À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, Libreville a marqué les esprits en sanctuarisant son modèle de développement vert. Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, y a brillamment défendu l’initiative « Gabon Infini » devant un parterre de bailleurs de fonds internationaux.
Ce rendez-vous de haut niveau a permis de consolider une alliance financière historique autour de ce Projet de Financement pour la Permanence (PFP). L’ambition est claire : ériger la préservation de la biodiversité en un véritable moteur de croissance inclusive, capable de transformer l’économie rurale gabonaise.
Un ancrage souverain pour catalyser l’aide internationale
Pour séduire la place financière new-yorkaise, le Gabon n’est pas venu les mains vides. Fort d’une contribution souveraine et déterminante de 86 millions de dollars, le gouvernement de la République démontre sa ferme détermination à protéger ses écosystèmes vitaux. Ce geste fort envoie un signal de transparence et de crédibilité sans précédent à la communauté internationale.


Cet engagement national historique a immédiatement galvanisé une coalition de donateurs prestigieux. Des géants de la philanthropie et de l’environnement, à l’instar du Bezos Earth Fund, du Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF) et de l’organisation The Nature Conservancy (TNC), ont été séduits par ce modèle avant-gardiste. Cette alliance public-privé scelle la reconnaissance du Gabon comme le poumon vert du bassin du Congo.
Le « Plan National » comme boussole d’une croissance verte
Cette offensive diplomatique s’inscrit au cœur de la vision portée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. À travers le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), l’Exécutif consacre la transition écologique non plus comme une contrainte, mais comme un impératif créateur de valeurs et d’emplois durables. Il s’agit de passer d’une économie de subsistance à une véritable économie verte de marché.
Sur le terrain, notamment dans la province de l’Ogooué-Ivindo, cette stratégie va se traduire par la structuration de filières locales porteuses : l’écotourisme haut de gamme autour du parc national d’Ivindo et des célèbres chutes de Kongou. L’artisanat durable valorisant les savoir-faire ancestraux. La transformation locale des produits forestiers non ligneux (plantes médicinales, fruits sauvages), offrant ainsi de nouvelles sources de revenus pérennes aux communautés rurales souvent enclavées.
L’émergence géopolitique par la diplomatie climatique
Au-delà des retombées économiques locales, le message délivré à Manhattan résonne comme une invitation pressante adressée à la finance globale. En démontrant qu’il est possible de concilier les impératifs de conservation de la biodiversité avec les aspirations légitimes au développement local, le Gabon trace une troisième voie.
En s’affirmant comme le pionnier incontesté de l’action climatique en Afrique, le pays confirme que la protection de son capital naturel demeure la clé de voûte de son émergence économique et le principal levier de son rayonnement géopolitique sur la scène internationale.












