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Gabon : AGANOR et CAFI jettent les bases d’une nouvelle norme pour le bois certifié

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Un atelier crucial consacré à la normalisation du processus de certification forestière s’est ouvert à Libreville ce 13 juillet 2026. Organisée par l’Agence gabonaise de normalisation (AGANOR), avec l’appui financier et technique de l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI), cette rencontre réunit pendant une semaine des responsables de la Direction générale des Forêts, des experts sectoriels, des ONG et des industriels de la filière. L’objectif est clair : élaborer des normes nationales rigoureuses destinées à renforcer la gestion durable des massifs, à garantir la traçabilité absolue du bois et à aligner le Gabon sur les standards internationaux les plus exigences.

Derrière ce chantier technique se dessine en toile fond un enjeu économique et géopolitique de premier ordre. Déjà leader du bassin du Congo en matière de superficie forestière certifiée, le Gabon entend franchir un nouveau cap stratégique. Le pays ambitionne de porter à plus de 50 % la part de ses concessions certifiées d’ici à 2030. Cette accélération répond directement à la mutation rapide des marchés internationaux, où la certification environnementale n’est plus une option, mais le sésame indispensable pour accéder aux acheteurs occidentaux et asiatiques les plus sélectifs.

Vers un bouclier de traçabilité anti-bannissement

Durant une semaine, les participants s’attelleront à bâtir un référentiel national unique, capable d’harmoniser les pratiques d’un secteur forestier parfois hétérogène. Il s’agit de doter la filière bois gabonaise d’outils de contrôle certifiés et indiscutables. Ces mécanismes devront garantir l’origine légale de chaque grume, sa traçabilité de la forêt jusqu’au port d’embarquement, ainsi que le respect strict des critères de durabilité écologique et sociale.

Qu’est-ce que l’initiative CAFI ?

L’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI) est un partenariat international regroupant des pays d’Afrique centrale et des bailleurs de fonds. Son but est de concilier la préservation des forêts de la région — deuxième plus grand puits de carbone au monde, avec le développement économique et la réduction de la pauvreté.

Experts, responsables de l'administration forestière et partenaires techniques planchent sur un référentiel destiné à renforcer la traçabilité et la compétitivité du bois gabonais.
Experts, responsables de l’administration forestière et partenaires techniques planchent sur un référentiel destiné à renforcer la traçabilité et la compétitivité du bois gabonais.

Institutionnaliser la confiance internationale

Pour Benoît Assoume Ondo, directeur général adjoint de l’AGANOR, cette démarche s’inscrit au cœur de l’accompagnement des politiques publiques environnementales du pays. «L’implication de l’AGANOR dans l’élaboration de ces normes vise à sécuriser juridiquement et économiquement la fllière bois gabonaise, tout en répondant concrètement aux impératifs de conservation et de préservation de nos ressources forestières », a-t-il précisé.

À l’heure où les réglementations internationales se durcissent, à l’instar des nouvelles barrières écologiques européennes, le défi du Gabon ne se limite plus à exploiter durablement sa forêt. Il lui faut désormais prouver scientifiquement et administrativement sa bonne foi aux acheteurs. Cette normalisation s’impose comme le levier indispensable pour consolider définitivement le leadership africain du Gabon sur l’échiquier mondial du bois vertueux.

Un impact direct sur l’emploi local et les communautés

Au-delà des exigences d’exportation, ce nouveau cadre normatif représente un puissant moteur d’inclusion sociale et de développement économique local. En harmonisant les critères de durabilité, la future norme intègre des clauses strictes sur le respect des droits des populations riveraines et le partage équitable des revenus forestiers.

Pour les travailleurs de la filière, cette transition vers le « 100 % certifié » sécurise des milliers d’emplois directs dans les zones rurales grâce à la pérennisation de la ressource. Elle favorise également la montée en compétences de la main-d’œuvre gabonaise face aux technologies modernes de traçabilité numérique. À terme, cette industrialisation responsable et labellisée vise à transformer le bois localement pour générer une plus-value économique supérieure, garantissant que la richesse des forêts gabonaises profite d’abord et avant tout aux Gabonais.

L’ambition industrielle gabonaise

Depuis l’interdiction d’exporter les grumes brutes en 2010, le Gabon a imposé la transformation locale du bois (usines de sciage, de placage et de contreplaqué). La Zone Économique Spéciale (ZES) de Nkok incarne ce virage industriel réussi, qui fait aujourd’hui du pays le premier producteur africain de contreplaqué.

Le Gabon, poumon vert du Bassin du Congo. Couverture forestière : 88 % du territoire national, soit environ 22 millions d’hectares.

Richesse unique : plus de 400 espèces d’arbres identifiées, dont l’Okoumé, pilier de l’économie forestière.

Poids économique : deuxième employeur du pays après la fonction publique et premier exportateur en volume.

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