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samedi, 14 février 2026
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    Gabon : Le cri d’alarme de « Sans-Famille », un test de vérité pour l’État de droit

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    La visite du ministre de la Justice, Augustin Emane, à la prison centrale de Libreville le 12 février dernier, a mis en lumière l’état de déliquescence avancée du système carcéral gabonais. Entre surpopulation record et détentions préventives abusives, le gouvernement est au pied du mur.

    Ce n’était pas une simple visite protocolaire. En franchissant les portes de la prison centrale de Libreville le 12 février, le ministre de la Justice, Augustin Emane, a percuté de plein fouet une réalité brutale : celle d’un système pénitentiaire à bout de souffle. Loin des discours officiels, l’établissement agit désormais comme un révélateur des failles d’un État de droit en quête de dignité.

    4 000 détenus pour 300 places : l’enfer du nombre

    Le diagnostic est sans appel et les chiffres donnent le tournis. Conçu initialement pour accueillir 300 pensionnaires, l’établissement en compte aujourd’hui près de 4 000. Dans ce huis clos étouffant, six à dix détenus s’entassent dans des cellules prévues pour deux.

    Ici, la privation de liberté ne se limite plus à la sanction judiciaire, elle se transforme en une épreuve de survie quotidienne. Dans ces conditions, la prison ne remplit plus sa mission de correction : elle broie les corps et les esprits.

    Le fléau de la détention préventive

    Au cœur de cette crise se cache une pathologie judiciaire bien connue : l’explosion des détentions préventives. Ce qui devrait être l’exception est devenu la règle, conséquence directe des lenteurs administratives et d’un manque de moyens criant.

    Face à ce constat, la création d’une commission d’enquête administrative par le Garde des Sceaux sonne comme un aveu lucide. L’Etat reconnaît implicitement que de nombreux citoyens croupissent derrière les barreaux sans base légale solide. Si la promesse de libérations rapides est un signal fort, elle place la crédibilité de la justice gabonaise sous haute surveillance. Car en matière de liberté, libérer trop tard revient à commettre une nouvelle injustice.

    Réinsérer : l’impossible mission ?

    Si Augustin Emane a tenu à saluer les efforts de réinsertion, la réalité du terrain rend l’exercice presque héroïque. Comment former, soigner ou préparer un retour à la vie civile dans un tel contexte de saturation ?

    Pour que la réinsertion ne reste pas un slogan creux, elle nécessite un investissement massif de l’Etat dans l’humain et une volonté sociétale d’accueillir les anciens détenus. Sans cela, la prison restera ce qu’elle est aujourd’hui : une usine à récidive où l’insécurité se nourrit de la précarité carcérale.

    La prison de Libreville est aujourd’hui le miroir grossissant des contradictions du pays. Le gouvernement fait face à une responsabilité historique : réformer la chaîne pénale et humaniser la détention pour restaurer la confiance des citoyens envers leur justice. Au-delà des murs de « Sans-Famille », c’est le choix d’une société plus juste qui se joue.

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