C’est une immersion au cœur de la vulnérabilité, mais aussi de la résilience, que s’est offerte la ministre des Affaires sociales. En se rendant récemment au Centre national de prise en charge des enfants autistes et trisomiques Ndossi et Akomgha, situé à Libreville, Armande Longo-Moulengui n’est pas seulement venue accomplir une visite de routine.
Chargée de la Protection de l’enfance et de la femme, la ministre a voulu toucher du doigt la réalité quotidienne d’une structure unique en son genre, pour s’assurer que les promesses d’inclusion de l’État se traduisent en actes concrets dans les couloirs de l’établissement.
Une prise en charge chirurgicale, loin des clichés
Derrière les murs du centre, le travail des équipes pluridisciplinaires s’apparente à de la haute couture thérapeutique. Sur place, la ministre a pu observer des professionnels engagés dans une quête quotidienne : l’évaluation sur-mesure des aptitudes de chaque jeune pensionnaire.
Ici, aucun enfant n’est enfermé dans une case. L’approche repose sur une cartographie minutieuse des besoins spécifiques et du niveau d’autonomie de chacun. L’objectif de cette rigueur scientifique et humaine est double : ajuster au millimètre près l’accompagnement éducatif et réadapter constamment les protocoles thérapeutiques pour maximiser les chances de progrès.
Éthique et dévouement : le sacerdoce du personnel
Au-delà de la logistique, la ministre a profité de cette tribune pour s’adresser directement aux forces vives de la structure. Armande Longo-Moulengui a fermement insisté sur le respect des exigences éthiques et la nécessité d’appliquer des méthodes pédagogiques innovantes, adaptées à la singularité de chaque profil cognitif. Un rappel à l’ordre bienveillant mais ferme, dans un secteur où l’usure professionnelle guette souvent les encadrants.
La pression qui pèse sur l’établissement est d’ailleurs immense. Preuve de la rareté de telles compétences au Gabon, le Centre Ndossi et Akomgha est devenu le refuge de familles désespérées venues de toutes les provinces de l’intérieur du pays, prêtes à parcourir des centaines de kilomètres pour soumettre leurs enfants aux indispensables tests d’admission.
Le grand défi de l’inclusion scolaire et sociale
Au-delà de la gestion des centres spécialisés, cette visite ministérielle pose les jalons d’un chantier national beaucoup plus vaste. À travers ce déplacement, le gouvernement gabonais tente de réaffirmer son ambition de bâtir une société plus inclusive pour les enfants vivant avec un handicap mental et neurodéveloppemental.
Si le renforcement des structures existantes est une urgence absolue, le véritable combat se jouera à l’extérieur, dans les écoles de la République et dans le regard des citoyens. L’intégration scolaire et l’acceptation sociale restent les deux piliers d’une politique publique qui cherche encore ses marques, mais qui affiche désormais la volonté politique de ne plus laisser ces enfants et leurs familles dans l’angle mort de la solidarité nationale.
