Pour cette édition d’Octobre Rose, le géant de la distribution CECA-GADIS franchit le cap de l’action concrète. En ouvrant des centres de dépistage gratuit pour ses collaboratrices à Libreville et Port-Gentil, le groupe transforme la traditionnelle campagne de communication en un dispositif sanitaire de proximité, ancré dans le secret médical.

La prévention médicale souffre trop souvent d’un paradoxe : on n’y pense que lorsque la santé vacille. Pourtant, dans la lutte contre les cancers féminins, le temps est la ressource la plus précieuse. C’est de ce constat qu’est née la nouvelle orientation de CECA-GADIS à l’occasion d’Octobre Rose. Du 19 au 23 octobre, le leader gabonais de la grande distribution ne se contente plus de distribuer des brochures ou d’arborer des rubans symboliques. L’entreprise déploie une campagne de dépistage gratuit à destination de ses propres collaboratrices, menée simultanément dans la capitale administrative et à Port-Gentil. Ce lundi matin, les couloirs du Centre Diagnostic de Libreville bruissaient d’une affluence particulière. Pour ces dizaines de femmes, cette démarche volontaire marque un tournant dans la culture de prévention au sein de leur entreprise.
Le prisme de la cohérence interne
Pour comprendre la démarche, il faut observer l’ADN du groupe. Déployer une telle logistique médicale dans les deux poumons économiques du pays, qui concentrent à eux seuls 80 % des effectifs de la structure, relève d’une stratégie de cohérence managériale.


« Permettre aux femmes de ne pas être dans l’ignorance vis-à-vis de leur propre statut médical », résume avec clarté Lisa-Marie Bongotha, directrice de la Communication et de la Digitalisation de CECA-GADIS. Pour la dirigeante, prendre soin de son capital humain est le miroir de la promesse faite aux consommateurs. « Notre slogan, c’est “près de chez vous pour mieux vous servir”. Ce serait incohérent de ne pas commencer par nos collègues », appuie-t-elle. Après des années consacrées à éveiller les consciences à travers des vagues de sensibilisation, le groupe passe désormais à la vitesse supérieure : l’examen clinique direct.
L’impératif éthique du secret médical
Participer à une campagne de dépistage en milieu professionnel soulève inévitablement des questions de vulnérabilité et de vie privée. Comment inciter à consulter sans exposer ? CECA-GADIS a résolu l’équation en s’adossant à l’expertise technique et à la rigueur déontologique du Centre Diagnostic de Libreville, ainsi qu’à son infirmerie d’entreprise dans la capitale économique.
« C’était hyper important pour nous d’aller avec un partenaire qui partage les mêmes valeurs citoyennes […] et d’être dans ce respect de l’intimité et de la légalité par rapport aux résultats médicaux », explicite Lisa-Marie Bongotha. Cette exigence s’est traduite par une frontière hermétique posée devant les équipes de reportage, interdites de filmer ou d’enregistrer l’intimité des consultations. Une rigueur déontologique essentielle : l’efficacité de la communication d’entreprise ne saurait ici empiéter sur le droit fondamental des patientes au secret médical et au consentement éclairé.
Devancer la maladie, la philosophie du dépistage précoce
Dans l’intimité des cabinets de consultation, la médecine reprend ses droits face à la communication. Le Docteur Rossatanga Indjélé Kevin-Dan, directeur des Affaires médicales du Centre Diagnostic, rappelle la définition fondamentale, mais parfois oubliée, de cette démarche de santé publique : « Le dépistage, c’est aller à l’hôpital avant tout symptôme. »
Le protocole est standardisé mais profondément humain. Tout commence par un entretien clinique approfondi. Avec l’accord explicite de la patiente, le médecin procède ensuite à un examen palpatoire rigoureux des seins et des régions axillaires. L’objectif est de déceler l’invisible, de traquer la moindre anomalie infra-clinique avant qu’elle ne se manifeste physiquement. En cas de suspicion, le parcours de soins prévoit immédiatement une orientation vers des examens d’imagerie complémentaires (mammographie ou échographie) pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
Vers une pérennisation nationale
Cette double opération pilote à Libreville et Port-Gentil fait figure de laboratoire pour CECA-GADIS. Disposant d’un réseau commercial qui maille l’ensemble du territoire gabonais, le groupe entend capitaliser sur les retours d’expérience de cette semaine pour concevoir, à terme, une extension de ce programme d’accès aux soins vers les provinces de l’intérieur.

Le calendrier est d’ailleurs déjà fixé. Le partenariat noué avec le Centre Diagnostic survivra à la fin du mois d’octobre. L’entreprise annonce déjà le lancement imminent de Novembre Bleu, le pendant masculin de cette campagne, dédié à la prévention des cancers de la prostate. Au-delà des effets de mode des calendriers internationaux, l’ambition affichée est d’installer la médecine préventive comme un réflexe d’entreprise régulier, protecteur et profondément respectueux de la dignité des salariés.












