Le Gabon a franchi une étape symbolique dans la structuration de son appareil d’État le 1er janvier 2026. En dévoilant la composition de son nouveau gouvernement, le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a instauré une représentativité féminine de 33 %. Sur les trente portefeuilles que compte désormais l’exécutif, dix ont été confiés à des femmes, marquant une volonté de concilier promotion du leadership féminin et stabilité institutionnelle.
Cette ossature gouvernementale repose d’abord sur un socle de fidèles. Quatre ministres conservent leurs fonctions initiales, signe d’une confiance renouvelée dans la gestion des dossiers prioritaires. Brigitte Onkanowa demeure à la tête de la Défense nationale, tandis que Camelia Ntoutoume épouse Leclercq poursuit sa mission à l’Éducation nationale et à l’Instruction civique. Zenaba Gninga Chaning garde la main sur le Commerce et l’Entrepreneuriat des jeunes, tout comme Louise Pierrette Mvono à la Planification et à la Prospective. Ce maintien garantit une continuité indispensable pour l’aboutissement des réformes structurelles déjà engagées dans ces secteurs souverains.
Entre promotion de nouveaux visages et redéploiement stratégique
L’ouverture vers de nouveaux visages constitue le second pilier de ce remaniement. Trois nouvelles figures font leur entrée remarquée dans l’arène gouvernementale. Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny hérite du prestigieux portefeuille des Affaires étrangères et de la Coopération, un poste exposé où elle devra porter la voix du Gabon à l’international. Elle est accompagnée de Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, nommée au Travail et au Dialogue social, et d’Elza Ayo épouse Bivigou, qui prend les rênes de la Santé. Ces nominations injectent un souffle nouveau dans des départements où les attentes sociales demeurent particulièrement fortes.
Au-delà de ces arrivées, le remaniement s’appuie sur une réaffectation stratégique des compétences internes. Trois ministres expérimentées changent de département pour répondre aux nouveaux défis de l’exécutif. Armande Longo épouse Moulengui se voit confier les Affaires sociales ainsi que la Protection de l’enfance et de la femme. Marcelle Ibinga épouse Itsitsa prend la direction du Tourisme durable et de l’Artisanat, tandis que Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong est appelée à piloter la Fonction publique et le Renforcement des capacités. Ce jeu de chaises musicales témoigne d’une volonté d’optimiser l’expérience acquise pour l’appliquer à des chantiers jugés plus urgents ou plus techniques.
Si cette composition met en lumière un effort significatif de féminisation de l’espace politique, l’exécutif reste confronté à la persistance d’une domination masculine dans les ministères régaliens liés à l’économie et aux finances. L’enjeu pour cette équipe de trente ministres résidera désormais dans sa capacité à transformer cet équilibre entre continuité et renouveau en actes concrets. Pour le Gabon, l’heure est à l’exécution de cette feuille de route, où la présence accrue des femmes devra se traduire par des résultats tangibles pour le quotidien des citoyens.
