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lundi, 26 janvier 2026
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    La République en crise d’éthique : Oligui Nguéma déclare la guerre totale à l’improbité publique

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    La Ve République est-elle condamnée à revivre les pires travers de l’ère précédente ? C’est la question lancinante qui plane sur Libreville. Alors que les spectaculaires révélations du procès Bongo Valentin ont rappelé l’ampleur des saignées opérées impunément dans les caisses de l’État, les aurores de la nouvelle ère sont déjà obscurcies par de troublantes affaires de gabegie et de délinquance financière de haut vol au sommet de l’État.

    Le rêve d’une rupture franche n’aura pas duré. Le pays est secoué par une série de dossiers embarrassants qui rappellent l’époque où le milliard était un montant banal dans un pays pourtant en manque cruel d’infrastructures.

    D’abord, la mise en détention préventive du conseiller du chef de l’État, Simplice Boungoueres, pour des soupçons de corruption, a agi comme un premier signal d’alarme retentissant.

    Ensuite, deux autres affaires illustrent l’étendue du malaise éthique. D’une part, le milieu médiatique a été secoué l’année dernière par de vifs remous autour de la gestion de la subvention publique à la presse. Bien qu’elle ait été portée de 120 à 500 millions de francs CFA par la volonté du président Oligui Nguema, soucieux d’une presse libre et indépendante, cette manne a curieusement occasionné une levée de bouclier.

    Des patrons de presse de renom sont montés au créneau, dénonçant publiquement une gestion peu orthodoxe et pointant du doigt la patronne du département de la Communication de l’époque, Laurence Ndong. Face à cette situation, aucune enquête n’a été ouverte et aucune communication officielle claire n’a rassuré le public, même si des sources autorisées indiquent que ce dossier sensible devrait être remis sur la table à l’heure où le peuple réclame un véritable nettoyage.

    D’autre part, un autre dossier secoue la chronique avec la gestion cavalière présumée de 10 milliards de francs CFA destinés à la relance du secteur du tourisme. Malgré l’ampleur du montant, le silence radio des autorités contraste avec l’émoi du public. L’enquête visant le patron de ce département ministériel, Pascal Ogowe Siffon, vu à la table du dernier Conseil des ministres, confirme que la corruption et la gabegie touchent les plus hautes sphères.

    Ultimatum présidentiel : plus de place à la compromission

    Face à cet « entêtement » de certains collaborateurs à confondre leur poche avec les caisses de l’État, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a frappé du poing sur la table. Lors du Conseil des ministres tenu hier, jeudi 4 décembre, le chef de l’État a formulé un rappel à l’ordre ferme et sans appel, marquant l’urgence d’une refondation éthique de l’État.

    Selon le communiqué final, Oligui Nguema a souligné la « nécessité d’un sursaut collectif ». Il a rappelé aux détenteurs de l’autorité la responsabilité historique de refonder la nation sur des piliers essentiels : probité, exemplarité et patriotisme actif. Le constat est amer : les efforts déployés ne convergent « pas encore suffisamment vers cette boussole commune ».

    Le message se veut sans ambiguïté et sonne comme une sentence. « Tant que la corruption continuera de miner les administrations et que la logique de clan prévaudra sur l’intérêt national, la mise en œuvre des projets structurants demeurera compromise », a-til martelé. Cet avertissement est sévère, car il est assorti d’une promesse de sanction radicale. « Toute dérive ou compromission sera sanctionnée de manière immédiate et exemplaire », a-t-il averti avec sévérité.

    La nécessité de mesures radicales

    Si les mauvaises habitudes ont la peau dure, les rappels à l’ordre ne suffisent plus. Pour nettoyer au karcher les écuries d’Augias, des mesures radicales s’imposent. Le détournement de fonds publics au Gabon n’est pas qu’une faute de gestion ; les fonds subtilisés représentent des écoles et des hôpitaux non construits, des pénuries d’eau, d’électricité et de médicaments. Ce sont, en définitive, des assassinats silencieux de compatriotes.

    Face à l’impunité persistante et à une peine maximale de 20 ans de réclusion jugée insuffisante, la question d’une sanction extrême pour ces délinquants financiers ressurgit avec une force implacable. Il est en effet difficilement concevable que ces cadres, dont la majorité appartient à des sociétés initiatiques, locales ou occidentales (Bwiti, Ndjobi, Franc-maçonnerie, etc.) censées prôner la vertu et l’éthique, foulent aux pieds, avec une telle légèreté cynique, les règles qu’ils sont pourtant tenus de défendre. Ils s’érigent en détourneurs invétérés, gérant l’argent du contribuable avec une incurie et un mépris tels qu’ils en font l’équivalent d’un trésor confié à des mains voraces et irresponsables.

    L’heure n’est plus aux atermoiements. Le chef de l’État a lancé un ultimatum solennel. Il lui appartient désormais de sévir sans pitié, et, selon certains, aucune voie, même la peine de capitale, ne devrait être exclue pour moraliser cette caste, afin de prouver que la Ve République tiendra sa promesse de rupture avec la gabegie. Le peuple, lui, attend des actes.

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