Le ministre de l’Economie et des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, a défendu devant les députés deux projets de loi visant à assainir les activités bancaires et la microfinance. Objectifs : renforcer la transparence et professionnaliser la direction des établissements financiers.
L’heure est à la rigueur au Palais Léon Mba. Devant la Commission des finances, le ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Minko, a présenté deux textes structurants pour l’architecture financière du Gabon. Cette réforme, portée par la lutte contre la vie chère, cible deux piliers majeurs : la régulation des prêts et l’éthique des dirigeants.
Le premier axe s’attaque à la jungle du crédit. Dans un contexte où l’accès au financement reste un parcours du combattant pour les ménages et les PME, le gouvernement veut siffler la fin de la récréation pour les pratiques informelles.
Le projet de loi vise à encadrer strictement les opérations de crédit, tant dans les banques classiques que dans la microfinance. Pour l’Etat, l’enjeu est double : sécuriser les emprunteurs contre les abus et crédibiliser le système financier national pour attirer davantage de capitaux.
Des patrons de banques sous haute surveillance
Le second chantier concerne la gouvernance. Le gouvernement souhaite imposer des critères drastiques pour accéder au poste de Directeur général d’un établissement financier. Désormais, les compétences techniques ne suffiront plus, la moralité et l’expérience seront passées au crible. Cette volonté de professionnalisation vise à éviter les gestions hasardeuses qui fragilisent trop souvent le secteur.
Au-delà de la technique, ces réformes s’inscrivent dans une stratégie sociale. En facilitant l’accès à des crédits fiables et mieux encadrés, le gouvernement espère redonner du souffle au pouvoir d’achat des Gabonais.
Si les députés semblent accueillir favorablement ces avancées, une question demeure : ces textes suffiront-ils à dynamiser réellement l’offre de financement ? Le défi de la mise en œuvre reste entier pour transformer ces intentions législatives en moteur de croissance durable.


