Plutôt que la sanction immédiate, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, privilégie une approche didactique. L’instance accorde un ultime sursis aux médias en ligne et radios religieuses pour se mettre en règle d’ici le 31 décembre.
Réunie en séance plénière la semaine dernière, la HAC a passé au crible deux dossiers sensibles : le contrôle des contenus des radios confessionnelles et la situation précaire des médias en ligne exerçant sans autorisation. Face à ces manquements, l’organe de régulation a choisi la voie de la souplesse en octroyant un délai de grâce supplémentaire jusqu’au 31 décembre 2025.
La pédagogie comme levier de régulation
Sous l’impulsion de Germain Ngoyo Moussavou, la HAC semble avoir opéré un changement de paradigme. « L’instance de régulation privilégie la pédagogie avec les médias, ce qui nous amène à ne plus prononcer de suspension depuis quelque temps », avait déjà souligné le président lors de la récente visite au Gabon du directeur général de Reporters sans frontières (RSF), Thibaut Bruttin.
Cette stratégie mise sur la responsabilisation des acteurs plutôt que sur la répression systématique. Pour les radios religieuses, l’enjeu est de taille : elles sont sommées de s’aligner sur les normes déontologiques pour mettre fin à des dérives telles que les annonces de « guérisons miraculeuses » ou les consultations spirituelles en direct, souvent sources de préjudices sociaux.
Un dernier rappel à l’ordre
Concernant la presse numérique, le constat est plus mitigé. Le précédent délai, fixé au 29 octobre 2025, n’a pas permis d’épurer toutes les situations administratives. Ce nouvel horizon du 31 décembre résonne donc comme une ultime chance pour les structures hors-la-loi d’officialiser leur existence et d’éviter des sanctions plus rigoureuses au début de l’année 2026.
Cette volonté de concilier fermeté administrative et liberté de la presse porte ses fruits à l’échelle internationale. En témoigne la progression spectaculaire du Gabon au classement de RSF, bondissant de la 121ᵉ place en 2020 à la 41ᵉ en 2025. En favorisant l’accompagnement plutôt que le bâton, la HAC espère pérenniser un environnement médiatique à la fois libre, éthique et sécurisé.
