Le Front Démocratique Socialiste (FDS) au Gabon, dirigé par Ange Kevin Nzigou, exige l’ouverture d’un dialogue social entre le gouvernement et les partenaires sociaux concernant la réforme de la fonction publique, notamment la suppression envisagée de l’avancement automatique des fonctionnaires. Le parti juge cette mesure injuste après dix ans de gel des carrières et met en garde contre les risques de clientélisme, réclamant une concertation inclusive avec les partenaires sociaux avant toute adoption.
Le FDS a pris connaissance de cette orientation à l’issue d’un atelier de validation de projets de loi organisé par le ministère de la Fonction publique, ainsi qu’à travers les propos tenus par le directeur général de la Fonction publique lors d’un journal télévisé.
Dans un communiqué, le parti estime que l’avancement automatique « constitue un mécanisme essentiel de reconnaissance de l’expérience, de stabilité des carrières et de sécurité professionnelle ». Selon la formation politique, « le remettre en cause sans garanties suffisantes pourrait fragiliser les agents publics et accentuer les inégalités de traitement ».
Le traumatisme de dix ans de gel des carrières
Le parti rappelle que les fonctionnaires gabonais sortent de « près de dix années de gel de leurs carrières », une période qui, selon lui, a lourdement pesé sur leur évolution professionnelle, leur pouvoir d’achat et leur motivation. Il affirme que de nombreux agents n’ont pas encore été rétablis dans l’intégralité de leurs droits en matière de reclassement, d’avancement et de régularisation administrative.
Dans ces conditions, le FDS juge que supprimer l’avancement automatique avant d’avoir réparé les conséquences de cette période « serait perçu comme une mesure particulièrement injuste et susceptible d’accroître le sentiment de frustration au sein de la fonction publique ».
L’impératif budgétaire face à la justice sociale
Le parti dit ne pas ignorer les « défis économiques » auxquels le pays est confronté et reconnaît que la maîtrise de la masse salariale de l’État « est une exigence de responsabilité budgétaire ». Il estime toutefois qu’une réforme d’une telle ampleur « ne peut être guidée par le seul impératif financier » et qu’elle doit impérativement préserver « les principes d’équité, de transparence et de justice ».
Le FDS déplore par ailleurs « le peu, voire le manque d’implication des organisations syndicales» dans le processus, jugeant qu’une réforme aussi structurante ne peut être élaborée sans une concertation « sincère, inclusive et permanente » avec les partenaires sociaux.
Les risques de dérive et de clientélisme
Le parti met également en garde contre les « risques d’arbitraire » que pourrait entraîner la fin de l’avancement automatique si les évaluations individuelles censées le remplacer ne reposent pas sur des critères « objectifs, transparents, mesurables et applicables à tous de manière équitable ». À défaut, prévient-il, la réforme « risquerait de favoriser le clientélisme, les traitements inéquitables et les décisions discrétionnaires ».
Un appel pressant à la concertation
En conséquence, le FDS appelle le gouvernement à « privilégier une véritable concertation avant toute adoption définitive » du texte et à « suspendre toute décision définitive » tant qu’une telle concertation n’aura pas été menée avec les syndicats, les représentants des fonctionnaires et les autres acteurs concernés.
Me Anges Kevin Nzigou réaffirme que le FDS demeure « disponible pour contribuer, dans un esprit constructif » à l’amélioration du projet, « dans l’intérêt supérieur de la Nation et des travailleurs gabonais ».
