Dans son discours du 31 décembre 2025, le président Oligui Nguema a placé la reconquête des actifs stratégiques au cœur de l’action gouvernementale. Entre remboursements massifs de la dette et rachats d’entreprises majeures, le pays amorce un virage historique vers son autonomie financière.
Le ton était celui d’une émancipation assumée. Depuis Koulamoutou, le chef de l’État a longuement détaillé la stratégie de « consolidation de la souveraineté économique » qui a marqué l’année écoulée. Pour le Président, le développement du Gabon ne peut plus dépendre de décisions prises hors de ses frontières ou du bon vouloir de capitaux exclusivement étrangers. « Nous avons fait le choix de concilier rigueur budgétaire et maintien de l’investissement public », a-t-il expliqué pour justifier une politique de rachat d’une agressivité inédite dans l’histoire récente du pays.
Une offensive stratégique sur l’énergie et les mines
Le point d’orgue de ce bilan économique reste le retour de l’État dans des secteurs névralgiques. Le Président a notamment cité le rachat d’Assala Énergie et de Tullow Oil. En reprenant le contrôle de ces actifs, le Gabon ne se contente plus de percevoir des taxes, il devient un opérateur de poids.
Cette dynamique s’étend également au secteur forestier et minier avec le rachat de la SNBG et, surtout, la fin de l’exploitation artisanale au profit des mines industrielles. « La décision souveraine de lancer la transformation locale du manganèse » constitue, selon le chef de l’État, une étape essentielle pour capter la valeur ajoutée qui échappait jusqu’ici à la nation.
L’orthodoxie budgétaire comme bouclier
Cette ambition patriotique s’appuie sur une gestion rigoureuse, presque chirurgicale, des deniers publics. Le chiffre a de quoi impressionner : 3 142 milliards de francs CFA injectés dans le désintéressement de la dette. « L’endettement lourd hérité du régime déchu pèse significativement sur notre économie », a rappelé le Président avec gravité. Pour financer cette liberté retrouvée, l’État n’hésite plus à élargir son assiette fiscale par l’instauration de la taxe forfaitaire d’habitation ou la digitalisation intégrale des finances publiques prévue pour 2026.
L’objectif affiché est clair : transformer le Gabon en un État-actionnaire capable de financer ses propres infrastructures sociales, comme les barrages ou les hôpitaux spécialisés, sans subir le diktat de créanciers extérieurs. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la Ve République sera souveraine ou ne sera pas. « Chaque gestionnaire devra rendre compte de ses actes », a-t-il conclu, liant ainsi la réussite de ce modèle économique à une probité absolue des commis de l’État.



