Depuis près d’une semaine, les ménages gabonais, particulièrement à Libreville, constatent une raréfaction des bouteilles de gaz. Ce déséquilibre entre l’offre et la forte demande de fin d’année s’explique par le fonctionnement en flux tendu des centres d’emplissage, accentué par les perturbations logistiques liées aux jours fériés. Face à cette situation, les populations parcourent désormais de longues distances pour s’approvisionner, tandis que les autorités tentent de stabiliser la distribution dans le Grand Libreville.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les points de vente habituels sont régulièrement en rupture de stock. La préparation des repas de fête devient alors un défi logistique, comme le souligne un riverain : « Nous quittons le domicile dès l’aube pour faire le tour des stations-service, mais nous rentrons souvent les mains vides ». Cette quête quotidienne impose aux usagers des déplacements épuisants et une incertitude croissante.
Interrogé sur les causes de ces tensions, le Directeur général de l’Aval pétrolier et gazier, Thibault Gaël Idoumi, pointe du doigt l’extrême sensibilité du circuit de distribution. Selon lui, la cadence de remplissage ne tolère aucun arrêt, au risque de fragiliser immédiatement l’ensemble de la chaîne. Il précise ainsi que « le moindre jour chômé ou incident technique rompt le cycle d’approvisionnement », tout en soulignant que la priorité donnée ponctuellement aux zones rurales « accentue mécaniquement le déficit de bouteilles dans les grands centres urbains ».
Pour sortir de cette gestion de l’urgence, le gouvernement mise sur des solutions pérennes. Outre les mesures de régulation imposées aux marketeurs pour renforcer leurs stocks de sécurité, le projet de création d’un nouveau centre d’emplissage à haute capacité est désormais une priorité. Cette future infrastructure devrait permettre de garantir une autonomie de stockage suffisante pour que de telles tensions ne perturbent plus le quotidien des Gabonais.



