AccueilA La UneUnion démocratique des bâtisseurs (UDB) : Vers un vaste chamboulement au sommet du parti présidentiel

Union démocratique des bâtisseurs (UDB) : Vers un vaste chamboulement au sommet du parti présidentiel

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A Akanda, le siège de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) bruisse de rumeurs persistantes. Entre nominations diplomatiques et guerre de succession pour les postes stratégiques, le parti du président Brice Clotaire Oligui Nguema s’apprête-t-il à connaître son premier grand remaniement interne ?

Le départ annoncé du Trésorier général de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), Aurélien Mintsa Mi Nguema, récemment nommé ambassadeur du Gabon en Inde, crée une onde de choc. Surnommé le « pilier » par certains observateurs, ce frère du chef de l’Etat laisse un vide immense à la gestion des finances.

Pour lui succéder, deux profils s’opposent radicalement :

Christiane Marat Abyla : fiscaliste de formation et figure montante de l’UDB dans le 3e arrondissement de Libreville. Elle bénéficie d’une image d’intégrité et de solides attaches familiales dans le Haut-Ogooué et le Woleu-Ntem.

 Jean Christophe Owono Nguema : ancien sénateur et délégué spécial (maire de transition) d’Oyem, fidèle de longue date du général-président. Il est considéré par beaucoup comme l’homme d’expérience capable de verrouiller les finances du parti.

Le Secrétariat général au cœur des tensions

Le poste de Secrétaire général, occupé par le ministre Mays Mouissi, est également sur la sellette. Un dilemme semble se poser : conserver ses fonctions au sein de l’appareil du parti ou se consacrer exclusivement à son maroquin gouvernemental. L’hypothèse d’un remplacement par Séraphin Moundounga, ancien Vice-président de la République, suscite toutefois une levée de boucliers en coulisses. Plusieurs cadres de l’UDB voient d’un mauvais œil l’arrivée de cet ancien baron du régime déchu. Son passé de soutien zélé à Ali Bongo, avant son ralliement tardif dans le camp de l’opposition en 2016, passe difficilement auprès des « Bâtisseurs » de la première heure, qui craignent un retour des anciennes pratiques.

Ce « jeu de chaises musicales » intervient dans un contexte de structuration accélérée pour l’UDB, fondée officiellement le 5 juillet 2025 pour porter la vision du chef de l’Etat, plébiscité à la présidentielle par le peuple gabonais en avril 2025. Le choix des futurs dirigeants sera décisif pour l’ancrage territorial du parti en prévision des échéances électorales.

Anciens réflexes de clientélise et d’arrogance

Si le nom de Séraphin Moundounga circule avec insistance pour reprendre les rênes du Secrétariat général, l’idée provoque une levée de boucliers au sein de la « vieille garde » des Bâtisseurs. Pour de nombreux cadres, son parachutage à ce poste stratégique serait perçu comme un signal contradictoire avec l’esprit du renouveau prôné par le président Oligui Nguema.

Au siège d’Akanda, on s’inquiète ouvertement d’une contamination des méthodes de gestion. « Faire du neuf avec du vieux est un risque que le parti ne peut se permettre », confie sous anonymat un membre du bureau national. Même si le fondateur de son parti prône, depuis son arrivée au pouvoir, l’inclusivité.

Les cadres craignent que l’expérience de Moundounga ne s’accompagne des anciens réflexes de clientélisme et d’arrogance qui ont précipité la chute de l’ancien régime.

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