Le climat social s’assombrit dans la cité pétrolière de Port-Gentil. Le Syndicat des employés ex employés, retraités du Pétrole et activités connexes (SEERPAC) a officiellement déposé, le lundi 12 janvier 2026, un préavis de grève illimitée visant trois acteurs majeurs du secteur : Dietsmann Gabon, PSG et TotalEnergies EP Gabon. Ce mouvement, motivé par des revendications liées au traitement des personnels mis à disposition, pourrait sérieusement perturber les activités de l’opérateur historique.
Le syndicat fonde son action sur un constat de disparité salariale qu’il juge inacceptable au regard de la législation en vigueur. Dans le document adressé aux directions générales, les représentants des travailleurs dénoncent une situation « où les travailleurs de Dietsmann Gabon et PSG sont mis à la disposition de TotalEnergies EP Gabon, sans que le traitement salarial soit arrimé conformément aux dispositions légales en la matière », une pratique qui, selon eux, bafoue leurs droits fondamentaux.
Vers un arrimage des salaires et des embauches directes
L’organisation syndicale s’appuie notamment sur la loi N20/2007 encadrant l’activité de mise à disposition du personnel pour exiger une égalité de traitement. Le SEERPAC réclame ainsi « l’arrimage, avec effet rétroactif, des salaires, primes et indemnités par rapport à la grille des salaires de la société utilisatrice TotalEnergies EP Gabon », tout en plaidant pour « l’embauche directe par TotalEnergies EP Gabon du personnel Dietsmann Gabon et PSG mis à disposition ».
Face à ce qu’il qualifie de « précarisation de leurs conditions de vie et une dégradation progressive du climat social », le syndicat a fixé une échéance claire. Le préavis, qui a débuté le lundi 12 janvier, expirera le jeudi 22 janvier à minuit. Passé ce délai, le SEERPAC prévient qu’il « se réserve le droit de lancer une grève illimitée sur toutes les installations, bases, ateliers de TotalEnergies EP Gabon où opère Dietsmann Gabon et PSG ».
Un service minimum de 40 % sous haute surveillance
Conscient de l’impact stratégique d’un tel mouvement, le syndicat précise qu’un service minimum sera instauré, conformément au Code du travail. L’organisation souligne que « le niveau journalier des activités sera évalué et ramené à 40 % et lesdites activités seront effectuées par l’ensemble des équipes aux heures habituelles de travail ». Toutefois, les leaders syndicaux affichent leur fermeté quant au respect de ce débrayage, rappelant que « le remplacement du personnel gréviste est interdit par la loi » et que les contrevenants « seront tenus responsables d’entrave à la liberté de la grève ».
Les autorités provinciales de l’Ogooué-Maritime et l’Inspection spéciale du travail chargé du secteur pétrolier ont été saisies de ce dossier brûlant. Le dialogue qui s’ouvre désormais entre les directions et les partenaires sociaux sera déterminant pour éviter une paralysie des sites de production dans les dix prochains jours.
