Le Gabon et l’Union européenne ont franchi une étape historique ce 23 février 2026. En signant une feuille de route ambitieuse pour la gestion durable des forêts, les deux partenaires transforment l’enjeu écologique en un véritable levier de croissance économique.
L’accord a été officialisé dans la capitale gabonaise par le ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo et l’ambassadrice de l’Union européenne, Cécile Abadie. Cette signature, intervenue en présence de nombreux diplomates européens, marque le début d’une coopération renforcée visant à protéger les 88 % de couverture forestière du territoire gabonais.
Ce partenariat ne se limite pas à la simple conservation. Son originalité réside dans sa volonté de booster la transformation locale du bois. L’objectif est double : accroître la compétitivité du secteur forestier gabonais sur le marché international et diversifier l’économie via de nouvelles chaînes de valeur.
Parmi les secteurs prioritaires figurent : le développement des produits forestiers non ligneux; l’essor de l’écotourisme de haut standing et la monétisation des crédits carbone ; de la biodiversité.
Social et Environnement : l’objectif « 30 % d’aires protégées »
Pour le gouvernement, cette feuille de route est un instrument de développement social. Elle place la création d’emplois décents et le soutien aux communautés locales au cœur des priorités. Sur le plan environnemental, le Gabon réaffirme son leadership climatique avec un objectif clair : porter la part des aires protégées à 30 % de la surface du pays d’ici 2030.
Selon plusieurs experts, ce partenariat Gabon-UE pourrait servir de laboratoire pour toute la sous-région. En articulant gouvernance forestière et objectifs chiffrés, le pays montre la voie d’une économie verte structurée. Cependant, le défi reste de taille : la réussite de ce projet dépendra de la transparence dans la gestion des ressources et de la capacité des autorités à traduire ces engagements diplomatiques en impacts concrets pour les populations rurales.
Le défi du conflit homme-faune, l’autre visage de la conservation
Si la protection des forêts est au cœur du partenariat avec l’Union européenne, elle soulève une problématique sociale brûlante au Gabon : le conflit homme-faune (CHF). Avec une population d’éléphants de forêt en constante augmentation, les incursions de pachydermes dans les plantations villageoises se multiplient, menaçant la sécurité alimentaire et les revenus des populations rurales.
Pour le ministre Maurice Ntossui Allogo, dont le portefeuille inclut spécifiquement cette charge, l’enjeu est de taille. L’accord avec l’UE prévoit d’intégrer des solutions techniques et financières pour : sécuriser les cultures via l’installation de clôtures électriques mobiles et de ruches-barrières. Indemniser les victimes de dévastations de cultures, un processus souvent jugé trop lent par les riverains. Financer la recherche pour une cohabitation pacifique entre l’homme et la faune.
La réussite du partenariat Gabon-UE se mesurera aussi à sa capacité à protéger non seulement les arbres, mais aussi ceux qui vivent à leur lisière


