Alors que l’école gabonaise est paralysée depuis le 5 janvier, la cinquième semaine de grève s’ouvre sur une initiative politique de la dernière chance, dans un climat d’inquiétude croissante autour d’une année blanche redoutée par tout le monde.
Depuis le 5 janvier 2026, le système éducatif gabonais est à l’arrêt. À l’appel du collectif « SOS Éducation la Base », les établissements scolaires sur l’ensemble du territoire ont gardé portails clos. Ni les appels à la reprise de la ministre de l’Éducation Nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, ni les travaux de la commission tripartite, ni même les deux protocoles d’accord déjà signés n’ont suffi à éteindre la fronde. Malgré la médiation de l’honorable Jean Gaspard Ntoutoume Ayi ou les balades des hommes heureux d’une pseudo-société civile complètement décalée des réalités, la grève entame sa cinquième semaine, faisant planer le spectre d’une année blanche sur la tête de milliers d’élèves.
Face à cette impasse, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, a décidé de prendre ses responsabilités. Dans une correspondance datée du 2 février 2026, il invite officiellement les représentants de SOS Éducation la Base à une audience le mercredi 04 février à 14H00 au Palais Léon Mba.
Préoccupé par une situation qui n’est pas « de nature à garantir une année scolaire régulière à nos enfants », le Bureau de l’Assemblée nationale souhaite créer un « espace de dialogue approfondi visant à conduire l’ensemble des parties concernées vers une sortie de crise ». Le document précise qu’une délégation de vingt membres au maximum est attendue dans la salle Jonas Ovono Assoumou.
Le point d’orgue de cette invitation réside dans la mention explicite de deux figures de proue : « il est souhaitable que prennent part à cette audience […] Messieurs Simon Ndong Edzo et Marcel Libama ». Ce choix doublé d’une précision « chirurgicale » n’a rien d’anodin. Ces deux leaders syndicaux, soutiens du mouvement, sortent tout juste de détention après avoir bénéficié d’une liberté provisoire. En ciblant ces « deux poids lourds », le président de l’Assemblée nationale espère-t-il les transformer en facilitateurs pour convaincre la base de « SOS Éducation » ? Wait and see.
Bien que jugée tardive par certains observateurs, cette approche parlementaire apparaît comme l’ultime levier pour faire entendre raison aux enseignants. Dans une République en quête de stabilité, le Palais Léon Mba joue ici son va-tout pour sauver ce qui peut encore l’être d’une année scolaire déjà lourdement hypothéquée.
Toutefois, une question subsiste : l’Assemblée nationale est-elle dans son rôle ? Non, estime une source proche du parti Ensemble pour le Gabon d’Alain Claude Bilie-by-Nze « cette démarche démontre le pouvoir navigue sans cap. C’est une manière d’affaiblir l’action du gouvernement. En France, c’est la commission chargée de l’éducation nationale qui les aurait reçus. ». Pas du tout, croit savoir un militant des 7MP de Joël Ngoueneni « Oui, l’Assemblée nationale peut recevoir des partenaires sociaux en temps de crise. Dernièrement la présidente de l’Assemblée nationale française a bien reçu une délégation des agriculteurs qui manifestaient pour dire non à l’accord commercial UE-Mercosur ».
Dans tous les cas, l’issue de la rencontre dira si c’était une bonne ou une mauvaise démarche.





