionnelle.

Une coopération bilatérale exemplaire

Dans le cadre de cet accord de coopération privilégié, l’État gabonais tire comme principal avantage de ne débourser aucun « kopeck », assure une source proche du dossier. L’intégralité des coûts (incluant les séances de formation, l’accès aux plateformes numériques, les titres de transport aérien en classe économique et l’hébergement dans la capitale française) est prise en charge par le budget de formation de l’IAE Paris-Sorbonne, soutenu par les mécanismes de coopération française. Ce processus, mûri depuis de longs mois, s’inscrit dans le droit fil de la refondation des institutions gabonaises. En investissant dans son capital humain sans obérer les finances publiques, le Gabon s’assure une transition vers une administration moderne, agile et capable de répondre avec rigueur aux impératifs de développement socio-économique du pays.

Santé : Le paracétamol, un « faux ami » de l’automédication

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À la moindre douleur, à la première fièvre, le geste est presque mécanique pour de nombreux Gabonais : avaler un comprimé de paracétamol. Souvent sans ordonnance, parfois même sans en mesurer la dose. Ce médicament, devenu familier, s’est glissé dans les habitudes au point de brouiller la frontière entre traitement médical et consommation banalisée.

Dans les pharmacies, le constat est sans équivoque. Le paracétamol figure parmi les produits les plus vendus, porté par son coût accessible et par une réputation d’efficacité immédiate. Présent sous différentes appellations commerciales comme le Doliprane, l’Efferalgan ou le Panadol, il est largement utilisé contre la fièvre, les migraines, le rhume et diverses douleurs. Cette omniprésence en fait un pilier de l’arsenal thérapeutique, aussi bien dans les prescriptions médicales que dans l’automédication quotidienne.

Le piège de l’efficacité immédiate

Justement parce qu’il soulage rapidement, le paracétamol est presque systématiquement inscrit sur les ordonnances. Il agit efficacement sur la douleur, même intense, ce qui renforce la confiance des patients. Mais cette confiance, lorsqu’elle n’est pas encadrée par un avis médical, devient problématique. Pris de manière répétée, à intervalles trop rapprochés ou en cumul avec d’autres médicaments contenant la même molécule, le paracétamol expose à des risques graves, notamment une toxicité hépatique en cas de surdosage.

Une fausse sensation de maîtrise

Le danger réside dans sa banalisation. Beaucoup pensent maîtriser ce médicament parce qu’il est connu de tous. Cette illusion alimente une automédication massive. C’est précisément cette dérive que les professionnels de santé tentent de corriger. Le Dr Francis Sagna met en garde contre cette fausse impression de sécurité : « Aujourd’hui, on sait qu’il y a certains produits qui ne nécessitent pas une connaissance extraordinaire pour les utiliser. Je cite comme exemple le paracétamol. On sait que tout le monde connaît le principe du paracétamol. »

Cette « connaissance » supposée conduit pourtant à des pratiques à risque : erreurs de dosage, prises rapprochées ou associations hasardeuses. L’automédication, perçue comme une solution rapide et économique, peut alors masquer des pathologies plus graves, retarder un diagnostic et aggraver l’état de santé du patient.

Un palliatif parfois trompeur

En soulageant le symptôme, on fait parfois taire un signal d’alerte essentiel. Dans un contexte où l’accès aux soins reste inégal et où la consultation médicale est souvent repoussée, le paracétamol devient un palliatif commode, mais trompeur. Soulager une douleur ne signifie pas traiter sa cause. En multipliant les prises sans suivi, certains patients transforment un simple malaise en complication évitable, avec des conséquences parfois irréversibles.

Les structures hospitalières tirent la sonnette d’alarme. Le Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) interpelle sans détour : « Un médicament mal pris peut coûter la vie. Consultez avant d’agir. » Un message abrupt, mais nécessaire. Derrière la banalité d’un comprimé se cache une réalité préoccupante de santé publique. Le paracétamol n’est pas un ennemi, mais son usage irréfléchi en fait un « faux ami ». Face à l’ampleur de l’automédication au Gabon, la sensibilisation est plus que jamais une urgence.