La cérémonie des vœux des Forces de défense et de sécurité (FDS) ce 7 janvier a été le théâtre d’un cadrage institutionnel majeur. Brice Clotaire Oligui Nguema a saisi cette tribune pour exprimer son impatience face à l’insécurité et ordonner un déploiement massif vers les quartiers populaires.
Le chef de l’État a ouvert son propos en rappelant le caractère sacré de la mission des troupes. « Vous êtes les garants de la paix et de la sécurité de notre nation », a-t-il déclaré. Saluant leur rôle pivot depuis le début de la transition, il a souligné que « votre attitude exemplaire a durablement renforcé la place et l’image du militaire dans l’histoire de notre pays et contribué à bâtir l’esprit de la Ve République ». Pour le Président, cet engagement incarne la loyauté et le sens du devoir, même si les défis actuels exigent un sursaut d’efficacité.
L’impératif de la présence sur le terrain
Le ton s’est durci lorsque la question de la tranquillité publique a été abordée. Refusant la fatalité face au crime, le chef de l’État a interpellé le commandement : « Ceux qui nuisent à la sécurité de nos citoyens, sont-ils plus forts que vous ? Sont-ils plus intelligents que vous ? Ou, avez-vous peur d’eux ? J’attends des réponses à ces questions ».
Pour le Président, la solution réside dans l’occupation de l’espace. Il a rappelé que les récents aménagements urbains visent avant tout à faciliter l’accès des patrouilles dans les zones reculées. « Le policier n’a pas vocation à être confiné dans un bureau ; sa place est dans la rue, au cœur de la vie quotidienne, là où les citoyens ont besoin de protection. Sa mission est claire : protéger les innocents, dissuader les criminels et faire reculer la peur », a-t-il martelé. Il a également clarifié que le recrutement de 10 771 nouveaux agents n’est pas une mesure sociale. « Nous recrutons pour la sécurité. Nous recrutons pour protéger nos concitoyens. Ce n’est pas pour résorber le chômage », a-t-il précisé.
Discipline de fer et nouvelles réformes
Cette rentrée sécuritaire est aussi marquée par l’intégration définitive des Eaux et Forêts et de la Douane dans la catégorie des forces de sécurité. Ce renforcement s’accompagne d’un rappel strict au code d’honneur : les syndicats sont désormais dissous et le droit de grève proscrit. Le message est sans équivoque pour ceux qui s’écarteraient de la règle. « La violation de notre code d’honneur vous expose aux sanctions, aux renvois, aux poursuites judiciaires et à la prison », a prévenu le Président.
En ordonnant une « lutte sans merci » pour que la peur change enfin de camp, Brice Clotaire Oligui Nguema a conclu sur l’obligation de résultats, rappelant que « désormais, plus aucune excuse ne saurait justifier la persistance de l’insécurité ».


