Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le ministre gabonais de la Justice a solennellement annoncé la fin de la transition politique. Entre réformes constitutionnelles et nouveaux engagements internationaux, Libreville tourne une page historique.
Le Gabon change d’ère et le fait savoir sur la scène internationale. Ce mercredi, 25 février, à l’occasion de la 61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, a porté la voix du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour sceller la fin du processus de transition entamé le 30 août 2023.
Selon le communiqué du ministère de la Justice, le Garde des Sceaux a affirmé que la transition s’est « achevée avec succès ». Ce passage à la Ve République s’appuie sur la nouvelle Constitution adoptée par référendum, un texte qui, selon le ministre, sanctuarise la séparation des pouvoirs et l’Etat de droit.
Augustin Emane a également insisté sur la crédibilité des récents scrutins, qualifiés de «libres et apaisés », marquant ainsi le rétablissement définitif de la normalité démocratique dans le pays.
Un vaste chantier de réformes sociales et judiciaires
Au-delà de l’architecture politique, le ministre a exposé les piliers de la politique sociale du gouvernement. Economie inclusive : mise en place d’un mécanisme de redistribution pour les plus vulnérables et création d’une banque pour l’entrepreneuriat des jeunes. Droits des femmes : renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et accélération de l’autonomisation économique des Gabonaises. Modernisation de la Justice : amélioration des conditions de détention et formation accrue des forces de défense aux droits humains.
Le Gabon entend redevenir un acteur actif du multilatéralisme. Le pays s’est engagé à soumettre prochainement ses rapports au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à l’Examen périodique universel (EPU).
Enfin, le ministre a porté une recommandation technique forte devant l’assemblée genevoise : la nécessité d’une régulation internationale de l’intelligence artificielle. Un enjeu crucial pour Libreville afin de protéger le débat public contre les risques croissants de désinformation.