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lundi, 26 janvier 2026
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    [Tribune libre] Crise sociale et responsabilité historique : autopsie d’un mal administratif profond

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    La colère des enseignants n’est ni une surprise ni un accident social : elle est le symptôme visible d’une longue dérive de l’action publique, nourrie par des choix politiques anciens, des renoncements budgétaires assumés et des détournements massifs de l’intérêt général. Entre justice sociale différée, droits fondamentaux sacrifiés et tentatives de réécriture de l’histoire par ceux-là mêmes qui ont prospéré sur les ruines du service public, le malaise actuel interroge la mémoire collective et la responsabilité politique. Dans cette tribune libre, Nadia Christelle Koye livre une lecture lucide, sévère et engagée des causes profondes de la crise sociale qui secoue aujourd’hui le Gabon.

    Notre société est secouée, depuis plusieurs jours, par les revendications légitimes des enseignants réclamant la prise en compte de leurs droits et de meilleures conditions de travail.

    Ces revendications sociales, par essence, constituent, avec plusieurs autres droits fondamentaux des gabonais, le socle de la politique sociale tant chère au Président de la République, chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Le droit à une justice sociale juste et équitable ;
    Le droit à une prise en compte des besoins primaires et essentiels ;
    Le droit à la satisfaction des acquis sociaux.

    Un malaise profond aux racines structurelles

    Ces revendications légales, longtemps contenues, et pour lesquelles le gouvernement est à pied d’œuvre avec toutes les parties prenantes pour des solutions pérennes, sont symptomatiques d’un mal profond.

    Un mal grave et pénétrant dont l’étiologie, semblable à un cancer, devrait être abordée sous le prisme d’une pathologie de santé publique.

    Le gel des carrières : origine d’un cancer administratif

    Un mal dont l’origine chronique remonte à l’année 2015, lorsque le gouvernement de l’époque avait fait le choix de sacrifier les carrières administratives des agents publics de l’Etat, sur l’autel des considérations purement égoïstes.

    Ce mal a relégué l’intérêt général à un rôle accessoire, tandis que les intérêts particuliers étaient subrogatoires des intérêts privés, pourtant marginaux.

    Le gel des carrières, qui viendra ultérieurement s’appuyer sur une trêve sociale, avait, en ce temps, été justifié par les contraintes budgétaires de l’époque, nous avait dit un prolixe porte-parole du gouvernement.

    Quand l’argument budgétaire masque la prédation

    Cependant, les révélations scandaleuses d’un procès fortement médiatisé nous ont prouvé le véritable et principal objectif de ces détournements.

    En effet, le manque d’infrastructures routières, en eau, en électricité, le gel des acquis sociaux des gabonais reposait sur la satisfaction des besoins de particuliers, au détriment des besoins du peuple.

    L’accès à l’eau et à l’électricité, l’éducation des gabonais, le paiement de diverses allocations sociales étaient accessoires devant des dépenses somptuaires.

    La vérité judiciaire et l’effondrement du discours officiel

    Le monde entier et les gabonais ont vu que les auteurs et les acteurs de ce cancer métastatique sont parmi ceux qui ont directement répondu à la question en affirmant que l’argent public n’a pas servi aux mécanismes de redistribution légaux garantissant une justice sociale effective.

    Nous avons eu un spectacle écœurant du dépouillement des recettes publiques.

    L’indécence des accusateurs et la tentation du transfert de responsabilité

    Et pourtant, la surprise ne découle pas des revendications opportunes et finalement prévisibles, qui pourraient être celles de tout agent public de l’Etat : la mienne, la vôtre, celles de ceux qui sont au service des usagers des services publics.

    La surprise est inhérente aux accusations indécentes des auteurs de ces crimes financiers et de leurs complices, tapis sous des paravents et des pseudonymes divers.

    Ces complices qui, aujourd’hui, prétextant une blancheur virginale, veulent transmettre le passif de leur gestion au Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, dont le mandat n’est qu’à quelques mois de son exécution.

    Des mesures correctives réelles mais insuffisantes

    Il est vrai que l’échéance ne permet pas de faire un bilan exhaustif. Mais il convient de rappeler que certaines mesures ont été prises afin de soulager ce mal profond : levée du gel des avancements, reprise des concours comme mode de recrutement dans la fonction publique, paiement des rappels, construction et réhabilitation d’infrastructures scolaires, etc.

    Espoir républicain et exigence de guérison collective

    Néanmoins, ces efforts n’ont pas réussi à endiguer le mal. Néanmoins, nous croyons en la volonté du gouvernement à trouver une situation pérenne, et nous gageons que les différentes parties, pétries des valeurs patriotiques et républicaines, œuvreront à une résolution et à une guérison totale de ce cancer, de cette pathologie létale lorsqu’elle est prise en charge tardivement.

    Nadia Christelle Koye, Sénatrice du département de Mulundu

    NB : Le titre et les intertitres sont de notre rédaction.

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