Le dénouement que tout le pays redoutait est tombé hier, lundi 22 décembre. Cameron Pascal, 13 ans, élève en classe de 4ème, a été retrouvé sans vie à Nzeng-Ayong, dans le 6e arrondissement de Libreville. Disparu depuis cinq jours après être sorti faire une course à la demande d’un proche, l’adolescent a été découvert dans une fosse située à proximité de son domicile familial.
L’enquête a connu une accélération majeure avec l’interpellation de plusieurs individus issus du voisinage de la victime. Selon les premiers éléments recueillis, ces suspects, actuellement aux mains des autorités, auraient tenu des propos ambigus lors de leurs auditions, évoquant des pressions extérieures pour justifier leur mutisme initial. Les motivations réelles de cet acte et l’existence d’éventuels commanditaires restent, à ce stade, au cœur des investigations judiciaires.
La découverte de la dépouille, relayée par de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux, a plongé la population dans une profonde angoisse. Ce drame survient dans une période sensible, à la veille des festivités de fin d’année, alors que les avis de recherche pour disparitions de mineurs se multiplient de manière préoccupante sur les plateformes numériques.
Un système de protection en question
Au-delà de l’émotion légitime, ce drame soulève des interrogations fondamentales sur la sécurité urbaine et le climat social actuel au Gabon. Le fait que les suspects appartiennent au voisinage immédiat de la victime questionne notamment la sécurité au sein même des quartiers et la possible rupture du lien de confiance de proximité. Parallèlement, l’opacité des mobiles et les déclarations des suspects sur des « instructions » reçues jettent un trouble sur la nature de ce crime, obligeant la justice à faire toute la lumière pour déterminer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’un réseau structuré.
Enfin, la multiplication des disparitions signalées suggère l’urgence d’une réponse systémique, passant par la modernisation des dispositifs d’alerte et une réponse pénale exemplaire. Le nom de Cameron Pascal s’inscrit désormais comme un rappel brutal de la vulnérabilité des plus jeunes, imposant aux autorités et à la société civile une réflexion sur les mesures concrètes à adopter pour que la rue ne soit plus un lieu de danger pour les enfants.
