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Gabon : Six accords majeurs sur le gril du Sénat, les élus exigent des garanties

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Défense avec la Serbie, partenariat économique avec Abu Dhabi, justice pénale à Cuba et sanctuarisation des mangroves : la ministre des Affaires étrangères, Marie Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a défendu ce mardi 13 octobre 2026 six projets de loi de ratification devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat. Face à cette offensive diplomatique tous azimuts, les sénateurs de la Transition ont passé les textes au crible, exigeant de clarifier les retombées financières, politiques et environnementales réelles pour le Gabon.

Devant la Commission des Affaires étrangères du Palais Omar Bongo Ondimba, l’ambiance était à l’évaluation rigoureuse. La cheffe de la diplomatie gabonaise est venue solliciter l’aval des parlementaires pour sceller des engagements internationaux majeurs. Les dossiers présentés dessinent les contours d’une diplomatie gabonaise en pleine diversification, touchant à la fois à la défense, au commerce international et à la coopération judiciaire.

Parmi les textes les plus scrutés figure la ratification de l’accord de coopération militaire signé avec la Serbie le 20 mai 2024 à Belgrade. Dans un contexte de redéfinition des partenariats stratégiques du Gabon, cette alliance pose la question des bénéfices opérationnels pour les Forces de défense gabonaises.

Sur le plan commercial, c’est l’accord de partenariat économique global conclu le 6 février 2026 à Abu Dhabi avec les Émirats Arabes Unis qui a captivé l’attention. Les sénateurs ont longuement interrogé la ministre sur l’équilibre de cet accord, afin de s’assurer que l’ouverture du marché gabonais à la puissance financière du Golfe ne se fasse pas au détriment des opérateurs économiques locaux.

Six projets de loi soumis à l’examen des sénateurs, entre coopération militaire, partenariats économiques, justice pénale et protection des mangroves.
Six projets de loi soumis à l’examen des sénateurs, entre coopération militaire, partenariats économiques, justice pénale et protection des mangroves.

Justice internationale et l’incontournable Accord de Samoa

L’agenda législatif intégrait également un volet judiciaire inédit : un accord relatif à l’exécution des sentences pénales avec la République de Cuba. Ce texte, qui encadre le transfèrement et le suivi des détenus, a suscité des interrogations légitimes sur l’harmonisation des standards carcéraux et le respect des droits humains entre Libreville et La Havane.

Par ailleurs, la ministre a soumis aux sénateurs l’Accord de Samoa, paraphé le 15 novembre 2023. Ce cadre juridique d’envergure lie l’Union européenne aux membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP). Si cet accord régit l’aide au développement et le commerce pour les vingt prochaines années, son adoption par le Gabon impose une analyse fine de ses incidences politiques et de sa compatibilité avec les priorités de la Ve République. Enfin, un texte plus institutionnel portant sur l’obligation du serment des ambassadeurs a complété ce volet politique.

L’or vert en débat : le Centre international des mangroves sous haute surveillance

Le dernier volet de cette session a basculé sur le terrain écologique avec le projet de création du Centre international des mangroves. Le Gabon, sanctuaire de biodiversité et leader africain de l’économie verte, joue gros sur ce dossier.

Loin de se contenter d’une simple validation de prestige, les élus de la Haute chambre ont ouvert un débat de fond sur la sanctuarisation des écosystèmes côtiers. Quelles sont les garanties réelles de préservation de la biodiversité ? Quels sont les mécanismes de financement prévus pour faire fonctionner ce centre ? Surtout, les sénateurs ont exigé que la quote-part budgétaire du Gabon ne devienne pas une charge stérile, mais qu’elle génère des retombées directes pour les communautés locales qui vivent de ces écosystèmes.

L’examen de ces six textes interconnectés se poursuit activement en commission. En opposant une exigence de pragmatisme aux ambitions de la feuille de route diplomatique gouvernementale, le Sénat rappelle une règle d’or : chaque traité international signé par le Gabon doit avant tout servir ses intérêts souverains, économiques et environnementaux.

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