Le gouvernement gabonais lance ce mercredi 4 novembre 2026 les opérations de libération des emprises sur deux axes routiers stratégiques de la capitale. Au total, 270 bâtiments vont être démolis pour permettre l’élargissement des voies, un chantier d’envergure assorti de mesures de relogement et d’un accompagnement social pour les familles impactées.
Les engins de chantier entrent en scène. Dès ce mercredi, le Grand Libreville engage une phase décisive de sa modernisation urbaine avec le démarrage des démolitions sur les tronçons Dispensaire d’Okala–Sortie SEEG (67 bâtiments visés) et Lac Bleu–Diba-Diba (203 bâtiments impactés). Deux jours après un ultime appel des autorités invitant les riverains à évacuer les lieux, les autorités passent de la parole aux actes pour désengorger le réseau routier de la capitale.
Financé dans le cadre du programme d’aménagement des voies de desserte, ce projet vise à transformer ces axes en boulevards de 30 mètres de large à deux fois deux voies, intégrant des trottoirs, des voies d’arrêt d’urgence et des couloirs de réseaux. L’objectif pour l’État est clair : fluidifier le trafic, asphyxié par une croissance démographique galopante, et raccourcir drastiquement le temps de trajet des automobilistes aux heures de pointe.

Indemnisations et plan de relogement d’urgence
Conscient des vives inquiétudes suscitées par l’impact social de ces destructions, le gouvernement tente de désamorcer la crise en déployant un volet d’accompagnement. Les autorités ont annoncé l’octroi d’aides financières au relogement, couplées à la mise à disposition de parcelles de terrain viabilisées à Malibé, dans la commune d’Akanda.

En parallèle, le Plan complet de relogement (PCR) de Bikélé-Nzong, soutenu par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), est mobilisé. Quelque 325 unités de logement y ont déjà été construites sur un objectif à terme de 1 070 villas, toutes connectées aux réseaux d’eau et d’électricité et sécurisées par des titres fonciers.
Un filet de sécurité médico-social
Sur le terrain, la dimension humaine fait l’objet d’un suivi interministériel renforcé :
Scolarité garantie. Le ministère de l’Éducation nationale s’est engagé à réaffecter d’office les enfants des ménages déplacés dans des établissements scolaires à proximité de leurs nouveaux quartiers.
Soutien aux plus vulnérables. Les Affaires sociales ont recensé 150 ménages en grande précarité, incluant des personnes vivant avec un handicap et des malades chroniques, pour leur faire bénéficier d’un suivi psychosocial et administratif continu.
Assistance de proximité. Un poste de secours avancé, géré conjointement avec la Croix-Rouge, est déployé au cœur des zones de démolition pour parer à toute urgence le jour des opérations.
Alors que le Grand Libreville pousse ses murs pour moderniser ses infrastructures de transport, le principal défi du gouvernement sera de concrétiser ses promesses d’indemnisation et de relogement. Pour les usagers de la route, l’attente est immense : voir enfin disparaître les embouteillages monstres qui rythment quotidiennement la vie des Librevillois.












