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Gabon : Face à l’austérité budgétaire, Christian Waza trace le cap de l’Économie bleue

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Devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Georges Christian Waza, a défendu une enveloppe budgétaire de 4,983 milliards de FCFA. Malgré une cure d’austérité de près de 18 % par rapport à l’exercice précédent, l’exécutif fait le pari d’un arbitrage ultra-offensif en sanctuarisant près de la moitié des ressources pour l’investissement de terrain.

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Dans l’arène de l’hémicycle, l’heure est aux arbitrages rigoureux. Confronté à une conjoncture nationale qui impose une rationalisation des dépenses publiques, Georges Christian Waza s’est plié au traditionnel grand oral budgétaire devant la représentation nationale. Le verdict des chiffres est sans appel : le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue devra composer avec une enveloppe globale de 4,983 milliards de FCFA. Une baisse sensible comparativement aux 6,060 milliards de FCFA alloués lors de l’exercice 2026.

Pourtant, sous cette enveloppe réduite se cache une stratégie de rupture volontariste. Loin de sacrifier l’avenir aux dépenses de fonctionnement, le patron de l’Économie bleue a sanctuarisé 2,207 milliards de FCFA pour le seul volet des investissements. Une orientation comptable claire qui ambitionne de transformer la façade maritime gabonaise en un véritable moteur de croissance hors-pétrole.

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L’équation parlementaire : l’exigence des résultats

L’exposé des motifs a tracé les contours d’une feuille de route structurée autour de quatre piliers névralgiques : la modernisation des infrastructures portuaires et de débarquement, le décollage de l’aquaculture continentale, la valorisation industrielle des produits halieutiques et l’intransigeante lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) qui pille les eaux territoriales gabonaises.

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Mais sur les bancs de l’Assemblée nationale, le pragmatisme l’a emporté sur la séduction des grands axes théoriques. Les députés, se faisant l’écho des crises quotidiennes de leurs circonscriptions, ont exigé des garanties quant aux retombées économiques et sociales directes de cette enveloppe.

C’est l’honorable Léopold Evah qui a porté le fer au cœur du débat. Le parlementaire a frontalement interpellé le membre du gouvernement sur des dossiers hautement symboliques. En première ligne : l’état de léthargie apparente de l’Institut de développement et d’appui à la pêche artisanale (IDAG), véritable colonne vertébrale technique de la filière qui peine à s’imposer sur le terrain. L’élu a également exigé un calendrier précis quant au déploiement effectif des services maritimes à l’intérieur du pays et au renforcement des filets de sécurité financière destinés aux pêcheurs artisanaux nationaux, souvent marginalisés face aux flottes industrielles étrangères.

Les zones d’ombre de la filière au scanner

Le grand oral s’est prolongé sur le terrain de la gouvernance et de la transparence financière. Plusieurs députés ont mis sur la table le bilan comptable, jugé opaque par certains observateurs, de l’entité Gab Pêche. Les parlementaires ont insisté sur la nécessité de clarifier la rentabilité des investissements passés avant d’engager de nouveaux fonds publics. Dans la même veine, les perspectives de relance de la Foire aux poissons ont été évoquées, non pas comme un simple événement festif, mais comme un mécanisme crucial de régulation des prix et de sécurisation de la chaîne d’approvisionnement pour les ménages gabonais.

Face à ce feu roulant de questions, Georges Christian Waza s’est attaché à raser les récifs du scepticisme en détaillant un plan de riposte de proximité. Pour le ministre, l’enveloppe de 2,207 milliards de FCFA servira de levier pour briser les goulots d’étranglement logistiques qui asphyxient le secteur.

Le plan gouvernemental repose sur une refonte de l’écosystème de production :

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L’intendance technique : une facilitation drastique de l’accès aux équipements modernes (moteurs hors-bord, filets réglementaires) et aux intrants aquacoles de qualité.

L’encadrement opérationnel : le recyclage et la structuration des coopératives de pêcheurs sur toute l’étendue du littoral.

La bataille du froid : le déploiement d’infrastructures de conservation de pointe pour endiguer les pertes post-capture et fluidifier les circuits de commercialisation vers l’intérieur du pays.

Le défi de l’exécution

Au sortir de cet exercice démocratique, le cap est fixé mais les défis restent abyssaux. En choisissant de sacrifier son train de vie pour sanctuariser l’investissement, le ministère de la Mer s’impose une obligation de résultat quasi immédiate.

Dans un Gabon en quête de souveraineté alimentaire, la réussite de ce budget de combat ne se mesurera pas à la beauté des rapports administratifs, mais à la baisse effective du prix du kilogramme de poisson sur les étals des marchés et à l’amélioration tangible des conditions de vie de la communauté des pêcheurs artisanaux. La bataille de l’Économie bleue est officiellement lancée.

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