AccueilA La UneGestion forestière et sociale : le Gabon mise sur l'équilibre entre conservation et développement

Gestion forestière et sociale : le Gabon mise sur l’équilibre entre conservation et développement

Publié le
Écouter cet article

Le ministère des Eaux et Forêts, chargé de la gestion des conflits homme-faune, a présenté le 27 décembre 2025 un bilan d’étape qui marque une étape décisive dans la transformation du secteur. Cette feuille de route témoigne d’une volonté politique affirmée de transformer la gestion durable des ressources naturelles en un véritable levier de progrès social et économique pour les populations locales.

La régularisation administrative du personnel constitue le premier pilier de cette réforme d’envergure. Actuellement, 230 écogardes de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) sont en phase d’intégration à la Fonction publique et au corps paramilitaire, ce qui permet de renforcer la présence de l’État dans les zones protégées.

Parallèlement, 305 anciens auditeurs libres de l’École nationale des Eaux et Forêts (ENEF), issus des promotions 2017 à 2024, ont achevé leur formation militaire initiale en novembre 2025. Leurs dossiers sont en cours de traitement pour une incorporation définitive, garantissant ainsi une sécurisation inédite des carrières au sein de l’administration forestière.

La préservation de la faune sauvage gabonaise s'inscrit désormais dans une gestion concertée pour réduire les conflits avec les populations rurales
La préservation de la faune sauvage gabonaise s’inscrit désormais dans une gestion concertée pour réduire les conflits avec les populations rurales.

Des réponses pragmatiques à la crise du conflit homme-faune

Face aux tensions croissantes entre la faune sauvage et les communautés rurales, le ministère a intensifié ses actions de proximité sur le terrain. Le déploiement des clôtures électriques mobiles, généralisé à l’ensemble du pays, affiche désormais un taux de réussite supérieur à 95 % pour la sauvegarde des plantations agricoles. Ce dispositif technique s’accompagne d’un mécanisme d’indemnisation pour les victimes d’agressions animales ainsi que de battues administratives strictement encadrées, illustrant une approche qui concilie protection de la nature et sécurité des citoyens.

Dans cette même logique de valorisation des ressources, une stratégie nationale de commercialisation de la viande de brousse est en cours de finalisation. L’objectif est de structurer une filière historiquement informelle grâce à des outils modernes tels que des permis de chasse numérisés avec QR code et des bracelets de traçabilité pour le transport du gibier. En installant des points de vente dédiés soumis à un contrôle sanitaire rigoureux, cette initiative entend harmoniser les traditions locales avec les impératifs de sécurité alimentaire et de développement économique.

Ces avancées concrétisent la vision du président Oligui Nguema, qui aspire à bâtir un État stratège et inclusif où la biodiversité devient un moteur de cohésion nationale. En plaçant l’humain au centre des politiques de conservation, le chef de l’État affirme sa détermination à engager le pays sur la voie d’un progrès harmonieux. À travers ces réformes, le Gabon cherche à stabiliser un équilibre durable entre la préservation de son patrimoine naturel unique et le bien-être légitime de ses populations.

Entretiens exclusifs

Articles similaires

Dernières nouvelles

CECA-GADIS

Les + Lus