Le Gabon renforce sa présence dans les cercles décisionnels du droit communautaire africain. Élu à l’unanimité juge à la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’OHADA, le professeur Charles Mba Owono a été reçu, le samedi 24 janvier 2026, par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, aux côtés du ministre de la Justice, Augustin Emane.
Cette audience, loin du simple rituel protocolaire, consacre l’entrée d’un juriste gabonais dans l’une des plus hautes juridictions de l’espace OHADA, là où se tranchent les contentieux majeurs du droit des affaires et où se construit la sécurité juridique des États membres. L’élection du professeur Charles Mba Owono, acquise à l’unanimité, vient récompenser un parcours marqué par la rigueur intellectuelle et l’exigence professionnelle, tout en traduisant la reconnaissance du savoir juridique gabonais au niveau régional.
Face au Chef de l’État, le ton se voulait à la fois solennel et exigeant. Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé ses félicitations au nouveau juge, tout en l’exhortant à exercer ses nouvelles fonctions avec indépendance, droiture et sens élevé de la responsabilité. Un message clair, qui rappelle que derrière chaque nomination internationale, c’est l’image du Gabon qui se joue, et que l’excellence doit rester la boussole de l’action publique.
Conscient du poids de la mission qui lui est confiée, le professeur Charles Mba Owono s’est dit honoré de la confiance placée en sa personne. Il a affirmé sa détermination à servir le droit communautaire africain et à contribuer au renforcement de la sécurité juridique dans l’espace OHADA, un enjeu central pour l’intégration économique et la stabilité des investissements sur le continent.
Avec cette nomination, le Gabon compte désormais trois ressortissants au sein de la Cour commune de justice et d’arbitrage. Un chiffre discret, mais révélateur d’une présence constante et d’une ambition assumée. Le mandat de trois ans confié au nouveau juge s’inscrit dans une trajectoire d’excellence qui nourrit, à terme, l’espoir de voir la voix gabonaise accéder à la présidence de cette haute juridiction communautaire.
Au-delà de la distinction individuelle, cette élection s’inscrit dans la dynamique de repositionnement diplomatique impulsée par les autorités actuelles. En misant sur la compétence, le mérite et la valorisation de ses élites, le Gabon rappelle que son influence ne se limite pas aux tribunes politiques. Elle s’affirme aussi, durablement, dans les prétoires où s’écrivent les règles du jeu économique africain.



