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lundi, 26 janvier 2026
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    Le Juvénat de Rio : un sanctuaire d’excellence dans un siège de chaos urbain

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    À Libreville, le complexe scolaire du Juvénat du Sacré-Cœur incarne une réussite académique exemplaire. Pourtant, derrière ses murs où règnent rigueur et discipline, l’environnement extérieur sombre dans une anarchie qui interpelle : entre gares routières improvisées et marchés sauvages, le temple du savoir est aujourd’hui une citadelle assiégée.

    Au cœur du quartier Rio, le Juvénat du Sacré-Cœur ne se contente pas d’enseigner, il forge. Regroupant l’école Saint Joseph de Calasanz et le collège & lycée Notre-Dame de la Merci, l’institution demeure l’un des fleurons de l’enseignement catholique au Gabon. De la maternelle aux classes terminales, l’encadrement — soutenu par un internat pour garçons — mise sur une symbiose entre instruction de pointe et rigueur morale. Ici, les résultats aux examens nationaux ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’un corps enseignant dynamique qui refuse la médiocrité, faisant du complexe une alternative d’élite au système public.

    Le choc des mondes : l’ordre face à l’anarchie

    Mais franchir le portail du Juvénat, c’est passer d’un monde à l’autre. À peine le seuil franchi, le contraste devient violent. La façade de l’établissement, censée refléter la sérénité du lieu, a été littéralement confisquée par le désordre urbain. Ce qui devrait être un parvis scolaire est devenu un parking sauvage, doublé d’un garage à ciel ouvert où la mécanique de fortune se mêle aux flux des passants.

    Le long de l’enceinte, la situation frise l’irrespect : un commerce informel de friperie s’est agrippé à la clôture, laquelle subit l’outrage quotidien des passants qui l’utilisent comme latrines de fortune. En face, le carrefour Rio, transformé en une gare routière cacophonique, déverse ses flots de voyageurs dans un vacarme de klaxons et de cris, brisant le silence nécessaire à l’étude.

    Une enceinte profanée par l’incivisme

    L’asphyxie ne s’arrête pas là. L’accès depuis le PK5 est devenu un parcours du combattant, étranglé par un stationnement anarchique et la proximité immédiate de débits de boisson dont la musique assourdissante s’invite jusque dans les salles de classe. Plus inquiétant encore, la porosité de l’espace : abusant de la charité des pères, des populations riveraines pénètrent quotidiennement dans l’enceinte pour s’approvisionner en eau, brouillant dangereusement la frontière entre domaine scolaire et espace public.

    L’urgence d’une réponse régalienne

    Face à cette dégradation, le silence des autorités municipales et étatiques devient assourdissant. Peut-on laisser l’une des plus prestigieuses pépinières du pays être ainsi étouffée par l’incivisme ? Restaurer la dignité du Juvénat de Rio n’est pas une simple affaire de voirie, c’est un acte politique fort.

    Réorganiser la gare routière, déguerpir les commerces de clôture et réguler les nuisances sonores sont des impératifs urgents. Il s’agit de rendre à l’école sa « sacralité ». Car protéger le cadre de vie du Juvénat, c’est avant tout protéger l’avenir de ceux qui le fréquentent et rappeler que, dans une cité organisée, la ville doit s’incliner devant le savoir, et non le piétiner.

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